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Politique 21/07/2026 20:57 Actualisé le 21/07/2026 21:32
La ministre de la Transition écologique était opposée à la réintroduction en France de l’acétamipride, une mesure présente dans le texte voté par les députés.

CARINE SCHMITT / Hans Lucas via AFP
La ministre de la Transition écologique Monique Barbut le 15 juillet 2026.
La ministre de la Transition écologique Monique Barbut va présenter sa démission d’ici le Conseil des ministres de mercredi, quelques heures après l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi d’urgence agricole, avec lequel elle était en désaccord.
« Dans ma tête je n’ai pas d’autre option que de remettre ma démission. Soit vous êtes ministre, soit vous n’êtes pas ministre. Aujourd’hui dans ma tête, je suis partie demain », a-t-elle déclaré ce mardi 21 juillet en petit comité, selon son entourage. « Si ma démission est acceptée, je pars. Si ma démission est refusée, ça dépend de ce qui est dit et de comment c’est dit demain ».
Issue de la société civile, la ministre avait fait savoir son opposition à certaines dispositions du texte, dont le retour en France de l’acétamipride, un pesticide autorisé dans l’Union européenne mais interdit depuis plusieurs années dans l’Hexagone. « Je suis opposée à la réintroduction de ce pesticide en France », avait-elle déclaré à La Tribune Dimanche le 19 juillet.
Monique Barbut assure avoir été « confiante » jusqu’à lundi, forte de la garantie du président Macron et de Sébastien Lecornu que la porte ne serait pas rouverte à l’acétamipride. La décision du Premier ministre, lundi, de ne pas déposer d’amendement pour supprimer cette disposition semble l’avoir prise par surprise. C’est à ce moment-là qu’elle a décidé de démissionner, et l’a fait savoir, en privé, à Sébastien Lecornu.
Selon un cadre du groupe macroniste à l’Assemblée nationale, en froid avec le chef du gouvernement sur ce dossier, Matignon tente depuis de dépeindre une ministre « fragile psychologiquement à cause de la polémique sur la climatisation ».
Elle salue « le courage » de Macron de faire appel à des ministres de la société civile
En pleine canicule historique fin juin, Monique Barbut s’était attiré des critiques pour avoir fustigé « les gens qui me disent “Oh mais il y a qu’à mettre la clim’ partout” ». « Très bien, on va mettre la clim’ partout. Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt », « vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ? Vous croyez que ça va éviter quoi ? Rien », avait-elle lancé.
Aujourd’hui, quand elle repense à cette polémique, elle explique qu’elle refusait juste de se positionner uniquement « par rapport au plan clim’ du Rassemblement national ». « Moi je voulais parler des forêts qui vont brûler, des animaux qui vont mourir, des paysans qui vont tout perdre, des terres qui vont s’assécher. Et qu’est-ce qu’on fait depuis un mois ? On essaye d’éteindre des incendies », soupire-t-elle.
Emmanuel Macron, avec lequel elle devait échanger ce mardi soir ou mercredi matin, parviendra-t-il à lui faire changer d’avis ? Elle loue en tout cas un président qui a eu « le courage » de faire appel à des ministres de la société civile, mais l’ancienne présidente de l’ONG environnementale WWF France, très affectée et émue par cet épisode, semble aujourd’hui regretter d’avoir franchi le pas en entrant au gouvernement.
Lors d’un point presse organisé à l’Assemblée nationale ce mardi soir, Yaël Braun-Pivet a elle invité Monique Barbut « à être fidèle à ce qu’elle est et à ce qu’elle a toujours porté, en étant en cohérence avec elle-même ». « Quand on fait de la politique, on doit être fidèle aux convictions qui sont les siennes. Je crois que c’est ça qu’attendent de nous les Français. Donc je la laisse maîtriser sa décision. En tout cas, ce qui est important, c’est d’agir en fonction de ses convictions profondes », a déclaré la présidente du Palais Bourbon face aux journalistes, comme le rapporte BFMTV.
Ce mardi, le gouvernement assume son texte qui a été définitivement adopté en début de soirée au Sénat. « Qu’on démissionne sur un arbitrage gouvernemental qu’on perd, on peut en débattre. Qu’on démissionne sur un vote au Parlement qui ne va pas dans notre sens, c’est à mon avis un peu plus complexe », avait commenté sur France 2 Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, dans la matinée.


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