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Mark Carney compare les États-Unis à la Russie

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Le premier ministre canadien, Mark Carney, a comparé lundi les États-Unis à la Russie, en excluant ces deux pays de la liste des « partenaires fiables » sur lesquels le Canada peut désormais compter.

« On cherche des partenaires fiables à travers le monde. On les trouve partout [dans le] monde, sauf aux États-Unis. Sauf aux États-Unis et [en] Russie. OK. Les États-Unis et la Russie », a-t-il affirmé.

Devant les travailleurs du chantier naval Davie, à Lévis, M. Carney a répété qu’il pourrait couper ou réduire l’envoi d’énergie au sud de la frontière en guise de représailles contre le gouvernement américain.

À ses côtés, la première ministre du Québec, Christine Fréchette, a dit « ne rien exclure » pour la riposte. « On entre dans une nouvelle phase », a-t-elle noté, en disant ne pas avoir encore envisagé de restreindre l’accès américain à l’électricité ou aux minéraux critiques à ce stade. Aussi à Lévis, le ministre de l’Économie et de l’Énergie, Bernard Drainville, n’a pas voulu dire si une telle mesure était même possible, à l’intérieur ou hors des contrats signés par Hydro-Québec, notamment.

Pour rappel, M. Carney a suspendu vendredi les négociations commerciales avec les États-Unis. En conséquence, une série de nouveaux produits ont été ciblés par des tarifs douaniers allant jusqu’à 50 %.

Changement de discours sur l’énergie

Pas plus tard qu’à la fin juillet, le premier ministre canadien disait qu’il ne « voyait pas la valeur » de restreindre les exportations énergétiques du Canada, dont de pétrole, dans le cadre d’un conflit commercial. « Être un fournisseur fiable, c’est important. Les Canadiens sont fiables. On peut leur faire confiance », avait-il plaidé aux côtés de la première ministre albertaine, Danielle Smith.

Or, depuis que les négociations sont rompues, le ton a changé.

« Nous sommes des fournisseurs des minéraux critiques. Nous sommes des fournisseurs des produits clés dans les chaînes d’approvisionnement des automobiles et dans d’autres secteurs. Mais nous serons calmes, nous serons positifs. […] Et oui, si c’est nécessaire de faire d’autres choses, on verra », a lancé M. Carney lundi.

Il a ensuite dit vouloir miser sur des initiatives « positives », comme celle qui l’amenait à Lévis. Son gouvernement a annoncé un investissement de 11 milliards de dollars pour la construction, au chantier Davie, de six brise-glace pour la garde côtière canadienne.

Mme Fréchette se trouvait aux côtés de son homologue fédéral pour l’annonce d’un important investissement fédéral pour un deuxième lundi consécutif. « Je demande respectueusement à M. Carney de se mêler de ses affaires et de rester à l’extérieur de l’élection québécoise qui va s’enclencher dans les prochaines heures », a d’ailleurs réagi le chef conservateur, Éric Duhaime. Il a dit juger que Mme Fréchette « abuse de son titre » et fait des annonces partisanes à quelques jours du déclenchement d’une campagne électorale.

« Je travaille avec ceux qui veulent faire avancer le Québec », s’est justifiée la première ministre.

Trump réplique sur Truth Social

Le gouvernement Carney doit bientôt dévoiler la liste des produits qui seront touchés par sa riposte, annoncée pour le 8 septembre. Le premier ministre a promis une réplique « dollar pour dollar ». Mme Fréchette ajoute que la réponse canadienne doit aussi se faire « d’une manière nichée, ciblée, [pour] éviter des dommages accrus à nos entreprises ».

Le président américain, Donald Trump, s’est tourné vers son réseau, Truth Social, pour annoncer des droits de douane de 50 % sur toutes les pièces automobiles et les voitures venant du Canada à partir du 1er janvier. Il se trouverait alors à doubler les tarifs en vigueur depuis avril 2025, qui sont de 25 %.

Cette réplique est « révélatrice », a analysé M. Carney. Pendant les négociations, les Américains voulaient « détruire nos grandes industries, y compris [celle] de l’automobile » — un « partenariat qui existe depuis 60 ans », a-t-il souligné. « C’est quoi, le message aux travailleurs du Michigan, de l’Ohio, du Kentucky, de l’Alabama, qui dépendent de leur plus grand consommateur, le Canada ? » a-t-il demandé.

Il a reproché au gouvernement américain de traiter le Canada comme une « filiale ». « Si les Américains sont prêts à retourner à la table comme un pays souverain face à un autre pays souverain, nous, on sera prêts à travailler », a d’ailleurs résumé le lieutenant pour le Québec de M. Carney, le ministre Joël Lightbound.

Doug Ford en furie

De son côté, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a sorti ses expressions les plus colorées pour inviter le président américain — un « perdant » — à « aller se faire voir ».

Il a appelé les autres provinces à s’allier pour causer le plus de dommages possible à l’économie américaine. « [Leur couper] l’électricité, c’est sur la table. [Couper l’accès] aux minéraux critiques, c’est sur la table. Mais je ne peux pas faire ça tout seul. J’ai besoin que tous les premiers ministres jouent dans l’Équipe Canada », a-t-il lâché lors d’une conférence de presse.

Le président Trump a ensuite rédigé, sur Truth Social, un message d’insulte à son intention, écorchant au passage le « gouverneur Carney ». Il a ajouté : « Rappelez-vous, la plupart de l’électricité, du pétrole et du gaz canadien transporté passe par les États-Unis. »

Pendant ce temps, le Parti conservateur du Canada a demandé de relancer les travaux du Parlement à Ottawa et de voir les détails du défunt projet d’entente avec les États-Unis. De son côté, le Bloc québécois a proposé de consacrer les sommes des contre-mesures tarifaires à un programme d’aide pour les entreprises.

À Québec, le Parti québécois a aussi demandé que le Québec recueille sa « juste part » des sommes recueillies grâce aux contre-tarifs. Le chef libéral, Charles Milliard, a dit vouloir faire de l’électricité du Québec un « levier de négociation », notamment par le biais d’une hausse des tarifs. Québec solidaire a fait la même suggestion et a présenté un plan contre la guerre commerciale menée par le gouvernement Trump. Les conservateurs ont quant à eux fait un plaidoyer en faveur de l’exploitation du gaz naturel pour faire du Québec une « superpuissance énergétique ».

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