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En première période du troisième match, le centre du Lightning de Tampa Bay Anthony Cirelli a effectué 11 présences sur la patinoire.
Onze présences en une période, c’est beaucoup pour un attaquant.
La moyenne de ses présences au premier tiers a été de 23 secondes. C’est très peu, environ la moitié de la durée habituelle des présences de bien des joueurs talentueux.
Le portrait n’a pas été tout à fait le même en deuxième période, entre autres en raison du long changement, mais une chose est claire : même si la série s’est transportée à Montréal, l’entraîneur-chef du Lightning Jon Cooper est resté déterminé à envoyer le trio de Cirelli dans la mêlée contre celui de Nick Suzuki.
Et la stratégie a continué de payer, car le premier trio du Canadien a une fois de plus été muselé à égalité numérique. Le Lightning est en retard 2-1 dans la série, mais Cooper juge néanmoins qu’il a là une formule gagnante.
C'est le plan de match qu’on a mis en place. Je ne prétendrai pas que tout fonctionne pour nous jusqu’à présent, mais ce bout-là a assurément fonctionné. Ils connaissent leur rôle et ils le remplissent admirablement bien.
Cirelli et son complice Brandon Hagel sont deux des meilleurs attaquants de la Ligue nationale dans les deux sens de la patinoire. Cirelli est souvent perçu comme un candidat au trophée Selke en raison de son rôle à Tampa Bay, mais il s’acquitte du même genre de tâche lorsqu’il enfile le chandail du Canada.
Même si le Canadien avait le dernier changement dans le match de vendredi, c’est Cooper qui a poussé le plus fort sur le crayon pour avoir les confrontations qu’il voulait. On a même senti à un certain moment du match que Martin St-Louis avait un peu renoncé à l’idée de soustraire absolument le trio de Suzuki des griffes de Cirelli.
Non seulement a-t-il confiance à la profondeur de ses autres trios, mais il y voyait un autre avantage.
J’ai trouvé que notre équipe avait plus de rythme parce que je ne retirais pas mes joueurs de la glace, a observé St-Louis après la victoire de vendredi. Je pense qu’avoir du rythme est important.
C’est vrai que d’être toujours en train de demander à un trio de sauter sur la glace, de dire oh non, revenez, puis okay, à votre tour encore, cela risque d’embêter non seulement la cadence de match de l’unité de Cirelli, mais des quatre trios du Lightning.
Cela dit, cela fait des années que le centre de 28 ans se fait confier ce genre de mission de temps à autre.
C'est mon travail en tant qu'entraîneur de trouver le juste équilibre entre les laisser jouer naturellement et de trop les diriger (en anglais : overcoaching), a expliqué Cooper. C'est là qu'il ne faut surtout pas franchir la ligne.
Cirelli et Hagel ont sans doute été nos deux meilleurs joueurs dans cette série, donc c’est difficile de critiquer leur prestation, a indiqué Cooper. Ils ont été formidables, peu importe qu'ils jouent dans le mouvement naturel des matchs ou qu'ils soient lancés dans la mêlée, puis retirés.
Avec la complicité des autres trios
Cirelli a été sur la glace pour 31 des 45 minutes qu’a joué Suzuki à 5 contre 5 depuis le début de la série. Le Canadien n’a pu générer que quatre tirs au but durant ce temps-là, et il en a ajouté un cinquième dans la trentaine de secondes de plus durant lesquelles Hagel a affronté Suzuki sans que Cirelli soit sur la glace.
Le Lightning, pendant ce temps, a cadré 10 lancers, et il a surtout marqué 3 buts.
L’idée de talonner les gros canons du Canadien fonctionne. Mais à l’étranger, surtout, cela nécessite que les autres trios du Lightning soient partie prenante de la stratégie pour aider à ce que cela se matérialise.
Tout le monde sait qu’on recherche cette confrontation. Tony est l’un de nos meilleurs défenseurs et Suzuki est lui aussi un sacré joueur, donc on veut continuer à les frustrer le plus possible.
Quant aux autres trios, on s’en est déjà parlé et ça ne nous affecte pas vraiment mentalement, a poursuivi Goncalves. Peut-être qu’après la mise en jeu, on va regarder un peu plus vers le banc. Si l’on a le choix d’envoyer la rondelle en fond de territoire ou de faire un jeu, et qu’on voit ce trio-là sauter sur la glace, on va l’envoyer dans le fond.
Tout ça va de pair, mais c’est sûr qu’on jette un coup d’œil au banc et qu’on s’assure d’écouter Coop, a-t-il renchéri.

Zachary Bolduc et Kirby Dach
Photo : Canadien de Montréal
Vers une égalité des meilleurs trios?
Par moments, Cooper s’est mis à insérer Nikita Kucherov aux côtés de Hagel et de Cirelli. Il faut dire que la chimie de Kucherov avec son centre habituel, Brayden Point, va et vient cette année, pendant que Point négocie avec divers bobos.
Durant les 341 minutes à 5 contre 5 qu’a passé Kucherov avec Hagel et Cirelli en saison, leur trio a obtenu 77,8 % des buts (22 contre 8) ainsi que 61,4 % des occasions dangereuses. Ils ont formé ensemble l’unité la plus menaçante du Lightning cette saison.
La tâche devient d’autant plus ardue pour le trio de Suzuki lorsque Kucherov s’ajoute à son cahier de charge. Le premier trio du Canadien s’expose non seulement à être muselé en attaque, mais aussi à devoir défendre davantage.
En revanche, si le trio de Suzuki parvenait à tout le moins à faire jeu égal contre ces trois-là, d’autres trios du côté de Montréal pourraient faire la différence.
Après tout, c’est Josh Anderson qui a été le meilleur attaquant du CH à forces égales lors des deux premiers matchs, et c’est le trio de Kirby Dach qui a été le plus dangereux vendredi.
Dans l'ensemble, ils ont une bonne équipe, il faut se méfier de tout le monde, surtout en séries, a souligné le défenseur Erik Cernak. Les joueurs des troisième et quatrième trios, ils vont chercher leurs buts.
N’est-ce pas là une thématique récurrente des séries, que les meilleurs trios s’égalisent souvent et que c’est dans la capacité des joueurs de soutien à faire la différence qu’une série se décide?
C’est la raison pour laquelle le réveil dramatique de Dach dans le troisième match pourrait être si significatif s’il réussissait à répéter ce genre de performance.
Cela dit, Martin St-Louis n’est pas dupe; il sait que les succès de son équipe passent par un premier trio capable de mettre son empreinte sur les matchs.
C’est pourquoi il va continuer de travailler sur le processus en espérant que les résultats suivent. Ce ne sont que sept matchs, et il y a un danger à vouloir s’obstiner en attendant que ça débloque, mais St-Louis a prouvé avec Dach que maintenir confiance en ses effectifs peut rapporter.
Ces gars-là vont toujours jouer un rôle important dans notre succès, qu’ils s’inscrivent à la feuille de pointage ou non, parce qu’ils accumulent les minutes contre de très bons joueurs, a-t-il plaidé.
Ils vont être corrects.
Suzuki, pour sa part, tente de demeurer calme par rapport à une situation qui est devenue frustrante pour son trio.
Honnêtement, je trouve qu’on a plutôt bien joué, a soutenu le capitaine après la rencontre. Au fil du match, on s’est peut-être mis à trop réfléchir. Il se dit beaucoup de choses et l'on se met beaucoup de pression sur nous-mêmes pour performer comme on en est capables.
Je trouve qu’on a eu de belles occasions toute la soirée. Cole a failli mettre fin au match en prolongation. Ils ont mis en place une stratégie très rigide contre notre trio. Il faut juste qu’on trouve le moyen de passer à travers ça.


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