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Politique 27/02/2026 09:55 Actualisé le 27/02/2026 11:10
Jean-Luc Mélenchon a balayé les critiques, venues y compris de la gauche, estimant que « l’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet ».

OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Jean-Luc Melenchon à Lyon le 26 février 2026.
Déjà sous le feu des critiques depuis la mort du militant identitaire à Lyon, Jean-Luc Mélenchon s’est attiré un nouveau procès, cette fois en antisémitisme, en se rendant dans la ville. Lors d’un meeting dans le cadre des municipales jeudi 26 février, le triple candidat à la présidentielle a suscité l’indignation près avoir ironisé sur la prononciation du nom « Epstein », le criminel sexuel new-yorkais, dont le dossier éclabousse des responsables économiques et politiques du monde entier.
« Je voulais dire “Epstine” pardon, ça fait plus russe “Epstine” », a lancé le leader insoumis dans un meeting à Lyon dans la soirée. « Alors maintenant, vous direz Epstine au lieu d’Epstein, Frankenstine au lieu de Frankenstein », a-t-il poursuivi avant d’ajouter : « eh bien voilà, tout le monde comprend comment il faut faire », devant une salle hilare.
« N’en déplaise à Jean-Luc Melenchon, un élève de 5ème sait qu’en anglais, “Epstein” se prononce “Epstine”. Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain... à l’américaine », a estimé sur X le président du Crif Yonathan Arfi. « Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents antisémites », a-t-il ajouté.
« C’est évidemment les codes de l’antisémitisme, c’est inadmissible », a estimé de son côté l’ancien ministre des Finances Éric Lombard sur RTL, tandis que la ministre déléguée à l’Egalité femme-homme Aurore Bergé (Renaissance) affirmait sur X que « l’antisémitisme en France s’écrit en trois lettres : L-F-I ».
Mélenchon dément tout antisémitisme
Au PS également, la sortie a indigné. « Est antifasciste celui qui combat le fascisme, pas celui qui en réutilise les ressorts les plus dangereux », a tweeté son premier secrétaire Olivier Faure. Il faisait référence dans le même temps aux prises de position récentes de LFI pour son député Raphaël Arnault pourtant fondateur du groupe antifa La Jeune Garde impliqué dans le meurtre du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon.
« Depuis combien de décennies un responsable politique n’avait-il fait rire une salle en égrenant des noms juifs, en insistant sur leur prononciation, avec un rictus de haine ? Ça n’a plus rien à voir avec Gaza. Ça n’a à voir qu’avec l’antisémitisme le plus terrifiant », a dénoncé la sénatrice socialiste Laurence Rossignol sur X. « Non mais ça va pas non ! Vraiment, rien ne va dans ces propos. Rien. Ça suffit maintenant », s’est exclamée de son côté la cheffe des Écologistes Marine Tondelier, réclamant « des excuses ».
La polémique a enflé jusqu’au plus haut sommet de l’exécutif. Sans mentionner directement Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron a repartagé sur X un extrait de son discours en hommage à Ilan Halimi, où il évoquait « l’antisémitisme d’extrême gauche (...) qui le dispute à celui de l’extrême droite. » Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a lui condamné « des propos abjects ». Jean-Luc Mélenchon « se défend de leur caractère antisémite, je crois qu’il joue sur l’ambiguïté et c’est une ambiguïté qui n’en est pas vraiment une », a-t-il déclaré devant la presse au cours d’un déplacement à Angers.
Face à ces accusations, Jean-Luc Mélenchon s’est défendu de tout antisémitisme en s’appuyant - une fois n’est pas coutume - sur la presse. « L’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet », a-t-il réagi sur X, avant de pointer que « la façon de prononcer ce nom a fait l’objet de nombreux articles de presse sans soulever aucune polémique ». Dénonçant une réaction « consternante de ceux qui y voient de l’antisémitisme », il a accusé « ceux qui veulent nous faire taire à force de menaces et d’insultes à tous propos » de participer à « la brutalisation de la vie politique », une critique souvent faite à l’encontre de LFI par ses opposants.
« Notre camp est celui de l’égalité des êtres humains et du refus absolu de toutes les formes de racisme et d’antisémitisme. Foutez-nous la paix et retourner à vos petites combines pourries pour tenter de faire de la France insoumise l’ennemi public numéro 1 », a tonné en parallèle Manuel Bompard.
Alors que les noms de politiques françaises apparaissaient, avec des implications diverses, dans l’affaire Epstein, la France insoumise avait réclamé la création d’une commission d’enquête pour évaluer de « potentielles ingérences ». Une demande refusée par la présidente de l’Assemblée nationale.


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