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Mon enfant a un parent préféré (qui n’est pas moi), est-ce normal et que faire ?

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Life 25/05/2026 11:00 Actualisé le 25/05/2026 11:15

Si cette préférence marquée des enfants pour l’un des deux parents n’est que passagère, elle peut être mal vécue. Voici quelque conseils pour mieux gérer.

EN BREF Les enfants peuvent montrer une préférence pour un parent, souvent temporaire, influencée par la dynamique familiale et les interactions. Cette phase est courante et non alarmante.
Les experts conseillent de ne pas prendre ce rejet personnellement et de renforcer les liens par des activités partagées et du temps de qualité.
Les parents doivent communiquer et équilibrer les rôles pour éviter les stéréotypes de « gentil » et « méchant », favorisant une équipe parentale unie.

« Non pas maman, je veux papa ! », « Moi j’aime que papa, maman elle est méchante ! », « Les câlins, c’est que pour maman ! » On a beau les aimer infiniment et tout leur donner depuis leur naissance - y compris nos nuits complètes -, voici le genre de petites phrases assassines qu’on reçoit de la part de la prunelle de nos yeux.

Et même si elles sortent de la bouche d’un tout-petit, elles peuvent faire très mal. Car se sentir rejeté par son propre enfant n’a rien d’anodin, surtout quand cette préférence marquée pour l’autre parent semble s’installer dans le temps.

Interrogée dans l’émission de France 5 Les Maternelles XXL, la psychologue clinicienne Aurélie Callet confirme ainsi que cette phase commence généralement lorsque l’enfant a deux ou trois ans, et peut durer jusqu’à ses cinq ou six ans.

Une préférence qui n’a rien à voir avec l’amour

Mais ce qu’expliquent les professionnels de l’enfance, c’est qu’en réalité, cette préférence marquée pour l’un des deux parents est très répandue et s’explique par différents facteurs. À commencer par la place qu’occupent chacun des deux parents dans la famille et la manière dont ils interagissant avec leur enfant.

Ainsi, le parent avant tout présent pour jouer et qui occupe donc la sphère « récréative » aura tendance à être davantage sollicité que celui qui gère l’intendance du quotidien et s’occupe de tâches essentielles mais plus ingrates comme les repas, le bain ou le coucher.

Le site de référence Naître et Grandir précise également qu’un tout-petit « est aussi spontanément attiré par le parent qui lui est le plus empathique » : celui qui se met à sa place, qui prend le temps de le comprendre et de décrypter ses émotions aura souvent ses faveurs. À l’inverse, un parent qui se sent peu sûr de lui dans son rôle de parent ou ne prend pas de plaisir à passer du temps avec enfant a plus de risque d’être momentanément tenu à l’écart.

Enfin, les enfants plus grands sont plus enclins à faire du « parent préféré » celui qui partage leurs centres d’intérêt et passions, ou a les mêmes traits de personnalité que lui.

Autant de facteurs qui doivent faire relativiser celui qui n’est pas le parent de prédilection. « Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut pas s’inquiéter, que ça va changer et que ça ne dure pas. Ça ne veut pas dire que l’enfant ne vous aime pas », insiste Aurélie Callet.

Une analyse que partage la psychopraticienne Laetitia Babik. Dans un post LinkedIn publié en août dernier, la professionnelle explique aussi que cette préférence de l’enfant pour l’un de ses deux parents n’est ni volontaire, ni calculée pour faire de la peine à l’autre, mais « plutôt un mélange subtil de circonstances, de tempéraments et de ressentis ».

Renforcer les liens avec son enfant

Comment réagir alors lorsqu’on n’est pas le parent préféré ? Le premier écueil à éviter est de prendre le rejet de son enfant personnellement. Même si cela fait de la peine ou que cela vexe, la meilleure attitude à adopter est de faire preuve de calme et de patience, en se rappelant que cela n’a rien à voir avec l’affection que nous porte notre enfant. Au contraire, le site Naître et Grandir recommande au parent qui se sent repoussé de manifester son amour à son enfant en lui expliquant qu’il l’aime même si pour le moment, il ne veut pas de lui.

Passer du temps de qualité exclusif avec son enfant en jouant avec lui, en s’adonnant à des activités qu’il a choisies - bref en sortant de ce rôle de « parent sérieux » -, contribue à renforcer les liens et donc à débloquer progressivement la situation.

Quant à l’autre parent, le « préféré », il a aussi son rôle à jouer. Nul doute que lui aussi souffre parfois de cette situation. Être sollicité en permanence, ne pas avoir de moment pour souffler, c’est aussi épuisant ! Plutôt que de lui en vouloir, l’idéal est de lui partager ses sentiments (de tristesse, de frustration…) pour en discuter ensemble. Le but ? Redevenir une véritable équipe dans l’éducation de l’enfant, plutôt que de camper dans des rôles de « gentil » contre « méchant », qui entretiennent ce sentiment de parent préféré.

Cet échange peut aussi être l’occasion de rééquilibrer un peu les tâches à la maison. Si l’un des deux est préposé aux missions un peu ingrates, comme changer et habiller l’enfant, veiller à ce qu’il mange ses légumes et qu’il se couche tôt, tandis que l’autre est considéré comme le « parent rigolo », il est sans doute temps d’inverser un peu ces rôles afin que l’enfant comprenne que ses deux parents sont essentiels à son bien-être.

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