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Une cinquantaine de personnes, de plusieurs générations, se sont rassemblées à Matane jeudi soir, dans le cadre du mois de la prévention de la violence sexuelle.
Mon corps, mon choix!, La honte doit changer de camp!, scandent plusieurs manifestantes sous le rythme des percussions, sur l'avenue Saint-Jérôme.
Le rassemblement, d'initiative citoyenne, est chapeauté par le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de l’Est du Bas-Saint-Laurent et la Table de concertation des groupes féministes du Bas-Saint-Laurent.
Si le mois de prévention donnait une occasion de marcher, la lutte contre la culture du viol reste un combat de tous les jours, selon certaines personnes sur place.

Une cinquantaine de manifestants de toutes les générations ont occupé l'espace public jeudi soir à Matane.
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
Je pense que la violence présentement est extrême pour les femmes, se désole Nicole Lacroix, âgée de 76 ans.
Je suis là parce qu’à l'âge où je suis rendue, je trouve que ça dégrade au lieu de s'améliorer.
À ses côtés, un autre citoyen, Yvon Barrette, réagit. La violence faite aux femmes, aux enfants, à tout le monde, ça se dégrade vraiment beaucoup et c'est un problème planétaire. Je pense qu'il faut faire quelque chose parce que ça n'a pas de sens.

La marche était organisée en marge du mois de prévention de la violence sexuelle.
Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin
Pour une culture du consentement
Le rassemblement, qui s'est poursuivi par une marche dans les rues de la ville, visait à occuper l'espace public pour dénoncer la banalisation des violences sexuelles, explique Carol-Ann Kack.
La coordonnatrice sociopolitique à la Table de concertation des groupes féministes du Bas-Saint-Laurent s’inquiète de l’augmentation des discours masculinistes.
On voit par exemple, chez les jeunes de 15 à 25 ans, 75 % de jeunes qui adhèrent à certains mythes qui viennent décrédibiliser les victimes ou encore amoindrir la reconnaissance des actes des auteurs de violence à caractère sexuel, décrit-elle.
Plus que jamais, on croit que c'est important de mettre de l'avant des moyens : il faut de l'éducation, de la prévention, parce que c'est inquiétant, la situation, chez les plus jeunes générations.
En cinq ans seulement, nos demandes d'aide ont triplé aux portes du CALACS, mais on n'a pas un financement qui suit ces besoins grandissants, déplore à son tour la coordonnatrice sociopolitique au CALACS de l’Est du Bas-Saint-Laurent, Émilie Pelletier.

Émilie Pelletier se réjouit du nombre de personnes présentes au rassemblement.
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
Elle relativise toutefois en indiquant que plusieurs pistes de solutions existent. Elle propose d'instaurer une loi pour prévenir les violences sexuelles dans les écoles primaires et secondaires, ainsi que modifier le système d'Indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC).
En ce moment, il y a un maximum de deux ou trois années pour avoir l'indemnité. Mais pour nous, les traumatismes n'ont pas nécessairement de date de péremption, défend la militante.
C'est important de se montrer solidaire envers les personnes victimes survivantes, qui ne sont pas seules, et qu’on est plusieurs à les supporter et à exiger des changements.
En septembre, une mobilisation similaire avait eu lieu à Amqui, afin de souligner la Journée d’action contre les violences sexuelles.


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