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Mark Carney s’explique concernant son discours sur les plaines d’Abraham

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Le premier ministre Mark Carney estime que son discours à Québec, lors duquel il a présenté les plaines d’Abraham comme le point de départ d’un grand « partenariat », comprenait en fait toutes les nuances historiques nécessaires.

« J’ai commencé par reconnaître la lutte des francophones, pendant l’histoire du Canada. J’ai mentionné, même souligné, les efforts de certains dans notre histoire de poursuivre une politique d’assimilation, comme par exemple le Rapport Durham, et d’autres exemples », a expliqué M. Carney lundi.

Ce sont d’autres passages de son allocution, livrée jeudi à partir de la Citadelle de Québec, qui ont soulevé l’indignation du chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, notamment. Ce dernier a qualifié le discours de M. Carney de « colonialiste », surtout pour avoir affirmé que les plaines d’Abraham « symbolisent » le choix qu’aurait fait le Canada naissant de « privilégier […] le partenariat plutôt que la domination, la collaboration plutôt que la division ».

Par ce grand discours, le premier ministre fédéral a ainsi « lancé la campagne référendaire » en tant que « chef du camp du “non” », selon la lecture qu’en a fait M. St-Pierre Plamondon. M. Carney n’a pas commenté ces propos, lundi, pas plus qu’il ne s’est excusé pour les raccourcis de son récit historique, comme le lui demandait le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

« J’ai dit que c’est grâce à la résilience du peuple francophone qu’on a créé le Canada, a insisté Mark Carney. Un Canada qui reconnaît deux peuples fondateurs, et après un temps trois peuples fondateurs, incluant les Autochtones. [L’histoire du pays a été] un processus très difficile. Il y a la grande déportation des Acadiens et plusieurs autres exemples. […] Mais en même temps, on a protégé, puis renforcé la langue française, la culture québécoise, les institutions comme le Code civil. Ça, c’est le génie du Canada. »

Dans son discours d’un peu plus de 26 minutes, jeudi, après lequel il n’a répondu à aucune question des journalistes, le premier ministre a bel et bien évoqué la déportation des Acadiens et le Rapport Durham. « Certains ont délibérément cherché à imposer ce modèle : l’assimilation, la logique habituelle de la conquête. Mais finalement, ce n’est pas la voie que le Canada a choisie », avait-il présenté.

M. Carney ne s’était jusqu’ici pas encore exprimé sur le tollé qu’a suscité son discours sur les plaines d’Abraham. Il avait plutôt quitté la ville de Québec sans répondre aux questions des journalistes, et ne s’est arrêté que quelques secondes dimanche devant la presse pour commenter les messages répétés du président américain, Donald Trump, à son sujet.

En ce jour de rentrée parlementaire, le chef libéral avait convié les journalistes dans un quartier d’Ottawa situé à plusieurs kilomètres de la colline du Parlement pour faire une annonce visant à aider les Canadiens face au coût de la vie.

Avec La Presse canadienne

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