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La rentrée a eu lieu, l’automne météorologique (*) a officiellement commencé, mais les fortes chaleurs jouent les prolongations. Un nouvel épisode de fortes chaleurs débute ce mercredi sur une grande partie du pays. Les températures pourraient atteindre voire dépasser les 35 °C ce week-end dans une large moitié sud, selon les prévisions de Météo-France, qui n’exclut pas le déclenchement de la vigilance orange canicule dans certains départements. « On peut qualifier cet épisode de remarquable, au moins sur les régions du Sud. On sera probablement 10 degrés au-dessus des normales de saison dans certaines régions et on va parfois être proche des records pour un mois de septembre », détaille Adrien Warnan, prévisionniste chez Météo-France.
Après un été record marqué par des canicules à répétition, ce nouvel épisode tardif préfigure-t-il un automne lui aussi inédit ? « Le fait d’avoir connu un été exceptionnellement chaud ne signifie pas automatiquement que l’automne sera exceptionnel lui aussi », nuance Davide Faranda, directeur de recherche au CNRS en climatologie. « En revanche, le contexte climatique de fond a changé : avec le réchauffement, les températures de départ sont plus élevées et les épisodes de chaleur peuvent désormais se produire plus tôt au printemps et plus tard dans l’automne », poursuit-il. « La chaleur des derniers étés est liée au réchauffement climatique, qui a également lieu en toute saison. On va de plus en plus vers un climat inconnu et des événements extrêmes », abonde Guillaume Séchet, météorologue et fondateur du site Météo-Villes.
La sécheresse devrait perdurer
Les prévisions météo ne permettent pas de faire des projections précises au-delà d’une dizaine de jours. Mais les premières tendances dégagées par les météorologues font pour l’heure état d’un automne a priori plus chaud que la normale, au moins en septembre et octobre, avec une incertitude sur la pluviométrie. L’état de sécheresse dans lequel se trouve actuellement la majorité du territoire français pourrait donc se prolonger. « Il y a un risque très réel que la sécheresse continue cet automne même s’il pleut. Il faut vraiment qu’il pleuve beaucoup sur plusieurs semaines pour qu’on rattrape cet état de sécheresse remarquable », note Adrien Warnan.
La sécheresse des sols laisse craindre la survenue d’inondations cet automne et hiver, lorsque les précipitations reprendront. Photo d'illustration Sipa/Hubert Barré
Ce n’est pas une bonne nouvelle : « à l’automne, lorsque les perturbations reviennent, cela peut créer un contraste important entre une atmosphère encore chaude et humide et des sols qui ont perdu une partie de leur capacité à absorber l’eau. Cela peut favoriser des épisodes de pluies intenses et, selon les configurations, des inondationns », explique Davide Faranda.
Une mer Méditerranée très chaude
L‘été le plus chaud jamais enregistré en France a aussi laissé des traces. La mer Méditerranée a ainsi connu ses mois de juin et juillet les plus chauds jamais enregistrés, avec une température moyenne de surface de la mer de 24,3 °C en juin et de 27,07 °C en juillet, selon les données de Copernicus Marine. « Il y a environ un mois de retard entre le maximum de température de l’air et le maximum de température de l’eau de mer, donc la mer atteint généralement son maximum vers la fin du mois d’août ou début septembre », précise Guillaume Séchet, météorologue et fondateur du site Météo-Villes. Avec le rebond de températures attendu ces prochains jours, la mer Méditerranée ne devrait donc pas redescendre de sitôt.
La température de la mer Méditerranée le 14 août à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Photo Sipa/Syspeo
Cela pourrait également favoriser la survenue d’épisodes méditerranéens (précipitations abondantes et brutales) au cours de l’automne. « Une mer très chaude fournit davantage d’énergie et d’humidité à l’atmosphère. Lorsque de l’air plus froid arrive en altitude, le contraste peut devenir très important et favoriser une forte instabilité. Dans certaines configurations, cela peut alimenter des épisodes méditerranéens avec des précipitations extrêmement intenses », indique Davide Faranda. Et ce n’est pas tout : une mer très chaude peut aussi contribuer à la formation d’une tempête. « Quand la mer est très chaude, il y a des formes de cyclones tropicaux qui se forment sur la Méditerranée et sont liés à la chaleur de la mer », confirme Guillaume Séchet.
La mairie de Montpellier (Hérault) se prépare d’ailleurs à la possible survenue d’épisodes climatiques extrêmes : le maire PS Michaël Delafosse a réuni lundi plusieurs élus pour faire un point de situation. « Nous ne pouvons pas savoir précisément comment la météo va évoluer et notre intention n’est pas de faire peur. Mais les conditions sont réunies pour que nous soyons impactés par des épisodes violents, nous devons nous préparer », a déclaré l’édile, cité par Actu Occitanie.
Des conditions atmosphériques incertaines
Mais tout dépendra des conditions atmosphériques des prochaines semaines. « Pour qu’un épisode méditerranéen se produise, il faut aussi qu’il y ait des descentes froides puisque c’est le contraste entre l’air froid en altitude et la température de l’eau de mer. Pour l’instant, il n’y en a pas de prévu », note Guillaume Séchet. « En 2022, la Méditerranée était déjà très chaude mais il n’y a pas eu de déclenchement atmosphérique propice à la survenue de tels épisodes et on n’a pas eu un automne particulièrement marqué par les épisodes méditerranéens », se souvient également Adrien Warnan.
« On peut tout à fait avoir un automne calme. Le changement climatique augmente les probabilités et modifie les conditions de fond, mais il ne supprime pas la variabilité naturelle de la météo. On peut donc avoir, après un été exceptionnel, plusieurs semaines d’automne parfaitement normales ou même relativement calmes », confirme Davide Faranda.
(*) En météorologie, l’automne couvre les mois de septembre, octobre et novembre.


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