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Les deux pieds dans l'eau, des bénévoles et l'équipe de Memphrémagog Conservation se sont activés vendredi dans la baie Fitch. Leur objectif est d’éliminer le phragmite, une espèce exotique envahissante, qui menace la biodiversité du lac Memphrémagog.
La biologiste et directrice générale de Memphrémagog Conservation, Ariane Orjikh, raconte que l'an dernier, près d'une tonne de phragmite a été retirée des berges du lac. Elle s'attend à ce qu'une quantité similaire soit amassée cette année.

Ariane Orjikh est biologiste et directrice générale de Memphrémagog Conservation (MCI).
Photo : Radio-Canada / Élyse Tessier
Le phragmite, aussi connu sous le nom de roseau commun, est une longue tige avec, à son bout, un plumeau, généralement doré. D'origine asiatique, l'espèce a été introduite au Québec au début des années 1900. Si elle se limitait jusqu'en 1965 aux berges du Saint-Laurent, on en retrouve maintenant partout.
« On le voit souvent sur le bord de nos autoroutes, si vous ouvrez l'œil un petit peu, vous allez en voir, il y en a beaucoup! », commente la biologiste.
Ça prend vraiment toute la place quand ça envahit un endroit. Et aussi pour la faune, ça change complètement l'habitat de nos animaux. Pour les oiseaux, c'est difficile de nicher.

On retrouve du phragmite, ou roseau commun, un peu partout au Québec.
Photo : iStock
La baie Fitch est un milieu humide, un « haut lieu de biodiversité ». On y retrouve des oiseaux aquatiques, des rats musqués, plusieurs espèces de poissons qui viennent y frayer aussi. C'est donc essentiel pour l'équipe de préserver son écosystème.
L'opération
Il faut la couper sous le niveau de l'eau parce que la tige est creuse. L'eau entre dans la tige et ça permet de tuer les plants. Sinon, on les arrache aussi à la main, raconte Ariane Orjikh.
On les met dans un tapis flottant dans un canot et on les transporte ici devant le conteneur, on les met dans le conteneur et on va les porter au site d'enfouissement. Malheureusement, on peut pas les composter vu que ça pourrait se propager davantage.

C'est une opération assez physique, de retirer le phragmite de l'eau.
Photo : Radio-Canada / Élyse Tessier
La lutte aux espèces exotiques envahissantes
Cette année, l'organisme intensifie ses efforts grâce à une subvention de 40 000 $ de la Fondation de la faune du Québec, financée en grande partie par le gouvernement du Québec.
Nous pouvons maintenant faire cinq jours de contrôle par été pour tenter d'éradiquer la plante dans la baie Fitch, souligne Ariane Orjikh.
Mais la situation n'est pas aussi reluisante partout. Par exemple, au lac Massawippi, l'organisme de conservation a annoncé plus tôt cette année qu'elle devait complètement cesser ses sorties de contrôle de la moule zébrée, faute de financement.

Une moule zébrée récupérée au lac Massawippi en 2021.
Photo : Radio-Canada
D'après le coordonnateur de l'équipe des espèces exotiques envahissantes pour le RAPPEL, Jérémie Isabelle, les actions de prévention sont essentielles dans la lutte aux espèces aquatiques envahissantes.
« Même si vous avez, par exemple, du roseau commun ou du myriophylle à épis dans votre lac, bien, il y a d'autres espèces aussi qui peuvent arriver dans votre lac. Donc, c'est vraiment important de savoir comment bien laver votre embarcation, par exemple, éviter d'avoir du remblai contaminé qui viennent sur votre territoire », dit-il.
« Mais comment on fait tout ça? Comment on fait pour prévenir ce monde-là, les sensibiliser à ça? Comment rejoindre tout le monde? »

Prévenir l'introduction d'espèces exotiques envahissantes serait la meilleure façon de les contrôler.
Photo : Radio-Canada / Sébastien Prieur
Des actions sont en cours. Par exemple, le Conseil régional de l'Environnement de l'Estrie travaille de pair avec les autres conseils régionaux du sud du Québec et avec le ministère de l'Environnement pour mettre en place une Stratégie de sensibilisation et de contrôle des espèces exotiques envahissantes.
« Mais du financement relié à la prévention et à la sensibilisation, il devrait toujours en avoir plus », conclut Jérémie Isabelle.


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