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Et si la meilleure façon de prendre soin de son cerveau ne se trouvait pas dans son assiette, mais autour de la table? Un simple changement dans vos habitudes alimentaires pourrait avoir des effets bénéfiques sur votre santé mentale et cognitive: la commensalité, c'est-à-dire le fait de manger entouré d'autres personnes. «Le partage des repas est un mécanisme essentiel pour créer des liens, instaurer la confiance et tisser des relations avec les autres», explique Jan-Emmanuel De Neve, professeur d'économie et de sciences comportementales à l'université d'Oxford.
En 2016 déjà, des chercheurs chinois se sont intéressés à l'impact des repas conviviaux sur la santé. Ils ont constaté que le nombre de personnes assises autour de la table au moment des repas était un indicateur du risque de dépression. Selon eux, la commensalité aurait des effets bénéfiques sur la santé mentale. Depuis, d'autres travaux sont venus renforcer cette hypothèse: manger avec d'autres ne serait pas seulement une affaire de convivialité, mais aussi de bien-être, rapporte la BBC.
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Le Rapport mondial sur le bonheur de 2025 a à son tour ajouté une pierre à l'édifice. Les résultats ont montré que plus les personnes partageaient de repas avec d'autres, plus leurs scores de bien-être émotionnel étaient élevés. «C'était un indicateur aussi prédictif de la satisfaction de vie d'une personne que sa situation professionnelle et son revenu relatif», souligne Jan-Emmanuel De Neve, coauteur du chapitre dédié à l'importance de la commensalité.
Et les effets ne s'arrêtent pas au moral. La présence d'autres individus autour de la table peut également amplifier le plaisir procuré par la nourriture et pourrait ralentir le vieillissement du cerveau. En 2025, des chercheurs japonais ont découvert que les personnes qui mangent régulièrement seules présentent un volume cérébral réduit dans des régions associées aux fonctions cognitives, notamment le lobe temporal médial et l'hippocampe.
Ralentissement du vieillissement cérébral
Le plaisir et les liens sociaux procurés par les dîners partagés pourraient également apaiser le stress, lui-même associé au risque de déclin cognitif chez les personnes âgées. Les conversations lors des repas stimulent notre matière grise, ce qui maintient le cerveau actif jusqu'à un âge avancé.
Toutefois, les habitudes alimentaires diffèrent d'un pays à l'autre. En moyenne, les Japonais partagent moins de quatre repas ensemble par semaine. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, ce chiffre est d'environ sept à huit, tandis qu'en Italie, il avoisine les neuf. Dans l'Hexagone, 53% des Français dînent en famille tous les jours ou presque.
Mais que faire lorsque les contraintes du quotidien rendent les repas solitaires presque inévitables? Des solutions existent. En Italie, un entrepreneur a créé une application baptisée Tablo pour mettre en relation les convives solitaires. À ce jour, elle a déjà été utilisée plus de 300.000 fois.
Pas besoin toutefois de traverser la frontière pour partager son couvert. De nombreuses études ont montré que les gens sont bien plus réceptifs à ce genre d'invitations qu'on ne le pense. Alors, la prochaine fois que vous hésitez à proposer un déjeuner à votre voisine de palier solitaire, ou que vous quittez le bureau en même temps que ce collègue toujours pressé, tentez votre chance. Proposez-lui de manger ensemble. Ce sera l'occasion de mieux se connaître et d'améliorer votre santé cérébrale.





























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