Malgré quelques pertes symboliques dans plusieurs grandes villes, le parti de droite entend capitaliser sur ses victoires dans certains bastions de gauche, pour peser dans les échéances nationales à venir. Des victoires obtenues en conservant une ligne de conduite claire.

Delphine Bancaud - Aujourd'hui à 08:30 - Temps de lecture :

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« Nous sommes toujours et plus que jamais la première force politique locale », s’est félicité dimanche Bruno Retailleau, le patron du parti de droite Les Républicians (LR), à l’issue du second tour des élections municipales. Déjà à la tête de nombreuses petites ou moyennes villes, le parti peut se targuer de belles prises comme Besançon, Brest, Clermont-Ferrand, prises à la gauche. A souligner aussi, la conquête de Colombes et Cherbourg. Plusieurs figures locales ont également conservé leur fauteuil, à l’image de Pierre-Christophe Baguet à Boulogne-Billancourt, troisième ville la plus peuplée d’Île-de-France. Et à Limoges, Guillaume Guérin, a gardé la ville de 130 000 habitants à droite.

Des victoires obtenues en conservant une ligne de conduite claire en rejetant les accords entre LR et le RN en dépit de la main tendue à « la droite sincère » du président Jordan Bardella. « La clarté et la droiture ne sont pas négociables », a martelé Bruno Retailleau.

Bruno Retailleau a estimé que les résultats de ces élections démontraient l’existence « d’une autre voie » entre LFI et le RN. Photo Sipa/Nicolas Messyasz

Bruno Retailleau a estimé que les résultats de ces élections démontraient l’existence « d’une autre voie » entre LFI et le RN. Photo Sipa/Nicolas Messyasz

Quelques revers aussi…

LR a cependant encaissé de grosses déceptions. En premier lieu, l’échec de Rachida Dati à prendre Paris face au socialiste Emmanuel Grégoire, alors que les derniers sondages annonçaient une bataille serrée et que l’ancienne ministre de la Culture Rachida Dati était officiellement soutenue par le centre et bénéficiant du retrait d’une liste d’extrême droite. La droite perd Saint-Etienne ainsi que Nîmes au profit du candidat communiste Vincent Bouget. À Nantes, le candidat LR Foulques Chombart de Lauwe n’est pas parvenu non plus à détrôner la maire socialiste Johanna Rolland. À Lyon, sur l’ex-patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, longtemps favori avec le soutien de LR et de la macronie, a échoué face au maire écologiste Grégory Doucet. Et à Marseille, Martine Vassal, soutenue par LR, a fait un score inférieur aux pronostics.

Bien décidé à ne regarder le verre à moitié plein, Bruno Retailleau a estimé que les résultats de ces élections démontraient l’existence « d’une autre voie » entre les « idéologues » de La France insoumise et les « démagogues » du Rassemblement national. Une analyse partagée par le spécialiste en communication politique, Philippe Moreau-Chevrolet, enseignant à Sciences Po Paris : « Ces élections municipales marquent le maintien des partis traditionnels. LR a ainsi gardé son implantation locale. »

Bruno Retailleau prêt à « renverser la table »

Le regard de Bruno Retailleau se porte déjà sur la présidentielle de l’an prochain. Il a d’ailleurs appelé à « renverser la table et assumer une rupture radicale. ». Ni une ni deux, le chef des députés LR Laurent Wauquiez, partisan d’une primaire ouverte pour désigner un candidat unique à l’Élysée a estimé que les résultats des municipales devaient « nous projeter sur 2027 » : « Quand la droite a été rassemblée, elle a été en mesure de l’emporter […] À l’inverse, quand on est divisés, on perd », a-t-il indiqué. Même son de cloche chez Gérald Darmanin (Renaissance) qui souhaite l’émergence d‘« un seul candidat de la droite et du centre. ». Pour Philippe Moreau-Chevrolet, ces résultats pourraient ainsi rebattre les cartes en vue de 2027 : « On peut s’attendre à ce que les partis traditionnels puissent tirer leur épingle du jeu face au RN et LFI ».

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