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L'image pourrait se retourner contre lui. Donald Trump a conclu son "Travel Blitz", selon les termes de la Maison-Blanche, de quelque trente meetings électoraux en un mois, par un ultime monologue, lundi 2 novembre, devant le Bassin réfléchissant (Reflecting Pool) à Washington.
Suite à l'installation d'un revêtement bleu, voulue par le milliardaire, des algues souillent ce plan d'eau qui s'étale sur plus de 600 mètres devant le Mémorial de Lincoln.
Pour les opposants à Donald Trump, ce saccage du site historique où Martin Luther King Jr. prononça son fameux discours I have a Dream ("Je fais un rêve") est le miroir du chaos qu'inflige le président des États-Unis tant à la capitale qu'à la démocratie américaine, à coups de décrets et de décisions à l'emporte-pièce.
Notre dossier spécial midterms 2026 : résultats, enjeux et analyses"Il a perdu la boule !"
En choisissant ce lieu emblématique comme décor d'une nouvelle harangue – d'une heure… – vantant ses grands travaux, Donald Trump est apparu déconnecté des enjeux réels de la campagne des élections de mi-mandat 2026 (midterms), dont l'inflation qui grève le quotidien de millions d'Américains.
Depuis l'été, persistant à se considérer comme le seul recours d'un Parti républicain menacé de déroute électorale, Donald Trump a mis en œuvre la recette qui a fait son succès auprès de sa base depuis un peu plus de dix ans : digressions, accusations fallacieuses ou fausses, insinuations insidieuses et nauséabondes, humour de vestiaire et insultes.
"Il a perdu la boule !", nous a lâché, sans détour, un petit entrepreneur texan qui a voté à trois reprises pour le milliardaire, sur foi de ses promesses fiscales, notamment. Il dresse un parallèle avec Joe Biden, "sénile" à la fin de son mandat.
Pourquoi Trump n'a plus la cote : "Il attire moins les foules que par le passé"Des trublions dans les meetings
D'autres vont plus loin : "Tu es un traître !" a hurlé un protestataire lors d'une prise de parole de Donald Trump, à Clemson (Caroline du Sud). Ce 21 octobre, une douzaine de manifestants ont été expulsés par les services de sécurité. Ils ont hué le Président dès sa prise de parole.
Ces interruptions ont émaillé la plupart de ses meetings – comme jamais jusqu'alors. Rien de surprenant pour un président dont le taux d'impopularité est le pire depuis Harry Truman en 1946 : près de 65 % des Américains désapprouvent son action.
Soutien aux sulfureux
Candidat de la rupture, lors de sa première campagne présidentielle en 2016, Donald Trump préfère soutenir les sulfureux, revendiquant même son influence sur ceux-ci. Il s'est notamment obstiné à défendre le spot de campagne le plus clivant de ces midterms 2026.
Le candidat républicain au poste de gouverneur de l'Ohio, Vivek Ramaswamy, a financé un spot dans lequel la mère de sa rivale démocrate, Amy Acton, qualifie celle-ci de "menteuse". Amy Acton n'a plus revu sa mère depuis l'âge de 12 ans, quand celle-ci a perdu la garde de ses enfants après que le beau-père de la Démocrate a été inculpé pour abus sexuels à son encontre.
Cette campagne a été largement condamnée, y compris dans les rangs du Parti républicain. Mais Donald Trump l'a défendue tout en affirmant avoir encouragé Ramaswamy à diffuser le spot. Selon certains, la séquence pourrait avoir eu un effet désastreux pour les Républicains.
Mission impossible pour les Démocrates au Sénat? Peut-être pasPersonnaliser le vote
"Faites comme si mon nom était sur le bulletin de vote", a pourtant répété Donald Trump, impénitent, meeting après meeting. Selon lui, d'ailleurs, les sondages seraient "totalement bidons". Le passé, à cet égard, lui a parfois donné raison, donc on se gardera de conclusions prématurées sur le scrutin.
Ce qui n'est pas bidon, par contre, c'est l'inflation que subissent de plein fouet des millions d'Américains. Le contraste est frappant et révélateur, à nouveau, entre cette réalité et la légèreté éhontée du Président sur le sujet.
Le 24 octobre, en Géorgie, le tribun a pu ainsi affirmer que les États-Unis "gagnent des centaines et des centaines de milliards, voire des milliers de milliards de dollars" grâce au pétrole. Les Américains constatent surtout l'augmentation du prix à la pompe du carburant, du fait du blocage du détroit d'Ormuz consécutif à la guerre contre l'Iran, décidée par le Président.
Pourquoi la participation électorale augmente aux États-Unis : "Beaucoup d'Américains estiment que le système politique ne fonctionne pas pour eux"L'hamburger à 5 000 dollars
Une semaine avant l'élection, au Texas, le milliardaire vantait encore "c'est l'âge d'or de l'Amérique". Deux jours plus tôt, un sondage CBS/YouGov indiquait que sept électeurs sur dix estiment que ses politiques font grimper les prix des produits alimentaires.
À sa promesse répétée – mais irréaliste – d'offrir un chèque de 5 000 dollars aux Américains si les Républicains conservent la majorité au Congrès, Donald Trump a invité les électeurs à venir le dépenser dans son complexe hôtelier de Mar-a-Lago.
Sauf que, a aussitôt ajouté le Président, "le problème, c'est qu'avec 5 000 dollars, le maximum que vous pourrez vous offrir, c'est un hamburger et peut-être un petit dessert. Non, n'y allez pas. Ce n'est pas un bon choix si vous faites attention à vos dépenses."
Vingt-huit jours de c…
La séquence, qui en dit long entre l'univers du Président et le quotidien de l'Américain moyen, a eu lieu au Texas, le 27 octobre. C'était la deuxième fois en quelques semaines que Donald Trump y venait, en soutien au candidat républicain au Sénat, Ken Paxton.
"D'habitude, je ne participe pas à deux meetings pour la même personne", a déclaré le Président. L'affirmation résonnait comme un aveu d'échec. "Vingt-huit jours d'affilée de ces c…, c'est beaucoup", a-t-il commenté – singulier aveu – le 30 octobre depuis la Floride. Manifestement, une large frange des électeurs n'en pense pas moins.
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