En pleine guerre au Moyen-Orient, l'Iran a libéré un ressortissant japonais, a annoncé ce mardi Tokyo. Pour le moment cependant, l'homme n'est pas autorité à quitter le territoire de la République islamique.
L'Iran a libéré un ressortissant japonais détenu depuis janvier, a annoncé Tokyo mardi, l'agence Kyodo News rapportant toutefois que la personne n'est pas autorisée à quitter la République islamique.
L'agence de presse japonaise a également indiqué, citant des sources gouvernementales nippones, qu'il s'agirait du chef du bureau de Téhéran de la chaîne de télévision publique NHK. "L'ambassade japonaise en Iran a confirmé qu'un ressortissant nippon détenu depuis le 20 janvier par les autorités iraniennes a été libéré le 6 avril", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Minoru Kihara, à la presse, sans préciser son identité.
"L'ambassadeur en Iran a pu rencontrer directement cette personne après sa libération, et s'assurer qu'elle était en bonne santé", a-t-il ajouté. Selon Kyodo News, la personne a été libérée sous caution et mise en examen pour infractions liées à la sécurité. Elle devrait comparaître devant un tribunal iranien.
Une détention commencée fin janvier
Selon de précédentes informations de presse, l'Iran avait arrêté en janvier ce journaliste de la NHK identifié comme Shinnosuke Kawashima. D'après ces informations, il avait été transféré à la prison d'Evin à Téhéran, critiquée par les organisations internationales de défense des droits humains.
Le gouvernement japonais avait précédemment déclaré qu'un citoyen avait été placé en détention le 20 janvier, tout en refusant de donner davantage de détails. Cette détention est intervenue après d'importantes manifestations antigouvernementales en Iran qui ont culminé début janvier et qui ont été violemment réprimées par le gouvernement, des organisations de défense des droits humains affirmant que des milliers de personnes avaient été tuées.
Elle est survenue avant que les Etats-Unis et Israël ne lancent l'"Operation Epic Fury" le 28 février, qui en est à son 39e jour.
Premier ressortissant libéré
En février, le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) avait aussi indiqué qu'un vidéaste de la NHK, Mehdi Mohammedi, avait été privé de son passeport et qu'un autre membre du personnel de la NHK, dont l'identité n'a pas été révélée, a fui l'Iran début février après avoir été convoqué à plusieurs reprises.
Contactée par l'AFP mardi, la NHK a déclaré ne pas être "en mesure de commenter à ce stade". "Nous continuerons à déployer tous les efforts possibles pour assurer la sécurité de nos employés et collaborateurs, tout en remplissant notre mission journalistique de contribution à la réalisation de la paix", a ajouté la NHK.
Tokyo a par ailleurs annoncé fin mars la libération d'un premier ressortissant japonais détenu par Téhéran. Selon les médias japonais, l'individu libéré avait été placé en détention par l'Iran au mois de juin 2025.
Le Japon et l'Iran ont historiquement entretenu des relations relativement amicales. Shinzo Abe, alors Premier ministre, s'est rendu en République islamique en 2019. Le président de l'époque, Hassan Rouhani, a effectué une visite de retour au Japon la même année.
Mais plus récemment, le Japon, proche allié des Etats-Unis, a drastiquement réduit ses importations autrefois substantielles de pétrole iranien dans le cadre de la pression internationale sur les activités nucléaires de Téhéran. La Première ministre Sanae Takaichi a déclaré mardi que des "arrangements" étaient en cours pour un appel téléphonique avec le président iranien Masoud Pezeshkian, tandis que le ministre des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi s'est entretenu lundi par téléphone avec son homologue iranien Abbas Araghchi, a indiqué Tokyo.


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