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De son côté, l’Italie a temporairement fermé l’espace Schengen à l’Espagne. Le ministère de l’intérieur espagnol avait annoncé plus tôt dans la journée que 50 000 personnes avaient afflué dans l’enclave depuis jeudi.
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Des centaines de manifestants antimigrants devant l’ambassade du Maroc à Madrid
Plusieurs centaines de manifestants antimigrants se sont rassemblés vendredi soir devant l’ambassade du Maroc à Madrid pour dénoncer « l’invasion » migratoire en cours dans l’enclave espagnole de Ceuta, frontalière du Maroc.
« L’Espagne, chrétienne et pas musulmane ! » et « Unité nationale ! » ont scandé les manifestants à Madrid, pour beaucoup vêtus entièrement de noir, a constaté sur place un journaliste de l’Agence France-Presse. Devant le cortège, certains ont affiché une grande banderole « Remigration », un concept promu par de nombreuses formations d’extrême droite en Europe.
D’autres ont brandi des drapeaux rouge et jaune de l’Espagne, tandis que des voix se sont élevées pour « défendre l’identité espagnole ». Plusieurs manifestants ont tendu le bras, certains à visage découvert.
Le premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, dont le gouvernement défend une approche ouverte en matière migratoire, à contre-courant de nombreux autres pays européens, a été visé par des insultes. Autour des manifestants, un important dispositif policier avait été mis en place devant l’ambassade du Maroc, avec notamment un hélicoptère et un drone de surveillance.
La manifestation, entamée à 20 h 30, s’est dispersée dans le calme une heure plus tard.
L’UE confirme qu’« aucune personne » ayant franchi la frontière marocaine pour se rendre à Ceuta n’est entrée sur le continent
Le commissaire européen aux affaires intérieures et aux migrations, Magnus Brunner, a confirmé vendredi sur X, après s’être entretenu au téléphone avec le ministre des affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, qu’« aucune personne » ayant franchi la frontière marocaine à Ceuta au cours des deux derniers jours n’était entrée sur le continent européen.
« Nous resterons en contact étroit et poursuivrons nos échanges avec les ministres à travers l’Europe », a ajouté M. Brunner.
La police marocaine a déjoué plusieurs tentatives de ressortissants marocains voulant atteindre la frontière de Melilla
Cet après-midi, plusieurs groupes de personnes ont tenté de franchir la frontière marocaine avec Melilla, autre ville espagnole située sur la côte nord-africaine, rapporte le quotidien espagnol El Pais. Ces tentatives ont cependant échoué, ayant été déjouées par la police marocaine, selon la délégation du gouvernement dans la ville autonome.
Les forces de sécurité espagnoles ont déployé une opération spéciale, annoncée par la déléguée du gouvernement, Sabrina Moh, afin de « répondre à toute éventualité », et maintiennent « une communication constante et une étroite coordination avec les autorités marocaines ».
L’Espagne assure que l’intégrité de l’espace Schengen reste « absolument garantie »
L’intégrité de l’espace Schengen de libre circulation « est absolument garantie », la plupart des migrants entrés illégalement dans l’enclave espagnole de Ceuta étant retournés au Maroc, a affirmé vendredi le ministre espagnol des affaires étrangères, José Manuel Albares.
« Il n’est pas possible de se déplacer de Ceuta et Melilla [autre ville espagnole située sur la côte nord-africaine] jusque dans la péninsule [espagnole] sans s’identifier à un poste de contrôle de la police », a-t-il ajouté.
Le Portugal veut renforcer le contrôle aux frontières dans le sud du pays
Le premier ministre portugais, Luis Montenegro, a annoncé vendredi soir souhaiter un renforcement du contrôle aux frontières terrestres et maritimes dans le sud du pays, après la crise migratoire à Ceuta. « Il y a des raisons de renforcer la présence des forces de l’ordre dans le contrôle aux frontières » terrestres et maritimes, en particulier « dans le sud » du pays, a déclaré M. Montenegro lors d’un déplacement.
« Je ne crois pas qu’il y ait des raisons de prendre des mesures de suspension des règles de l’espace Schengen », a toutefois affirmé le premier ministre. « La situation est grave », a-t-il reconnu, mais « il existe des mécanismes pour rétablir la situation de manière contrôlée », a-t-il ajouté.
Le gouvernement portugais avait déclaré un peu plus tôt, dans un communiqué, que les forces de l’ordre agissaient « de manière concertée » avec leurs homologues espagnoles.
Le groupe parlementaire du parti d’extrême droite Chega, principale force d’opposition, a annoncé qu’il déposerait une initiative visant à rétablir les contrôles aux frontières terrestres avec l’Espagne.
Sur Le Monde aujourd’hui
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Le point sur la situation, vendredi 31 juillet à 21 heures
- Environ 50 000 migrants ont, au cours des derniers jours, passé illégalement la frontière entre le Maroc et Ceuta, enclave espagnole située sur le continent africain, selon les chiffres du ministère de l’intérieur espagnol. Ce chiffre est inférieur à celui de 60 000, annoncé précédemment par le président de la ville autonome de Ceuta, Juan Jesus Vivas Lara.
- Il s’agit de la plus importante arrivée de migrants depuis mai 2021, lorsque plus de 10 000 personnes avaient réussi à passer en deux jours la seule frontière terrestre de l’UE avec le continent africain, Melilla, autre enclave espagnole en territoire marocain.
- Alors que les arrivées de migrants en provenance du Maroc se poursuivaient vendredi matin, le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, s’est rendu sur place pour dire sa solidarité avec « la ville de Ceuta » et dénoncer une « attaque » et une « atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne ».
- Juan Jesus Vivas Lara a demandé au gouvernement de déclarer « l’état d’urgence national », car « il est [selon lui] impossible d’absorber cette pression ». L’enclave compte environ 80 000 habitants.
- Le bilan temporaire des migrants ayant trouvé la mort en tentant de rejoindre l’enclave à la nage s’élève à 57, selon les informations du quotidien espagnol El Pais. Il pourrait s’alourdir au cours des prochaines heures.
- Madrid a annoncé que plus de 48 000 migrants étaient déjà retournés au Maroc.
- Il restait difficile vendredi soir de savoir clairement ce qui a provoqué cette soudaine arrivée en masse. Pedro Sanchez a dénoncé des « mafias de trafiquants d’être humains » qui auraient lancé des rumeurs après une récente décision de justice espagnole statuant sur la reconduite des migrants arrivés par la mer.
Les réactions politiques hors Espagne (en France, en Europe, aux Etats-Unis) :
- La crise à Ceuta s’invite dans le débat politique français : la droite et l’extrême droite accusent Pedro Sanchez d’avoir favorisé l’afflux de migrants dans l’enclave espagnole. La gauche crie aux « mensonges » et à la manipulation à quelques mois de la présidentielle.
- Emmanuel Macron a, de son côté, exprimé sur X sa « solidarité à l’Espagne, son gouvernement et son peuple » et proposé à Madrid « toute aide nécessaire, y compris via Frontex », l’agence européenne chargée de la surveillance des frontières.
- Il a aussi demandé au ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, de « renforcer les contrôles » à la frontière avec l’Espagne. Celui-ci a annoncé la multiplication par cinq d’ici à samedi du nombre de policiers et de gendarmes déployés en renfort à la frontière franco-espagnole, ce qui porte leur nombre total à 334.
- L’Italie a temporairement fermé l’espace Schengen à l’Espagne, a annoncé le ministre des affaires étrangères, Antonio Tajani, qualifiant cette mesure d’« inévitable ». En France, le président du RN, Jordan Bardella, a demandé à l’UE d’« immédiatement » suspendre l’Espagne de l’espace Schengen. Le Danemark et la Finlande ont fait de même.
- « Ceuta ne bénéficie [pourtant] pas de la libre circulation vers le reste de l’espace Schengen », comme l’a rappelé Emmanuel Macron.
- A l’instar de l’extrême droite européenne, Donald Trump instrumentalise les événements à Ceuta, à l’approche des midterms. Selon lui, les images « terribles » de milliers de migrants rejoignant l’enclave espagnole constituent un avertissement de ce qui pourrait arriver aux Etats-Unis si les démocrates revenaient au pouvoir.
- « Ce n’est pas le moment de se diviser. C’est le moment de continuer à construire une Union européenne forte et unie », a réclamé, de son côté, le premier ministre espagnol sur le réseau social X.
Giorgia Meloni justifie ses contrôles frontaliers avec l’Espagne, invoquant la « sécurité nationale ».
La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a défendu sur X le rétablissement des contrôles aux frontières pour les personnes arrivant d’Espagne, invoquant des raisons de « sécurité nationale ».
« Il s’agit d’une mesure exceptionnelle, adoptée afin de préserver la sécurité nationale et de prévenir d’éventuelles répercussions pour notre pays. Cette mesure ne restera en vigueur que le temps strictement nécessaire, avec une attention particulière portée à la limitation de son impact sur les flux touristiques estivaux », a-t-elle déclaré.
Mme Meloni a ajouté que l’Italie était « prête à soutenir toute initiative européenne visant à aider les institutions espagnoles, si nécessaire, à rétablir le plein contrôle des frontières extérieures de l’Union et à faire face à la situation actuelle avec détermination ».
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L’Italie suspend l’ouverture de l’espace Schengen à l’Espagne, annonce son ministère des affaires étrangères
L’Italie a temporairement fermé l’espace Schengen à l’Espagne, a annoncé vendredi le ministre des affaires étrangères, Antonio Tajani, qualifiant cette mesure d’« inévitable ».
« La suspension temporaire de Schengen avec l’Espagne est une décision nécessaire pour protéger la sécurité de nos citoyens et défendre les frontières de l’Europe. C’est une mesure prévue par les traités et qui est devenue aujourd’hui inévitable », a-t-il écrit sur X.
Bonjour,
Le ministère de l’intérieur espagnol a dit, en début d’après-midi, que « les départs de Ceuta se [faisaient] à un rythme de 150 personnes par minute ».
📷 Les images des forces de sécurité sur place
Des forces de sécurité marocaines près de la ville de Fnideq, au Maroc, à la frontière avec l’Espagne, le 31 juillet 2026.
Un soldat espagnol assurant la surveillance de la frontière avec le Maroc à Ceuta, le 31 juillet 2026.
Des membres des forces de sécurité marocaines escortent des femmes loin du lieu d’affrontements près de Fnideq, à la frontière avec l’Espagne, le 31 juillet 2026.
Des migrants retournent au Maroc sous l’œil de soldats espagnols, après avoir franchi la frontière pour pénétrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, le 31 juillet 2026.
Des membres des forces de sécurité marocaines près de Fnideq, à la frontière avec l’Espagne, le 31 juillet 2026. Le renfort de policiers et de gendarmes multiplié par cinq samedi à la frontière franco-espagnole
Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé vendredi la multiplication par cinq d’ici à samedi du nombre de policiers et de gendarmes déployés en renfort à la frontière franco-espagnole, ce qui porte leur nombre total à 334, après l’afflux de migrants en provenance du Maroc depuis ces derniers jours dans l’enclave espagnole de Ceuta.
« Dès ce vendredi, en plus des moyens déjà déployés quotidiennement, les renforts sont triplés, avec 184 policiers mobilisés, avec une surveillance par drone renforcée », a écrit le ministre sur X. « Dès demain [samedi], ils seront quintuplés, portant le dispositif à 334 policiers et gendarmes en plus des effectifs habituellement mobilisés », détaille-t-il.
« Les moyens de surveillance aérienne seront également renforcés avec l’engagement de trois avions de la police aux frontières. Par ailleurs, les patrouilles dans les trains seront davantage mobilisées sur l’axe ferroviaire franco-espagnol », poursuit-il.
Ceuta et Melilla, uniques frontières terrestres entre l’Afrique et l’Europe
Bonjour,
Les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, en Afrique du Nord, sont les seules frontières terrestres entre l’Union européenne et l’Afrique.
- Histoire
Ceuta, ancienne colonie romaine de 84 000 habitants, couvre environ 18 kilomètres carrés et se situe juste de l’autre côté du détroit de Gibraltar, en face de l’Espagne.
Elle a été conquise par les Arabes puis par les Portugais, et est sous souveraineté espagnole depuis 1640.
Melilla, qui s’étend sur environ 200 kilomètres carrés, est perchée à l’extrémité orientale de la côte méditerranéenne du Maroc, et se trouve sous contrôle espagnol depuis 1497.
Elle compte une population d’environ 87 000 habitants, dont près de la moitié sont musulmans. Des milliers de Marocains s’y rendent chaque jour pour y travailler et faire leurs courses.
Les deux territoires sont protégés par des clôtures renforcées de barbelés, de caméras vidéo et de miradors. Par le passé, des migrants sont morts ou ont été blessés en tentant de franchir ces barrières.
- Territoires disputés
Les deux enclaves furent conquises dans le cadre d’une stratégie des rois catholiques visant à établir des avant-postes de la chrétienté sur le continent africain, après l’expulsion des Maures et des juifs d’Espagne en 1492.
Revendiquées par le Maroc, les deux villes sont depuis longtemps un point de tension dans les relations diplomatiques entre Madrid et Rabat, Madrid affirmant qu’elles constituent des parties intégrantes de l’Espagne.
Les deux villes portuaires se sont développées comme centres militaires et commerciaux reliant l’Afrique à l’Europe et, depuis les années 1990, bénéficient d’un statut comparable à celui d’autres régions autonomes, comme le Pays basque ou la Catalogne.
Emmanuel Macron exprime la « solidarité » de la France avec l’Espagne, confrontée à un afflux exceptionnel de migrants
« Je redis notre solidarité à l’Espagne, son gouvernement et son peuple », écrit vendredi sur X le président français Emmanuel Macron qui dit avoir été en contact avec le dirigeant espagnol Pedro Sanchez.
« Ceuta ne bénéficie pas de la libre circulation vers le reste de l’espace Schengen », rappelle le chef de l’Etat. Il a toutefois demandé au ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, de renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne si « nécessaire », avec « quatre unités de forces mobiles » et le déploiement d’avions et de drones.
Bonjour,
Nous ne disposons pas des chiffres pour cet afflux migratoire précis vers Ceuta.
En revanche, nous savons que : depuis 2016 et jusqu’à 2022, 14 % des personnes secourues par l’Aquarius puis par l’Ocean-Viking, les navires de SOS Méditerranée, étaient des femmes, selon les chiffres de cette association civile de sauvetage en mer européenne.
Différence entre une exclave et une enclave
Bonjour,
Une enclave est un territoire entouré par une autre entité territoriale. Ceuta est entourée par le Maroc, c’est donc bien une enclave espagnole.
Dans un sens strict, une enclave est parfois définie comme un territoire entièrement entouré par une autre entité territoriale. Avec cette définition, Ceuta peut être considérée seulement comme une semi-enclave espagnole, car elle a un accès à la mer.
Une exclave est un territoire sous souveraineté d’un pays, mais séparé du territoire principal de ce pays par un ou plusieurs pays ou mers. Ceuta est séparée de l’Espagne, c’est donc bien une exclave espagnole.
Plus de 48 000 migrants déjà de retour vers le Maroc, annonce le gouvernement espagnol
« Départs de Ceuta vers le Maroc au 31 juillet, jusqu’à 18 heures : plus de 48 300 », a annoncé le ministère de l’intérieur espagnol, après avoir annoncé plus tôt que 50 000 personnes avaient afflué depuis ces derniers jours dans l’enclave.
Bonjour,
Après l’afflux de migrants au cours des derniers jours dans l’enclave espagnole de Ceuta, en provenance du Maroc, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé vendredi avoir activé la « force frontière d’intervention rapide pour des contrôles en profondeur ».
De quoi s’agit-il ? Explications :
- Quel est son rôle ?
La force frontière d’intervention rapide (FFIR) vise « à renforcer la sécurisation des frontières intérieures face à l’afflux potentiel en provenance de l’Italie, de la Suisse et de l’Allemagne », d’après la direction nationale de la police aux frontières (DNPAF).
Elle doit « renforcer le contrôle des frontières, et en particulier aux points de passage autorisés, lutter contre l’immigration clandestine et lutter contre la fraude documentaire », explique une vidéo du ministère de l’intérieur mise en ligne à l’occasion du G7 à Evian (Haute-Savoie), en juin, où cette force d’appoint a été mobilisée pour la première fois.
- Qui la compose ?
La FFIR, dirigée par l’état-major opérationnel des frontières (EMOF), est déployée en zone frontalière sur décision du ministre de l’intérieur « en cas de menace ou de situation sensible ».
Elle est composée de policiers, de gendarmes, de douaniers et de militaires de la force Sentinelle.
- Depuis quand est-elle opérationnelle ?
Souhaitée par le président Macron en 2023, et d’abord expérimentée sous la forme d’une « border force » à la frontière avec l’Italie par la première ministre Elisabeth Borne dans un contexte d’afflux migratoire, la FFIR est mise en place l’année suivante sous la direction de la police aux frontières (PAF).
En février 2025, le premier ministre, François Bayrou, annonce sa généralisation à l’ensemble des frontières de l’Hexagone. « La force de la FFIR repose [sur] sa flexibilité ; elle permet d’apporter un appui aux unités locales si le niveau de risque, défini par l’analyse ou les besoins du terrain, le nécessite », notait un avis parlementaire du député Eric Pauget (Les Républicains), publié au cours de la même année.


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