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Paula Sanders a 40 ans et veut repartir à zéro. Mais dans Maximum Pleasure Guaranteed, cette mère divorcée et vérificatrice de faits pour un journal new-yorkais se retrouve plutôt au cœur d’une affaire de chantage après avoir assisté en direct à l’agression du travailleur du sexe à qui elle a recours lors d’un appel vidéo.
« Pendant mon audition, je ne savais pas vraiment qui Paula était, et cette sensation, qui a parcouru tout mon corps, m’a donné envie d’en savoir plus sur elle », confie l’actrice canadienne Tatiana Maslany (Orphan Black), qui prête ses traits à la protagoniste, pendant une entrevue virtuelle avec Le Devoir. « J’avais l’impression qu’il y aurait beaucoup à découvrir », ajoute-t-elle.
L’auteur-producteur David J. Rosen (Hunters) construit ainsi avec sa nouvelle série un thriller contemporain inspiré de Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock, où voyeurisme, atmosphère suffocante, amour, jalousie et solitude s’entrechoquent.
« Je pense que c’est la volatilité de Paula qui m’a séduite, le fait qu’elle soit imprévisible et qu’elle fonctionne un peu dans le chaos tout en essayant de maintenir sa vie tant bien que mal », précise Tatiana Maslany. Paula Sanders a le cœur brisé et se retrouve en effet dans un appartement qu’elle peut à peine se payer tandis qu’elle navigue dans une bataille pour la garde de sa fille et tente d’obtenir une promotion qui tarde à venir. « Traverser ça à 40 ans, ce n’est pas comme dans la vingtaine. On a un regard différent sur soi-même, un seuil de tolérance à la peine d’amour différent. Et on peut être rouillé côté fréquentations, côté connexion avec les autres », mentionne l’actrice. Et de poursuivre, avec une certaine ironie : « Enfin, je dis ça, mais je viens juste d’avoir 40 ans moi-même. Alors je me dis : “Oh là là, c’est presque le milieu de la vie, non ?” Ça fait bizarre. »
De fait, Maximum Pleasure Guaranteed soulève des questions sur le désir féminin et ses conséquences. À l’écran, Paula Sanders doit constamment se justifier — comme mère, comme employée, comme partenaire, comme femme qui veut exister pleinement et simplement. « Elle est toujours en train de se dépasser et ça ne suffit jamais, souligne Tatiana Maslany. Et ça, ça remue quelque chose. Les gens peuvent regarder ça et y voir un écho à leur propre vie. » Est-ce une série féministe pour autant ? L’actrice hésite. « Je suis sûre que certains la percevraient comme féministe. Je ne saurais pas trop comment l’étiqueter, mais l’idée d’être punie pour son désir, pour vouloir le poursuivre, est clairement un thème récurrent de la série », répond-elle.
En tension permanente
Au fil des épisodes, Paula Sanders réserve en outre bien des surprises au public. Est-elle la femme que l’on croit avoir cernée ? Un accident révèle une autre facette d’un personnage qui ne semble pas tout à fait honnête. « Le fait de savoir que Paula ne dit peut-être pas toute la vérité là-dessus, c’était intéressant à jouer. Ça crée une belle tension. D’autant plus qu’à la fin, il y a encore une autre pirouette. Tout ça était vraiment complexe et jouissif à explorer », se souvient Tatiana Maslany.
Face à l’actrice, Jake Johnson (New Girl) incarne Karl Hendricks, l’ex-mari de Paula Sander, un personnage avec lequel la tension est également permanente. « La relation entre ces deux-là, c’est un véritable champ de mines. Ils peuvent très bien avancer ensemble dans une direction, mais si l’un d’eux dévie, ils savent que ça va faire exploser l’autre. Ce sont deux personnes qui se connaissent trop bien, qui savent exactement sur quels boutons appuyer. Jake et moi, je pense qu’on a instinctivement compris cette dynamique », affirme l’actrice. Tatiana Maslany salue à ce propos le travail considérable de l’équipe de montage, qui met en évidence la complexité de leur lien après la rupture : « Certaines prises étaient beaucoup plus tendres, d’autres complètement tourmentées. Ils ont fait un travail magnifique pour rendre tout ça réel. »
Quant au ton général de la série — assurément déstabilisant et qui se situe quelque part entre comédie noire, suspense haletant et horreur menaçante —, Tatiana Maslany admet s’être posé la question dès le départ. « Dans quel genre est-on ? À quoi a-t-on affaire ? La réponse n’a jamais été explicite. C’était toujours : tout est possible. »
L’actrice cite notamment la performance de Dolly de Leon (Triangle of Sadness), qui joue la détective Sofia Gonzales, comme exemple de cette capacité à habiter plusieurs registres à la fois. « Elle est incroyable dans sa façon d’articuler quelque chose de très direct avec de petites touches d’humour », dit-elle. Cet équilibre, l’actrice l’attribue à un travail collectif sur le plateau. « On a pu évoluer dans des territoires très différents parce que c’était vraiment bien écrit, et pas de manière excessive, et qu’on avait beaucoup de liberté. »


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