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Marie Jacquot, ex-tenniswoman, dirige l’Orchestre royal du Danemark le 22 août: «La musique? Un sport d’équipe!»

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Publié le 30 juillet 2026 à 07:30. / Modifié le 30 juillet 2026 à 09:07. 2 min. de lecture

On dit parfois que la musique est un sport de haut niveau…

Je confirme! Cinq heures debout dans la fosse pour un opéra de Wagner nécessite un certain physique. Et je ne parle pas de cette position du haut du corps constamment tournée vers le bas – vers la partition – qui met le dos et les épaules à rude épreuve: renforcement musculaire indispensable. Mais la direction est aussi, et peut-être avant tout, un sport mental: maîtriser en permanence le passé, le présent, et anticiper les écueils à venir, tout en contrôlant le déploiement de l’arche générale de l’œuvre.

Vous êtes Française mais faites carrière essentiellement dans l’univers germanique: hasard ou affinité?

Je n’ai pas trouvé mon compte à Paris durant mes études de trombone. Comme dans le tennis, j’ai souffert du très grand individualisme qui régnait au sein des étudiants. Je me suis donc mise en quête d’un lieu où je pourrais retrouver le plaisir du jeu et un vrai esprit d’équipe: des valeurs cardinales à mes yeux. Comme je montrais déjà un certain intérêt pour la direction, on m’a recommandé la célèbre classe de Hans Swarowsky à Vienne. Toutefois, avant de m’y engager, j’ai d’abord passé le concours de trombone, pensant que je pourrais continuer à pratiquer les deux en parallèle: quelle n’a pas été ma surprise de découvrir que la technique de l’instrument est si différente entre la France et l’Autriche que je n’avais pratiquement aucune chance de le passer!

Vous avez heureusement été prise en direction…

Oui, et cela a changé ma vie. Au-delà de l’esprit qui changeait du tout au tout – des professeurs, en particulier, qui se plaçaient toujours à notre niveau – et du fait que j’y ai rencontré mon futur mari, j’ai eu l’opportunité de diriger près d’une centaine de créations mondiales d’œuvres d’autres étudiants et d’être ainsi remarquée pile au bon moment: lorsque Kirill Petrenko était en quête d’un assistant pour monter le nouvel opéra Pôle Sud de Miroslav Srnka à la Bayerische Staatsoper. Cette expérience unique m’a permis de décrocher ensuite mes premiers postes de Kapellmeisterin à Würzburg puis à Düsseldorf, et d’être aujourd’hui capable d’être active sur les deux tableaux – la fosse et la scène –, comme c’est le cas par exemple à Copenhague où je suis appelée à diriger deux productions et deux concerts par an. Sans oublier le ballet, qui fait véritablement partie de l’ADN de l’Orchestre royal et que je suis heureuse de pouvoir amener en quelque sorte jusqu’à Gstaad avec les temps forts du Roméo et Juliette de Prokofiev.

Connaissez-vous la Suisse?

J’ai donné l’un de mes premiers concerts à Lausanne, à la tête de l’Orchestre de chambre. Je ferai mes débuts prochainement avec l’Orchestre de la Tonhalle de Zurich. Mais sinon c’est un pays encore tout à découvrir pour moi.

Gstaad?

J’ai failli y venir il y a quelques années: j’avais postulé pour la Gstaad Conducting Academy… mais mon dossier n’a pas été retenu! Sans rancune, bien sûr. C’est moi aujourd’hui qui signe de nombreuses lettres de recommandation pour que de jeunes étudiants puissent accéder à ce cursus unique en Europe… Les jolis hasards de la vie!

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