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Réélu dimanche d'une courte tête, Philippe Janicot retrouvera samedi son fauteuil de maire à Boisseuil, près de Limoges, mais ne pourra pas rester dans la commune : mis en examen pour viols, son contrôle judiciaire l'autorise seulement à revenir pour les conseils municipaux.
Dimanche dernier, l'élu a obtenu 51,6% des voix contre 48,4% pour sa principale opposante Amandine Coiraud.
Il avait été placé en détention provisoire une dizaine de jours après les plaintes de quatre femmes filmées à leur insu, selon une source proche du dossier, dont une ex-compagne, mère de son troisième enfant. Libéré le 30 décembre, il a l'interdiction de revenir en Haute-Vienne, sauf pour ces réunions et pour les conseils communautaires à Limoges, où il est aussi vice-président de la métropole.
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Depuis, Philippe Janicot, qui conteste les faits, est hébergé à Bordeaux, chez son fils, mais a pu faire campagne et l'a emporté de 55 voix dimanche dernier dans ce village de 3.000 habitants, où il avait été élu une première fois en 2020.
« Il y a un gros malaise à Boisseuil »
Certains habitants se disent choqués. « C'est honteux. Il y a un gros malaise à Boisseuil avec cette affaire », ont déclaré à un correspondant Jean-Luc et Sylvie, ex-mécanicien et ancienne assistante maternelle. « Les gens qui ont voté pour sa réélection, ont-ils une seconde pensé aux victimes ? », abonde Philippe, retraité de l'agroalimentaire.
« La population a voté, il faut respecter ça », tranche Bastien, nouveau venu dans la commune. « C'est de l'ordre de la sphère privée. Tant que la justice n'a pas fait son travail, je ne peux pas juger », abonde Catherine, habitante depuis plus de 30 ans à Boisseuil.
« Il va toucher des indemnités alors qu'il est à 200 kilomètres »
Pour sa concurrente Amandine Coiraud, interrogée par France 3, la défaite est amère : « On a réussi à élire un maire qui n'est pas là, qui n'est pas sur le territoire. Sa liste me rétorque qu'elle va gérer mais, dans ces cas-là, pourquoi l'avoir mis en tête de liste ? Il va toucher des indemnités alors qu'il est à 200 kilomètres. Il ne va pas être là pour suivre les chantiers », dénonce-t-elle, évoquant une situation « incompréhensible ».
« La campagne a été rude, il y a eu beaucoup de dénigrement », déclare Me Emmanuel Raynal, l'avocat de Philippe Janicot. « Il était content qu'on distingue les accusations au niveau judiciaire de son bilan qui, tout le monde le reconnaît, est plutôt positif ».
Les gendarmes présents au conseil municipal
« Je me battrai pour prouver mon innocence », a déclaré par SMS Philippe Janicot, regrettant qu'on « mette systématiquement en avant la mise en examen pour viols et pas la présomption d'innocence ».
À 8 heures, samedi matin, il sera installé officiellement à la tête de son conseil municipal sous la surveillance des gendarmes. « Contrairement à ce qui a été dit, il ne l'encadreront pas », souligne Me Raynal. « C'est nous, à la mairie, qui les avons appelés pour que le conseil municipal se passe tranquillement », confirme la directrice générale des services de la commune.


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