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La suspension, mi-juin, des derniers modèles d’intelligence artificielle d’Anthropic et d’OpenAI s’inscrit dans une longue tradition américaine d’agressivité juridique vis-à-vis de ses adversaires, selon le chercheur.

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Donald Trump lors du sommet du G7, à Evian-les-Bains (Haute-Savoie), le 17 juin 2026. Donald Trump lors du sommet du G7, à Evian-les-Bains (Haute-Savoie), le 17 juin 2026.

Mark Corcoral est chercheur associé au Centre de recherches internationales de Sciences Po. Spécialiste de la politique de sécurité des Etats-Unis, il vient de publier Le Droit en armes. « Lawfare » et sécurité nationale aux Etats-Unis (PUF, 224 pages, 25 euros). Il revient notamment dans cet ouvrage sur les fondements juridiques sur lesquels s’est appuyée l’administration Trump pour bloquer temporairement l’accès aux modèles d’intelligence artificielle (IA) les plus pointus des géants Anthropic et OpenAI, le 12 juin, avant de lever les restrictions, le 1er juillet.

Pouvez-vous nous dire ce qu’est le « lawfare » ?

Le lawfare désigne l’usage stratégique du droit pour renforcer sa sécurité ou affaiblir un adversaire. Il repose sur trois éléments : une ingéniosité juridique, un antagonisme stratégique avec un adversaire qui peut être militaire mais aussi technologique ou économique, et une finalité sécuritaire qui justifie une plus grande agressivité des juristes dans leur rapport au droit ainsi que certains accommodements avec la déontologie.

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