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Marinvest Energy salue la volonté du Canada d’exporter du GNL en Europe

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L’entreprise Marinvest Energy voit d’un très bon œil la volonté du gouvernement Carney d’exporter du gaz naturel liquéfié (GNL) vers le marché européen. Les autorités fédérales sont d’ailleurs bien au fait que le mégaprojet de gazoduc et d’usine qui serait construit au Québec servirait à vendre du gaz en Europe. Ottawa refuse pourtant d’appuyer publiquement le projet, même s’il aide les promoteurs en coulisses depuis plus d’un an.

Au moment où plusieurs régions de l’Europe étaient frappées par une canicule printanière exceptionnelle, un phénomène amplifié par la crise climatique, le gouvernement Carney a signé la semaine dernière un « premier accord européen » pour l’exportation de GNL. L’entente prévoit de vendre un million de tonnes de cette ressource fossile par année, et ce, pendant 20 ans, à une entreprise allemande.

Selon ce qu’a fait valoir le gouvernement fédéral par voie de communiqué, cet accord est conçu pour réduire la dépendance au marché américain. Il prévoit la livraison de GNL à partir du projet Ksi Lisims LNG, situé sur la côte ouest et contrôlé par une entreprise américaine.

Ottawa a présenté ces exportations de gaz exploité par fracturation comme un moyen de « produire une croissance propre », donc cohérente avec la lutte contre le réchauffement de la planète. Le gouvernement Carney mise d’ailleurs sur une croissance très forte des exportations de GNL. Alors que celles-ci avoisinent aujourd’hui les 15 millions de tonnes par année, le fédéral souhaite voir ce volume grimper jusqu’à 100 millions de tonnes d’ici 2040.

« Carboneutralité »

Même si elle concerne pour le moment un projet situé à l’autre bout du pays, Marinvest Energy voit d’un très bon œil la nouvelle entente signée par le gouvernement Carney avec un partenaire européen.

« L’annonce d’une entente entre le Canada et l’Allemagne concernant l’exportation de GNL reflète l’importance croissante des enjeux liés à la sécurité énergétique et à la diversification des approvisionnements pour les marchés européens », fait valoir l’entreprise dans une réponse écrite aux questions du Devoir transmise par la firme de relations publiques National.

« Nous croyons qu’il existe un potentiel pour des projets canadiens capables de répondre à cette demande à long terme, particulièrement lorsqu’ils sont développés dans une perspective de réduction des émissions et de carboneutralité », précise-t-on.

Marinvest Energy n’a toujours pas dévoilé les détails de son mégaprojet. Le Devoir a toutefois révélé à l’été 2025 que l’entreprise norvégienne veut développer un complexe gazier très semblable à celui que projetait GNL Québec. Il avait été rejeté par les gouvernements du Québec et du Canada au terme de deux évaluations environnementales il y a de cela maintenant cinq ans.

Cette fois, il est question de construire un gazoduc de près de 1000 km en pleine forêt boréale, pour se connecter au réseau canadien et transporter du gaz exploité en Alberta jusqu’à Baie-Comeau. Une usine de production de GNL serait donc construite sur la Côte-Nord, possiblement en milieu marin. Le gaz serait ensuite exporté par navires méthaniers. Marinvest Energy a aussi évoqué l’idée de construire un parc éolien pour produire de l’énergie pour son usine, selon les informations obtenues par Le Devoir.

Quand allez-vous présenter votre projet publiquement ? Redoutez-vous un débat public ? « Notre priorité demeure de poursuivre les discussions avec les communautés autochtones afin de définir les concepts clés du projet, ainsi qu’avec les autorités réglementaires et les élus, dans un esprit de respect, de transparence et de collaboration. À ce stade, il serait prématuré de partager davantage de détails avant que les discussions et les travaux de développement aient progressé davantage », répond l’entreprise.

« Nous croyons qu’un dialogue public ouvert et respectueux fait partie intégrante du développement responsable de tout projet d’infrastructure majeur », a-t-on aussi indiqué dans une réponse écrite, tout en répétant que l’« information » sera dévoilée lorsque « des éléments concrets pourront être partagés de manière responsable ».

Documents caviardés

Depuis maintenant plus d’un an, les représentants de l’entreprise et les lobbyistes inscrits à Québec et à Ottawa pour faire la promotion des intérêts de Marinvest Energy ont présenté les détails du projet à plusieurs instances gouvernementales, à différents élus municipaux, provinciaux et fédéraux. Des rencontres ont eu lieu avec plusieurs ministères, dont certains ont même échangé en interne des présentations très détaillées du projet.

Tous les documents obtenus à la suite de demandes d’accès à l’information ont cependant été caviardés, parfois à la demande de Marinvest Energy. Un document permettait notamment de démontrer que l’entreprise a fait la promotion de son projet de GNL dans le cadre d’une « mission Québec Canada » en Europe à la fin de 2025.

Le ministère Ressources naturelles Canada a aussi eu des rencontres avec l’entreprise dès mai 2025 et il a été question dès le départ du fait que le marché visé était celui de l’Europe. Des rencontres ont aussi eu lieu avec le cabinet du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Canada, Tim Hodgson.

Est-ce que Marinvest Energy fait partie des projets qui pourront contribuer aux exportations de GNL vers l’Europe ? « Le gouvernement fédéral n’impose pas aux entreprises du secteur privé où elles doivent acheminer l’énergie », a indiqué le cabinet du ministre Tim Hodgson, en réponse à cette question du Devoir.

Le bureau du ministre a par la suite refusé de dire s’il appuierait le projet ou si celui-ci pourrait être désigné comme étant d’« intérêt national », et donc bénéficier d’une procédure accélérée d’autorisation.

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