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La rentrée s’amorce au Cégep de Matane, mais les couloirs sont plus vides qu’il y a quelques années. Malgré une légère hausse des admissions par rapport à l'an dernier, le nombre total d'étudiants n’a jamais été aussi bas, ce que l’administration explique par les restrictions gouvernementales en immigration.
Tomé Oliveira Reis, en dernière année du programme animation 3D et synthèse d’images, s’active derrière le kiosque de son association étudiante.
Il fait partie de la dernière génération d’étudiants étrangers à pouvoir demander un permis de travail postdiplôme dans son domaine d’études, puisque des restrictions fédérales s'appliquent depuis l’automne 2024.
C'est quand même dommage parce que, ceux qui veulent construire une vie entière ici au Québec, ils sont forcés de retourner en Europe, chez eux, en sachant qu'ils n’ont plus rien là-bas, soupire-t-il.

Tomé Oliveira Reis est originaire d’une région rurale. Il affirme qu’il se plaît à Matane.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Moins de visas, moins d’étudiants
Des étudiants étrangers comme Tomé, il y en a de moins en moins au Cégep de Matane.
En fait, en 2019, le Cégep comptait 720 étudiants, dont près de la moitié étaient internationaux. Cette année, il n’y en a plus que 570, dont seul le quart provient de l'extérieur du pays.

Le nombre d'étudiants, incluant les internationaux, est à la baisse depuis plusieurs années.
Photo : Radio-Canada
Le directeur général, Martin Demers, le martèle depuis plusieurs mois. Il y a de nombreux changements au niveau des règles d'arrivée des étudiants internationaux qui minent la crédibilité du Québec à l'international.
Dans certains programmes d'étude, les gens ne peuvent pas espérer poursuivre une carrière et s'installer au Québec par la suite. Ce qui fait que des programmes qui étaient très attrayants à l'international le sont moins.

Le directeur général, Martin Demers, constate qu’il est plus difficile de recruter des étudiants internationaux depuis les restrictions fédérales et provinciales en immigration. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Le directeur demande au gouvernement une stabilité dans la prise de décision et de règles en matière d’immigration. Il souhaite également que les besoins des régions soient pris en compte.
On est capable de les accueillir, autant au Cégep que dans la région, on en a besoin pour notre vitalité régionale, ajoute-t-il.

Il y a une hausse de 3,8 % des nouvelles inscriptions au Cégep de Matane, malgré un nombre total d'étudiants en baisse.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
S’adapter à cette réalité
Le recrutement d’étudiants étrangers, bien que plus difficile, se poursuit tout de même dans plusieurs programmes qui ne sont pas contingentés.
Par exemple, Cheickna Barry, nouvel étudiant belge, a choisi Matane pour terminer ses études en génie électrique. Ça peut permettre d'ouvrir plus de portes, de voir un peu comment les autres vivent, apprendre différemment et avoir plusieurs bagages dans son sac à dos.

Cheickna Barry trouve « dommage » que le Canada restreigne les perspectives de certains étudiants étrangers.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
De plus, la direction mise davantage sur le recrutement d’étudiants québécois pour assurer son avenir. En fait, c'est une hausse de 8 % de nos étudiants québécois que l’on constate, ce qui fait que c'est la bonne nouvelle, salue Martin Demers.
La hausse des étudiants québécois compense la diminution des étudiants internationaux pour la première fois depuis quelques années, ce qui nous laisse présager une inversion de la tendance générale.
L’établissement travaille sur de nouveaux programmes afin d’élargir son champ d’études. Par exemple, une technique d’éducation spécialisée et un programme de sciences sociales sont sur la table à dessin.


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