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Par Emmanuel Derville, envoyé spécial à Katmandou (Népal)
Publié le 29/08/2026 à 15h00
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REPORTAGE - Les hôpitaux et les morgues de la capitale accueillent chaque jour des familles qui espèrent, puis désespèrent, dans un cycle macabre et sans fin.
Cela pourrait s’appeler le mur des disparus. De temps à autre, des gens s’approchent, scotchent la photo d’un proche sur la façade d’un bâtiment de l’hôpital universitaire de Katmandou. Les images recouvrent le mur, remontent jusqu’aux fenêtres tel un lierre. Tous ses visages appartiennent à des personnes qui n’ont plus donné signe de vie depuis la crue qui a dévasté le nord du Népal le 26 août. Leurs familles les attendent. À regarder les clichés de plus près, on mesure à quel point ces disparus manquent à leurs proches. Chaque photo est soignée.
Ici, c’est une lycéenne en uniforme assise en classe qui lance un sourire à l’objectif. Là, c’est un garçon d’une vingtaine d’années qui pose devant une montagne enneigée, le pouce en l’air. Plus loin, une dame se tient dans un champ d’herbes hautes. Yunika Banya, petite femme rondouillette, apporte avec elle une pile d’avis de recherche de huit hommes dans la force de l’âge.
« Voici mon frère, mes oncles et mes cousins. Ils étaient partis pour…


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