Le roman s’ouvre sur une pensée de Montesquieu: «Tous les maris sont laids.» Ce philosophe aimait l’humour anglais, le plaisant de la plaisanterie, pour ausculter la société. Nadia Daam maîtrise elle-même superbement la satire pour parler de la condition des femmes. Les féministes actuelles recommandent de trouver des espaces de joie pour tenir sur la durée, et l’autrice choisit le rire engagé pour parler de sujets graves: violences obstétricales, harcèlement, soumission chimique, burn-out...
Des filles comme il faut (L’Iconoclaste) suit donc une «perdante magnifique» qui surnage comme elle peut et part sur les traces d’une autre, portée disparue, et finit par se trouver. Une intrigue née de la fascination de l’autrice pour les disparitions volontaires de femmes. «Quand les hommes disparaissent, c'est souvent au nom d'un échec personnel, une faillite, des dettes de jeu; quand les femmes le font, c'est parce que tout est organisé pour qu'elles n'y arrivent pas. Elles fuient un système, la conjugalité, les violences», nous détaille Nadia Daam, solaire et chaleureuse, à la terrasse d’un café parisien. «Depuis la sortie du livre, sur les réseaux sociaux, beaucoup de femmes confient avoir déjà rêvé de tomber malades, pour qu’on s’occupe d’elles. Ça dit beaucoup de l’épuisement», se désole-t-elle encore. L’occasion de lui demander qui lui donne de l'énergie.


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