La crise française n'est pas passée inaperçue à l'étranger et fait la Une de nombreux médias internationaux ce dimanche.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 13:48 | mis à jour aujourd'hui à 13:50 - Temps de lecture :

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La crise française n'est pas passée inaperçue à l'étranger et fait la Une de nombreux médias internationaux ce dimanche. Les multiples scènes de « chaos » qui ont émaillé la journée de mobilisation ont frappé de stupeur nos confrères, pour qui ces violences signent le crépuscule du macronisme et installent le duel entre les extrêmes à six mois de la présidentielle.

Photos et vidéos de pillages et d'affrontements avec les forces de l'ordre, images de la mairie de la ville de Limoges ravagée par les flammes : les images des « plus grandes émeutes depuis des années », comme les qualifie le New York Times, sont largement relayées par de nombreuses publications.

« Les manifestations dégénèrent souvent en chaos en marge des cortèges et se transforment en affrontements avec la police en France », pointe le Financial Times. Mais, cette fois, « le niveau de pillages et de violence inquiète de nombreuses personnes ».

Il y a eu de nombreux pillages et casses à Paris, samedi. Photo Sipa/Elias Neil Benleulmi

Il y a eu de nombreux pillages et casses à Paris, samedi. Photo Sipa/Elias Neil Benleulmi

Pour le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, ce « chaos qui, en ce 17 octobre 2026, a surtout gagné les grandes villes du pays (...) restera sans doute une césure, un signal » et « le gouvernement y a aussi sa part de responsabilité ».

Malgré des marges de manoeuvre étranglées par la situation financière du pays, nombre de publications pointent le « manque d'empathie » d'un exécutif qui n'a pas su répondre aux attentes des lycéens, mobilisés depuis un mois pour de meilleures conditions d'enseignement, ni aux inquiétudes des Français face au coût de la vie.
Pour CNN, « les manifestations sont devenues le symbole d'une colère intergénérationnelle, longtemps contenue, parmi des personnes qui jugent que leurs appels à des changements sociaux et politiques restent sans réponse ».

Macron, un « crépuscule sans fin »

Les manifestations et leurs débordements consacrent aussi selon le New York Times la fin de règne d'Emmanuel Macron, qui ne peut pas se représenter « après une décennie au pouvoir qui a fini par être définie par la crise politique et la stagnation économique ». « À un sommet d'impopularité, Emmanuel Macron termine son second mandat sans majorité et sans relève », juge le quotidien suisse Le Temps, qui y voit un « crépuscule sans fin ».

Pour le quotidien espagnol El Pais, le 17 octobre « a signé l'acte de décès du macronisme » et « la disparition d'une idée politique qui entendait instaurer une centralité idéologique et contenir la montée des extrêmes ». Au lieu de cela, le duel entre la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen et le dirigeant de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, tous deux en tête des sondages au premier tour de la présidentielle, s'installe un peu plus.

Les « partis extrémistes » en profitent

Dans un pays « plus fracturé que jamais », « l'extrême droite (...) se trouve aux portes de l'Élysée pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale », écrit El Pais. « Ces déchaînements de violence ne profitent qu'aux partis extrémistes », abonde le Süddeutsche Zeitung, selon qui « Jean-Luc Mélenchon estime avoir les meilleures chances si le pays est polarisé au maximum. De son côté, l'extrême droite de Marine Le Pen profite aussi de cette situation ».

Certains dirigeants étrangers n'ont par ailleurs pas manqué de s'emparer des violences en France à des fins de politique intérieure. Ainsi, samedi sur X, le vice-président américain JD Vance a estimé, en commentaire d'une vidéo de la mairie de Limoges en flammes, que l'immigration était responsable des violences dans l'Hexagone. « Les progressistes occidentaux ont importé le tiers-monde en France au nom de la diversité et de la compassion » a-t-il écrit.

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