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Mort de Mehdi Kessaci : les enquêteurs désormais certains que les tueurs visaient son frère Amine

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France 13/05/2026 19:25 Actualisé le 13/05/2026 19:30

Le jeune homme de 20 ans n’était pas la cible des criminels, censés s’en prendre à son grand frère Amine Kessaci, militant écologiste engagé contre le narcotrafic.

Ils se sont « trompés de cible ». Les criminels qui ont tué Mehdi Kessaci en novembre dernier à Marseille devaient tuer son frère, Amine, militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic, ont affirmé ce mercredi à l’AFP des sources proches du dossier, confirmant une information du Monde. « C’est une certitude pour les enquêteurs », a insisté l’une de ces sources.

D’après elle, l’erreur provenait d’un numéro de téléphone attribué à Amine Kessaci mais dont l’utilisateur était en fait son jeune frère Mehdi. Ce numéro avait été communiqué par les commanditaires, à ce jour non identifiés formellement, à l’équipe chargée de l’assassinat, a ajouté cette source.

Le 21 avril, une autre source proche avait indiqué à l’AFP qu’« à ce stade il s’agit d’une des pistes sur lesquelles travaillent les enquêteurs, avec la même priorité que les autres, et sans que ce soit une piste “privilégiée” pour autant ». Depuis, les enquêteurs, qui voient dans ce meurtre la main de la DZ Mafia, un gang marseillais de narcotrafiquants, sont parvenus à consolider cette piste, selon une troisième source.

La mort de Mehdi Kessaci avait suscité une onde de choc

Le 13 novembre 2025, Mehdi Kessaci avait été assassiné de plusieurs balles en plein après-midi, dans une rue de Marseille. La mort de ce jeune homme de 20 ans, totalement étranger au trafic et inconnu de la police comme de la justice, avait provoqué une onde de choc. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait dénoncé alors un crime d’intimidation, constituant « un véritable point de bascule ». L’ensemble de l’exécutif avait fait de même à commencer par le président Emmanuel Macron.

Amine Kessaci entouré du maire de Marseille Benoît Payan (en bas à gauche) et de sa mère (en blanc à gauche) lors de la marche blanche organisée pour son frère Mehdi, le 22 novembre 2025.

CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Amine Kessaci entouré du maire de Marseille Benoît Payan (en bas à gauche) et de sa mère (en blanc à gauche) lors de la marche blanche organisée pour son frère Mehdi, le 22 novembre 2025.

Quatre mois après ces faits, dix personnes, huit hommes et deux femmes, avaient été arrêtées mi-mars dans la région marseillaise ainsi que dans l’Hérault en lien avec cet assassinat. Placées en garde à vue, ces personnes sont soupçonnées par les enquêteurs d’avoir participé à la « logistique » ayant permis l’assassinat, avait précisé en mars une source proche du dossier à l’AFP.

C’est le parquet national anti criminalité organisée (Pnaco), créé en janvier, qui est en charge du dossier.

Le grand frère Brahim Kessaci était mort en 2020

La famille Kessaci avait déjà été endeuillée en 2020 avec la mort du grand frère Brahim, impliqué lui dans le trafic, et dont le corps avait été retrouvé carbonisé. Un des chefs présumé de la DZ Mafia, Amine Oualane, dit Mamine, actuellement en prison, doit être jugé cet automne avec d’autres pour ce meurtre. Cet individu est également une des pistes étudiées par les enquêteurs dans l’assassinat de Mehdi Kessaci.

Selon Le Monde, le contrat qui a conduit à la mort de Mehdi Kessaci était de « 100 000 euros pour le tireur ». Interrogée par l’AFP, une source proche du dossier a répondu que c’était « l’ordre de grandeur », mais sans donner de chiffre précis. Le quotidien a assuré en outre qu’il y avait eu deux équipes « en concurrence » pour effectuer le contrat, ce que les sources proches du dossier n’ont pas confirmé à l’AFP.

Les avocats d’Amine Kessaci ont annoncé à l’AFP avoir porté plainte pour violation du secret de l’instruction, à la suite de l’article du Monde. Le narcobanditisme a coûté la vie à 17 personnes en 2025 à Marseille, selon les autorités, un chiffre en baisse par rapport aux précédentes années (24 morts en 2024 après le record de 2023 avec 49 morts liés à une guerre des gangs pour le contrôle des points de deal dans les Bouches-du-Rhône).

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