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Par Philippe Renault, pour Le Figaro Hors-série
Publié le 12/10/2026 à 14h42, mis à jour le 12/10/2026 à 14h44

Pour la première fois en vingt ans, moins de la moitié des résidents permanents admis au Québec ont choisi Montréal. Portées par un marché du travail, un coût de la vie et des politiques gouvernementales favorables, les régions attirent de plus en plus les nouveaux arrivants.
Passer la publicité Passer la publicitéCet article est extrait du Figaro hors-série « Vivre au Canada - D’est en ouest, les nouveautés pour s’installer ».
Selon le bilan démographique publié par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) en janvier 2026, seuls environ 45% des nouveaux résidents permanents admis en 2024-2025 se sont installés à Montréal, contre près de 75 % deux décennies plus tôt. Un basculement historique qui confirme que la régionalisation de l’immigration est bien en marche au Québec. Les causes ? Un cocktail éprouvé : le coût élevé du logement dans la métropole, la pénurie chronique de main-d’œuvre en région, combinés aux politiques incitatives du ministère de l’Immigration (Mifi). Résultat : la proportion de nouveaux arrivants s’établissant hors du grand Montréal a bondi de 18,7 % en 2018-2019 à 33,9 % en 2024-2025. Quinze des dix-sept régions administratives de la province ont enregistré une croissance
démographique en 2024-2025. Sans cet apport migratoire, la plupart
d’entre elles connaîtraient une décroissance nette.
Un nouveau palmarès des destinations
Après Montréal (45%), la Montérégie (13,2 %) et la Capitale-Nationale (12,8%) s’imposent, suivies de Laval (5,2 %), de l’Outaouais (4,6 %) et de Chaudière-Appalaches (3,6 %). La région de Québec, en particulier, affiche une progression spectaculaire : sa part a doublé en dix ans. Nuance importante : ce sont surtout les zones proches des grands centres qui bénéficient de cette ascension. Les régions rurales et éloignées attirent davantage d’immigrants qu’auparavant, mais en nombre encore limité.
L’emploi, moteur du déplacement
Coût et qualité de vie, accès à la propriété, proximité de la nature, ambiance familiale : les arguments en faveur des régions ne manquent pas. Mais c’est d’abord le marché du travail qui dicte les flux. La Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches, l’Abitibi-Témiscamingue, et la Montérégie affichaient, fin 2025, les taux de postes vacants les plus élevés de la province. Face à cette pénurie, les employeurs régionaux multiplient les primes de relocalisation et les aides au logement. De son côté, le gouvernement a déployé des programmes d’attractivité et de rétention ciblés pour les régions éloignées, comme la Côte-Nord, la Gaspésie, l’Abitibi ou le Bas-Saint-Laurent. L’objectif n’est plus seulement d’attirer les immigrants, mais de favoriser leur intégration et leur enracinement.
Des politiques contradictoires
Le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) et son système de pointage favorisent désormais l’installation en région. La rétention demeure toutefois un défi majeur : si les Québécois quittent ces territoires, les immigrants choisiront-ils de s’y installer durablement ? Cette volonté de régionalisation bute également sur une contradiction, puisque le gouvernement a fait le choix de réduire les volumes d’immigration permanente et temporaire pour les prochaines années. Un équilibre fragile, susceptible d’évoluer au fil des orientations politiques à venir.


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