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vidéo Depuis son lieu d’isolement, car considérée cas contact, la journaliste du « Monde » Morgane Le Cam, raconte les retards enregistrés dans la lutte contre le virus Ebola dans l’est de la RDC
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Début juin, la journaliste, Morgane Le Cam, a rencontré, en Ituri, province située dans l’est du pays et épicentre de l’épidémie, un médecin congolais de l’ONG Alima, devenu depuis le premier cas d’Ebola diagnostiqué sur le sol français.
C’est depuis une chambre d’hôtel, où Morgane Le Cam observe une quarantaine préventive de vingt et un jours (la durée maximale d’incubation du virus Ebola), livre le récit d’une crise qui vient s’ajouter à trente ans de conflits armés dans l’est du pays. Elle nous raconte une réalité bien plus sombre que les bilans officiels, jugés « largement sous-évalués » par les humanitaires.
Près de Bunia, le chef-lieu provincial, Morgane Le Cam et le photographe Philémon Barbier se sont rendus au centre de traitement de Rwampara. Ils ont rencontré le personnel soignant « épuisé » d’avoir combattu seul en première ligne le virus qui circulait déjà clandestinement depuis la fin février, soit près de trois mois avant sa déclaration officielle à la mi-mai. Le déploiement de l’ONG Alima a permis de structurer la prise en charge
A Mongbwalu, où l’épidémie liée au virus Ebola s’est déclarée, ils ont mesuré combien les structures sanitaires locales et les ONG se retrouvent débordées, pénalisées par le manque de moyens mis en place dans cette enclave minière où la forte mobilité des orpailleurs accélère la diffusion du virus.
Les épidémiologistes estiment qu’un taux de suivi des cas contacts supérieur à 90 % est indispensable pour briser la chaîne de transmission. Or, si les autorités affichent un taux théorique de 70 %, la réalité textuelle des humanitaires dénonce un simple enregistrement sur papier, sans suivi effectif.
A l’hôpital général de Mongbwalu, une pièce délabrée faisait office de morgue de fortune, où huit cadavres gisaient à même le sol dans des sacs blancs, hors de la zone infectée balisée.
Enfin les reporters ont constaté que, faute de moyens de la Croix-Rouge, les protocoles d’enterrements sécurisés sont abandonnés aux familles, contraintes de débourser 120 euros pour transporter leurs défunts par triporteur, propageant un peu plus le spectre de la contagion.
Laureline Savoye et Morgane Le Cam
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