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Mort de Lionel Jospin : de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, la classe politique salue sa droiture et sa rigueur par-delà les clivages

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L’ancien premier ministre socialiste, mort dimanche à 88 ans, a suscité des hommages venus de tout l’échiquier politique. Plus que le bilan de cette figure de la gauche de gouvernement, beaucoup saluent sa méthode, exigeante, et son style, respectueux.

Lionel Jospin, ancien premier secrétaire du Parti socialiste, ministre de l’Éducation nationale, premier ministre de 1997 à 2002 puis membre du Conseil constitutionnel, est mort dimanche à l’âge de 88 ans. L’homme de gauche qui a marqué l’histoire politique française avec les 35 heures, le pacs ou encore la couverture maladie universelle, laisse le souvenir d’un responsable méthodique, d’une rectitude rarement contestée, saluée par la classe politique au lendemain de sa mort.

Emmanuel Macron a loué « un grand destin français » incarnant « une haute idée de la République ». Au Conseil constitutionnel, où Lionel Jospin avait siégé de 2015 à 2019, l’hommage, rendu dans un communiqué, a insisté sur sa « rigueur », sa « droiture » et son « engagement constant au service de l’institution ». De son côté, Élisabeth Borne évoque une « grande figure de la gauche » marquée par son « sens de l’État », quand Yaël Braun-Pivet rappelle qu’il fut aussi un réformateur dont les décisions ont changé concrètement la vie des Français, de la CMU au pacs en passant par la parité et les emplois jeunes.

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« Une époque où la politique avait encore à cœur d’être utile »

À droite, les hommages expriment moins une proximité qu’une forme d’estime pour une certaine manière de faire de la politique. Dominique de Villepin, qui avait comme secrétaire général de l’Élysée connu avec lui une cohabitation « exigeante mais respectueuse », a salué sur le réseau social X « un homme d’État, un homme de rigueur et de conviction », et surtout « l’élégance d’une époque où la politique avait encore à cœur d’être utile »Le président du Sénat, Gérard Larcher, voit disparaître avec le mari de la philosophe laïque Sylviane Agacinski « une part de la gauche laïque, attachée à l’universalisme républicain ». Ministre de l’Éducation lors de l’affaire des foulards de Creil, Lionel Jospin avait joué les équilibristes, défendant sur le principe la laïcité, mais ajoutant « mettre au-dessus un autre principe » de non « exclusion » des enfants de l’école. Le nouveau maire de Nice et ancien président des Républicains Éric Ciotti - tout en rappelant ses désaccords avec l’ancien premier ministre - résume ce respect en le qualifiant de « personnalité respectée car respectable ».

Même ses adversaires les plus résolus ont mis de côté l’affrontement partisan. La chef de file des députés RN, Marine Le Pen, salue un « adversaire politique », mais aussi « un homme de gauche intègre ». Un hommage qui résonne avec le souvenir du 21 avril 2002, lorsque son père, Jean-Marie Le Pen, avait devancé Lionel Jospin, à la surprise générale, au premier tour de la présidentielle.

« Un homme d’État » d’« une rigueur morale absolue »

À gauche, enfin, le deuil prend un ton plus intime. L’ancien président socialiste François Hollande dit son « immense émotion » et son « infinie tristesse », voyant en Lionel Jospin celui qui « incarnait l’exemplarité en politique ». Bernard Cazeneuve a lui salué une « référence » pour tous ceux qui croyaient au progrès social et à la responsabilité de gouvernement, quand Olivier Faure rend hommage à « une gauche exigeante, intègre, républicaine », capable selon lui de « gouverner sans concession à l’air du temps »Martine Aubry, son ancienne ministre de l’Emploi et de la Solidarité, insiste moins sur le bilan que sur la méthode et l’homme, évoquant lundi sur France Inter « un homme d’État » d’« une rigueur morale absolue ».

Dans les rangs de « l’extrême gauche », l’hommage l’emporte aussi : Jean-Luc Mélenchon, qui fut son ministre délégué à l’Enseignement professionnel entre 2000 et 2002, a fait part de sa « tristesse » et a salué « un modèle d’exigence et de travail ». Une relation toutefois marquée par des désaccords profonds : en octobre 2024 sur LCI, Lionel Jospin décrivait Jean-Luc Mélenchon comme un « tribun doué », mais « agitateur par choix », regrettant qu’il ne soit « ni un constructeur ni un homme d’État ». Éric Coquerel, de La France insoumise, retient, malgré tout, « le premier ministre du dernier gouvernement de gauche de ce pays ».

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