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Mediapart publie de nouveaux mails « Epstein » : Les documents contredisent la défense de Jack Lang et Caroline Lang

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Un document de conformité bancaire daté de décembre 2016 détaille la mise en place de Prytanee, LLC

673. C’est le nombre de fois où le nom de Jack Lang apparaît dans des documents liés à Jeffrey Epstein, selon Le Monde.
À partir de là, tout devient explosif : un ancien ministre emblématique, toujours à la tête de l’Institut du monde arabe (IMA), se retrouve entraîné dans une affaire mondiale où chaque courriel compte.

Prytanee LLC : la société offshore qui a mis le feu aux poudres

Le nœud du dossier côté français, c’est Prytanee LLC, une société enregistrée aux îles Vierges américaines, créée en 2016 autour d’un projet d’achat et revente d’œuvres d’art.

Selon Le Monde (qui s’appuie notamment sur les révélations de Mediapart), Caroline Lang détient la moitié des parts, Jeffrey Epstein l’autre moitié, mais Epstein aurait apporté 100 % des fonds. Les comptes auraient été crédités à hauteur de 1,4 million de dollars (environ 1,2 million d’euros).
Toujours selon Le Monde, la société est dissoute en avril 2020, à la demande de Caroline Lang.

Caroline Lang, de son côté, affirme n’avoir “jamais reçu un cent”.

“Je ne savais pas” : la ligne de défense au crash-test des emails

Jack Lang explique publiquement avoir été naïf et assure ne pas avoir mesuré qui était Epstein à l’époque.
Mais c’est précisément là que les documents deviennent gênants : Le Monde rapporte que Jack Lang a été copié sur des échanges concernant la gestion de Prytanee, tandis que lui soutient que son nom aurait pu être utilisé dans les statuts “probablement pour attirer des clients”.

Dit autrement : la défense joue la distance, les courriels donnent l’impression d’une proximité — et c’est ce décalage qui nourrit l’affaire dans l’opinion.

« Etienne Binant est le gérant initial de la société… il est le seul gérant. »

Ce n’est pas une rumeur, ni une formule vague : c’est écrit dans un échange de conformité bancaire daté du 20 décembre 2016, au sujet de Prytanee, LLC, une structure présentée comme un “art fund” à “onboarder” (ouvrir/mettre en place). Dans l’affaire Epstein côté français, c’est exactement ce qui manquait pour sortir du flou : qui gère, qui possède, qui bénéficie.

Le document provient d’un échange intitulé “Art Fund Account” : Darren Indyke répond à des demandes “KYC” (les pièces exigées par une banque pour vérifier l’identité et la structure d’un client).

Étienne Binant : manager unique, responsable de la gestion

Le cœur du document est là. Il précise que l’Operating Agreement montre qu’Étienne Binant est le “initial manager”, “avec la responsabilité de gérer la société”, et que c’est le seul manager (donc pas de résolutions supplémentaires, puisqu’il n’y a “pas eu d’autre nomination”).

Dans une histoire où chacun jure être “loin” des décisions, ce passage fait l’effet d’un clou : Binant n’est pas un figurant, il est présenté comme le pilote.

L’autre moitié du montage est décrite sans détour : 50% de Prytanee appartient à The Pierre Trust, et ce trust est relié à Paris, “c/o Ms. Caroline Lang, Trustee” (adresse rue du Vieux-Colombier).

Le document ajoute une précision lourde de sens : “Currently the sole beneficiary is… Ms. Caroline Lang.” Puis, après sa mort, ses enfants deviennent bénéficiaires.

En clair : dans cette pièce, Caroline Lang n’apparaît pas comme une simple connaissance citée de loin. Elle est au centre d’un trust qui détient 50% de la structure, et elle en est bénéficiaire.

Pourquoi le Quai d’Orsay intervient : l’IMA, une institution d’État très exposée

Jack Lang préside l’Institut du monde arabe depuis 2013, un établissement étroitement lié à la diplomatie française (avec une gouvernance où siègent aussi des États arabes).
Conséquence logique : quand le nom du président de l’IMA se retrouve au centre d’un scandale international, l’État veut des explications. Le Monde indique que Jack Lang a été convoqué pour s’expliquer au ministère des Affaires étrangères.

Et la pression n’est plus seulement médiatique : le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête visant Jack Lang et sa fille, selon France 24.

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