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Meurtre de Byron Carr : la perte de preuves par la police soulève de nombreuses questions

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Les questions se multiplient à Charlottetown depuis la libération, mardi, de Todd Irving, 59 ans, accusé du meurtre prémédité de Byron Carr, survenu en 1988. La Couronne a retiré toutes les accusations portées contre le suspect, parce que les services de police ont perdu des éléments de preuves clés.

Invité à apporter des précisions en entrevue mercredi, le chef par intérim de la police de Charlottetown, Darren MacDougall, a reconnu que la situation aurait pu être traitée différemment.

Avec le recul, concernant les événements des dernières quelques années, il est probable qu’il y ait eu un manque de transparence quant aux preuves relatives à la Couronne et aux enquêteurs. Il y a certainement eu une défaillance à ce niveau.

L’affaire, qui constituait le seul homicide non résolu de l’île depuis près de 40 ans, avait connu un rebondissement majeur en janvier 2024 grâce aux avancées de la généalogie génétique et à des analyses d’ADN.

Lors d’une audience préalable au procès en août dernier, les procureurs de la Couronne ont découvert que la police de Charlottetown avait égaré des preuves clés, notamment le couteau ayant servi à poignarder la victime et la serviette qui aurait été utilisée pour l’étrangler.

Un homme en complet gris est assis devant un fond bleu, sur un plateau de télévision.

Darren MacDougall, chef intérimaire de la police de Charlottetown, en entrevue sur le plateau de télévision de CBC à l'Île-du-Prince-Édouard, mercredi.

Photo : CBC

La disparition de ces éléments de preuve était connue des enquêteurs depuis la réouverture du dossier, en 2007.

Dans un communiqué, le ministère provincial de la Justice et de la Sécurité publique indique que son personnel communique avec le service de police de Charlottetown au sujet de cette affaire, afin de déterminer le périmètre d'un potentiel examen ciblé.

 Un examen ciblé peut concerner tous les services de police de l’Île-du-Prince-Édouard. Il permet d’identifier les cas de conformité et de non-conformité, ainsi que les pistes d’amélioration, est-il écrit.

De son côté, le chef Darren MacDougall croit qu’il serait important de procéder à un tel examen.

Nous devons simplement faire notre travail correctement, on doit montrer au public que c’est ce qu’on fait, dit-il.  Un examen de notre système de gestion des preuves, je suis ouvert à ça.

Une situation regrettable

Michael Arntfield, professeur et criminologue à l’Université Western et ancien enquêteur policier en Ontario, qualifie cette situation de très inhabituelle et de malheureuse.

Je ne vois pas de nouvelles accusations portées, à moins qu’ils ne retrouvent ces éléments, auquel cas je pense que toute crédibilité sera perdue.

On a donc quelqu’un qui est accusé de ça et qui se promène librement, la plupart des gens croyant aux preuves scientifiques qui le désignent coupable. C’est vraiment une situation regrettable, explique-t-il.

Bien que cette situation soulève des questions, il ne croit pas que la responsabilité des preuves disparues incombe aux enquêteurs actuels. Sachant que ceux-ci souhaitaient que justice soit rendue, il remet plutôt en question la décision de faire avancer le dossier en l’absence de ces éléments de preuve.

Michael Arntfield est assis devant des étagères remplies de livres.

Michael Arntfield, professeur et criminologue à l’Université Western et ancien enquêteur policier en Ontario, qualifie cette situation de très inhabituelle et de malheureuse.

Photo : Radio-Canada

Ce n’est pas un cas où un agent en uniforme, sous les feux des projecteurs, a fait une bêtise. Il s’agit d’une erreur très rare et regrettable qui, franchement, ne devrait pas avoir d’incidence sur la confiance du public envers la police, affirme-t-il.

S’il ne croit pas que la police a agi de mauvaise foi, il estime toutefois qu’elle aurait eu tout intérêt à en informer la Couronne au préalable. Si cela avait été fait ici, si la Couronne avait été impliquée dès le début, je pense que l’accent aurait été mis sur qu’est-ce que nous avons préservé afin de passer à l’étape suivante, dit-il.

Avec des renseignements de Laura Meader, Marine Ernoult, de l’émission CBC Compass, et de Nicola MacLeod, de CBC

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