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Maria : déplacer les maisons de la pointe Verte sera un « défi »

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Alors que des propriétaires de la pointe Verte, à Maria, n’ont plus que quelques semaines pour décider s’ils quittent ou non ce secteur vulnérable aux aléas côtiers, la façon de déplacer les résidences de ceux qui optent pour cette avenue est actuellement étudiée avec attention.

Les propriétaires de 45 résidences présentant un risque imminent de submersion côtière qui souhaitent plier bagage ont jusqu’au 4 juin pour faire connaître leurs intentions. Ils devront choisir, s’ils décident de quitter, entre le déplacement de leur maison ou sa démolition.

Or, sortir les résidences du quartier ne sera pas une mince affaire, admet la mairesse de Maria, Patricia Chartier, qui parle d’emblée d’un défi.

On a un enjeu avec la rue des Tournepierres. L’assise n’est pas assez solide pour soutenir le poids des maisons, donc il faudra renforcer la rue. Le ministère [de la Sécurité intérieure] va nous revenir avec une solution alternative bientôt.

Mme Chartier précise que certains endroits de la rue pourraient poser problème. Il y a des analyses à faire pour la soutenance, c’est-à-dire la capacité de la rue à soutenir le déménagement de ces maisons-là. Il faut comprendre qu’il y en a qui sont quand même plus grosses.

La mairesse Patricia Chartier.

Patricia Chartier, mairesse de Maria, est impatiente de pouvoir confirmer la façon dont seront déplacées les maisons. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le transport des résidences au bout de la rue des Faisans, où un lieu d’accueil sera aménagé, doit aussi être examiné de près. Il est envisagé qu’elles transitent par une terre agricole non exploitée, et ce, pour des raisons financières et logistiques, notamment l’absence de fils électriques. La mairesse Chartier confirme que des démarches ont été entreprises avec la Commission de protection du territoire agricole en ce sens, mais que le propriétaire du lot ciblé a déjà donné son aval.

L’élue indique que le ministère de la Sécurité intérieure, auparavant appelé ministère de la Sécurité publique, analyse la situation en vue de proposer la solution qui sera la plus simple à mettre en œuvre.

Félix Caron, en entrevue avec Radio-Canada

Félix Caron précise que la relocalisation des résidences de la pointe Verte constitue à ce jour le plus gros projet du genre à se concrétiser en région. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Le trajet final qui sera emprunté par le convoi de bâtiments à relocaliser n’est pas encore déterminé, confirmait récemment à Radio-Canada Félix Caron, directeur régional de la sécurité civile pour la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Ce dernier concède que le dossier est complexe, mais ne désespère pas.

Il n’y a rien qui est impossible.

On n’encourage pas les gens à prendre la solution la plus simple, au contraire, mais c’est vrai qu’il y a beaucoup moins de démarches quand un citoyen opte pour une allocation de départ. Mais ce n’est pas la solution qui est la meilleure pour tout le monde, ajoute le gestionnaire.

La Municipalité de Maria confirme, pour sa part, qu’il est envisagé, puisqu’il faudra coordonner les activités de plusieurs organisations partenaires, de déplacer plusieurs maisons simultanément.

Au total, une douzaine de terrains ont déjà été cédés à ce jour à la Municipalité. Cette dernière n’est toutefois pas en mesure de préciser combien de propriétaires n’ont toujours pas pris de décision puisque deux programmes d'indemnisation cohabitent. Je n’ai pas le chiffre exact, mais assurément, au début juin, on va avoir une meilleure idée, un meilleur portrait de la situation, lance Patricia Chartier.

Démolition d'une première résidence, rue des Tournepierres

À ce jour, six maisons de la pointe Verte ont été détruites et au moins deux autres le seront au cours des prochains mois. Celle-ci a été la première à passer sous le pic des démolisseurs, en mai 2024. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Patricia Chartier admet que la Municipalité aimerait que les choses progressent plus rondement, mais est d’avis que tout se déroule bien dans les circonstances. Clairement, dans les prochaines semaines, il va y avoir des décisions importantes à prendre, lance-t-elle. On espère arriver avec des délais raisonnables parce que ça insécurise les gens de ne pas avoir toutes les réponses pour l’instant.

L’administration municipale compte communiquer les détails du plan à venir dès qu'il sera arrêté. Une rencontre d’information réunissant les résidents concernés par la relocalisation recommandée par Québec pourrait être organisée dans les prochaines semaines afin de les aiguiller dans leur prise de décision. Des rencontres individuelles ont aussi eu lieu pour les accompagner.

Des avancements pour l’aménagement d’un lieu d’accueil

Par ailleurs, les préparatifs en vue du prolongement de la rue des Faisans progressent. Le plan de lotissement a été adopté lundi soir, lors de la séance régulière du conseil municipal de Maria. L’étape des plans et devis ainsi que les appels d’offres reliés à l’aménagement de cet agrandissement suivront. Le chantier pourrait prendre son envol dès septembre.

En théorie, si tout va bien, à l’automne, vers octobre, la rue devrait être prête à accueillir les maisons qui vont être déménagées, ajoute la mairesse.

L'hôtel de ville de Maria

L'hôtel de ville de Maria.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Il s’agirait d’une première vague de déplacements, puisque tous les foyers ne seront pas prêts à être relocalisés à ce moment. Une seconde phase de relocalisation sur la rue des Faisans aurait vraisemblablement lieu à l’été 2027.

La Municipalité compte par ailleurs examiner ultérieurement quel usage pourrait être autorisé sur les terrains privés de la pointe Verte qui lui seront cédés. Certains propriétaires aimeraient pouvoir continuer de les occuper, grâce à un bail de villégiature. Le conseil municipal s’est d'ailleurs prononcé en faveur d’un engagement de cinq ans. On verra avec le prochain conseil si ce sera renouvelable ou pas, explique Mme Chartier.

Un pêcheur récréatif exerce son activité de prédilection tout juste à côté d'un terrain résidentiel de la rue des Tournepierres, à Maria.

Le secteur de la pointe Verte est paisible et bordé par la mer. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Les conditions de cette occupation restent encore à déterminer. On s’entend : il ne serait pas question de remettre des maisons ou des roulottes permanentes à cet endroit-là, précise la mairesse, qui indique que des infrastructures légères pourraient néanmoins y être aménagées.

On va commencer par accompagner ceux qui quittent et après ça, on verra comment on réaménage les terrains qui seront à notre charge, explique-t-elle.

Une poursuite retirée

La Municipalité faisait face à trois poursuites au civil intentées par des propriétaires de la pointe Verte qui lui reprochent notamment d’avoir autorisé des travaux majeurs d’amélioration sur leurs maisons situées dans un secteur vulnérable aux aléas côtiers. La mairesse Chartier précise que la demanderesse du troisième dossier s’est désistée.

Le palais de justice de New Carlisle, en été.

Les procédures judiciaires se déroulent au palais de justice de New Carlisle. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Les deux autres dossiers ont été entendus au palais de justice de New Carlisle le mois dernier. Aucune décision n’a encore été rendue.

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