NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Le 24 juillet 2024, malgré les efforts des pompiers, un terrible brasier aux flammes de 100 mètres de hauteur pénétrait dans le village touristique de Jasper, en Alberta, dont 25 000 personnes avaient été évacuées deux jours plus tôt. Des centaines de bâtiments seraient bientôt réduits en cendres.
« Un tiers de notre village a été brûlé », raconte Richard Ireland, le maire de Jasper, qui a lui-même perdu sa maison (et ses photos familiales) dans la catastrophe. « Le feu n’a pas seulement détruit des maisons et des commerces : il a aussi totalement sapé notre économie locale, qui, en temps normal, contribue fortement à l’économie provinciale, et même à celle du pays. »
Depuis l’an dernier, M. Ireland s’implique activement au sein d’un regroupement de près de 300 élus municipaux qui réclame une accélération de l’action climatique au Canada. La campagne Retroussons-nous les manches pour le climat, créée au printemps 2025, organise d’ailleurs un sommet jeudi à Edmonton, en marge du congrès de la Fédération canadienne des municipalités.
« Nous reconnaissons que le Canada a besoin de grands projets nationaux — mais construire la nation ne doit pas vouloir dire de la brûler », assène M. Ireland, qui en a assez des énergies fossiles.
Les élus du groupe proposent en effet cinq grands chantiers pour la confédération : doubler la production d’électricité (ce qui rejoint une annonce récente d’Ottawa) ; construire des millions de logements hors marché et écoénergétiques ; rénover les logements des ménages à faibles revenus ; bâtir un système national de train à grande vitesse et d’autobus ; et mettre en œuvre une stratégie canadienne de résilience, d’intervention et de construction climatique.
Pour financer ces chantiers, le groupe — coprésidé par Valérie Plante et David Miller, les anciens maires de Montréal et de Toronto, respectivement — propose des stratégies qui n’ont certainement rien pour plaire à l’industrie albertaine du pétrole et du gaz.
Il s’agit d’imposer une nouvelle taxe sur les « dommages climatiques » aux entreprises pétrogazières ; de mettre un terme aux subventions fédérales à l’industrie fossile (10 milliards en 2025) afin de réaffecter cet argent ; et de créer une banque publique de développement axée sur la décarbonation, qui générerait à la longue des revenus pour l’État.
Même si le contexte albertain présente des « défis », en matière d’action climatique, M. Ireland ne pouvait pas rester les bras croisés. Il ne veut pas d’un avenir « où on continue de brûler des combustibles fossiles pour le chauffage et l’électricité ».
Agir pour l’avenir
Andrew Knack, le maire d’Edmonton — une ville aux prises avec les inondations et emboucanée par les feux de forêt — désire aussi une accélération de l’action climatique.
« Il est évident qu’une transition importante est en train de survenir dans le monde au chapitre des ressources naturelles », affirme M. Knack, qui ne fait pas partie des manches retroussées, mais qui participera à l’événement de jeudi. Les dirigeants peuvent « essayer de maintenir le statu quo », dit-il, ou « élaborer un plan pour l’avenir, en accompagnant les travailleurs de l’industrie pétrogazière ».
Quant aux subventions aux entreprises de l’énergie fossile, « il faut les rediriger [vers d’autres projets] — à moins d’augmenter les taxes et les impôts sur les particuliers, mais je ne crois pas que les gens désirent cela », dit le maire d’Edmonton.
L’argent public doit servir à améliorer l’offre en habitation et en transport durable, pense M. Knack, qui fréquente les pistes cyclables de la capitale albertaine. « Le vélo est mon moyen de transport principal, poursuit-il. Je fais ce choix pour ma santé, mais aussi parce que cela me permet d’économiser environ 10 000 $ par année, ce qui est le coût d’une voiture. Dans une crise de l’abordabilité telle que nous vivons, donner de tels choix aux gens leur permet d’agir concrètement sur leur portefeuille, tout en contribuant à la lutte contre les changements climatiques — qui reste une priorité, même si elle occupe moins l’esprit des citoyens. »
Jeudi avant-midi, environ 70 élus (en personne et en ligne), dont une dizaine du Québec, doivent participer à une discussion à huis clos organisée par Retroussons-nous les manches pour le climat. Quelque 160 personnes sont attendues en après-midi dans le cadre d’un événement ouvert à tous.
Parmi les signataires de la campagne, on retrouve entre autres des maires du Québec (Gatineau, Montmagny, Varennes, Terrebonne, Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park, Prévost), de l’Ontario (Windsor, Waterloo, Hamilton, London), de la Colombie-Britannique (Squamish, Burnaby, Prince George) et de l’Alberta (Banff, Canmore, Jasper). Le groupe dit représenter près de la moitié de la population canadienne.
Alors que le gouvernement de Mark Carney fait la promotion des projets de gaz naturel liquéfié et d’oléoducs, le climat continue de se réchauffer. Et le reste du monde vire vite vers les énergies renouvelables, moins chères et moins vulnérables aux aléas géopolitiques.
Les deux maires albertains interviewés par Le Devoir ne critiquent pas frontalement Ottawa. Même s’ils n’appuient pas toutes les décisions de M. Carney, ils sont sensibles à son approche pragmatique. Et ils ont encore espoir de voir le fédéral jouer un rôle positif dans la lutte climatique, notamment en épaulant les municipalités.
Les députés fédéraux « comprennent les enjeux », rapporte M. Ireland, qui discute avec certains élus de la Chambre des communes. « Le gouvernement se concentre sur l’économie, quitte à mettre en veilleuse les questions environnementales. Nous devons insister sur le lien entre ces deux aspects, qui sont indissociables : nous ne pouvons pas avoir de souveraineté économique si notre pays part en fumée autour de nous. »


20 hour_ago
47



























.jpg)






French (CA)