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Mashteuiatsh entend obtenir le droit de se soustraire à l'application de la Loi sur la protection de la jeunesse du Québec. En vertu d'une réglementation fédérale, la communauté a adopté sa propre loi en matière de services à l'enfance et à la famille, vendredi.
La communauté innue du Lac-Saint-Jean souhaite ainsi se doter d’un service de protection de la jeunesse mieux adapté à ses valeurs, ses traditions et son mode de vie.
La loi, nommée Uashteshkuau Tipelitamun, est le résultat de trois ans de travail.
Le chef de la communauté de Mashteuiatsh, Jonathan Germain, se réjouit de cette première étape.
Aujourd'hui, c'est l'amorce de l'entrée en vigueur de notre propre loi sur la protection de l'enfance et de la jeunesse. Pour nous, c'est une preuve d'autodétermination qu'on a voulu démontrer en prenant sous notre responsabilité, en prenant vraiment la charge complète de la protection de notre enfance, a souligné M. Germain en entrevue à Radio-Canada.

Le chef des Pekuakamiulnuatsh, Jonathan Germain, se réjouit de pouvoir entamer ce processus. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Un accord tripartite entre Ottawa, Québec et le conseil de bande doit encore être signé pour que la loi soit officiellement en vigueur.
Une entente de ce genre a été signée vendredi entre les deux paliers gouvernementaux et la communauté de Uashat mak Mani-utenam, sur la Côte-Nord. Opitciwan, en Mauricie, avait aussi mené à bien de telles démarches en 2021.
Un long processus de négociation sera ainsi amorcé à Mashteuiatsh. Cette démarche doit durer entre 18 et 24 mois.
On est capable de prendre soin de nos enfants.
C’est la conseillère Carina Dominique qui préside l'instauration de cette nouvelle loi.
Quand on a commencé la démarche, c'était primordial pour nous, les commissaires, parce qu'on a créé une commission législative, d'aller entendre les enseignements de nos aînés. Vous savez, on prône nos valeurs, nos traditions, nos coutumes, et c'est ça qui nous relie à notre identité. Donc, c'était primordial pour nous que cette loi soit basée sur ces valeurs, sur ce mode de vie qui nous appartient et qui nous aide à être innus , a expliqué celle qui travaille à l'élaboration de la loi Uashteshkuau Tipelitamun depuis le tout début.

Carina Dominique est également vice-cheffe de la communauté de Mashteuiatsh. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin
Il s'agit d'un processus qui tient particulièrement à cœur à Carina Dominique.
Moi, j'ai moi-même vécu la protection de la jeunesse. Ce sont toutes des histoires qui, quelque part, ont bouleversé notre cheminement, a raconté la conseillère. À un moment donné, c'était nécessaire pour nous de... Bien, je vais parler pour moi. C'était nécessaire pour moi de me reconnecter à mes racines pour pouvoir m'en sortir. Ça marque vraiment l'histoire de notre autodétermination, et que, oui, on est capables de prendre soin de nos enfants.
Un plan de mise en œuvre de la loi sera élaboré par la communauté dans les prochains mois, en vue de la signature d'un accord avec Québec et Ottawa.


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