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Alors que la menace de la moule zébrée guette les plans d'eau du Bas-Saint-Laurent, une association de propriétaires a mis en place une solution peu répandue, mais surtout très simple et économique.
Depuis trois ans, au lac Saint-Pierre, dans le Kamouraska, on prête gratuitement des embarcations pour éviter que les plaisanciers n'apportent des bateaux contaminés de l'extérieur.
Quand on a vu qu'il y avait beaucoup de moules zébrées qui s’en venaient, que le lac Témiscouata était contaminé, on a réagi tout de suite, et les trois municipalités [Saint-Gabriel-Lalemant, Mont-Carmel et Saint-Pacôme] ont embarqué avec nous autres, raconte le président de l’Association des propriétaires du lac Saint-Pierre, Denis Lévesque.

Il est interdit d'amener sa propre embarcation dans le lac Saint-Pierre, sous peine d'une amende de plusieurs centaines de dollars.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Ils nous ont donné de l’argent pour qu’on puisse acheter des embarcations. La première année, c’était des embarcations que des résidents avaient payées et données, et avec l’argent des municipalités, on en a acheté davantage. Plus ça va, plus on en a!, ajoute-t-il.
Il estime à près de 10 000 $ l'investissement total pour le parc d'embarcations, qui compte maintenant six planches à pagaie, six kayaks, deux canots et deux pédalos disponibles gratuitement, en libre-service.

Denis Lévesque, président de l'Association des propriétaires du lac Saint-Pierre, précise que les visiteurs doivent toutefois amener leur propre veste de sauvetage. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
C'est une fraction du coût d'une station de lavage automatique, estimée entre 30 000 $ et 40 000 $, sans compter les frais de gestion et de personnel.
Et si tu te fais pincer sur le lac avec ton embarcation qui n’est pas attitrée au lac, l’Association fait son bout pour identifier le contrevenant, et les municipalités peuvent donner des amendes jusqu’à 500 $. C’est salé, 500 $, alors prenez nos embarcations!, lance-t-il.
Une solution intéressante
Le directeur général de l'Organisme de bassin versant de Kamouraska, L'Islet et Rivière-du-Loup, l'OBAKIR, Antoine Plourde-Rouleau, salue cette stratégie.
C'est probablement l’une des solutions les plus intéressantes du point de vue efficacité et coûts-bénéfice. Il faut toutefois pouvoir contrôler les accès à l’eau facilement
Selon lui, c’est également une solution simple qui permet de conserver l’accès aux plans d’eau, déjà très restreint dans la région, en raison de la privatisation des berges.
Pour des raisons notamment de santé publique, quand il y a des épisodes de canicule, on veut avoir des points où les gens puissent aller se rafraîchir, alors c’est une belle solution pour garder un accès public au lac et limiter le risque d’introduction de la moule zébrée, ajoute-t-il.

Le lavage des embarcations doit suivre un protocole très précis pour enlever toute trace de moule zébrée.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Sur les lacs plus grands avec plus de points d’accès, il souligne que de déployer un réseau de stations de lavage facilement accessibles devient inévitable pour intercepter un maximum d’usagers.
Il y a aussi la solution de se dire : une embarcation, un lac. C’est-à-dire que les embarcations des riverains restent dans le même plan d’eau pour limiter le trafic et les contaminations. C’est très important de l’avoir aussi en tête. La contamination ne vient pas toujours des visiteurs, souligne-t-il.
Il indique qu'une fois que la moule zébrée a colonisé un lac, les coûts pour la contrôler peuvent rapidement atteindre des millions de dollars, notamment pour nettoyer les infrastructures municipales ou embaucher des plongeurs.
À ce jour, au Bas-Saint-Laurent, des moules zébrées adultes ont seulement été observées au lac Témiscouata.


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