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Le nouveau sursis d’un an accordé par Québec à six régions pour cesser le recours à la main-d'œuvre indépendante en santé est bien accueilli en Abitibi-Témiscamingue. La région dispose maintenant jusqu’en octobre 2027 pour s’affranchir du personnel des agences privées.
Dans la région, le recours à la main-d’œuvre indépendante a déjà chuté de manière importante depuis octobre 2023, passant de 650 à 84 travailleurs de la santé. Si les réseaux locaux d’Abitibi-Ouest et de Rouyn-Noranda n’y ont presque plus recours, ce n’est pas le cas dans les MRC du Témiscamingue, de la Vallée-de-l’Or et d’Abitibi.
Le défi restait entier à l’approche de la date butoir qui avait été fixée au 18 octobre 2026.

Mathieu Fortier, directeur des ressources humaines à Santé Québec Abitibi-Témiscamingue. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Il faut vraiment le voir comme une mesure exceptionnelle pour permettre vraiment une transition vers l’objectif qui demeure d’atteindre zéro main-d’œuvre indépendante dans la région, affirme Mathieu Fortier, directeur des ressources humaines à Santé Québec Abitibi-Témiscamingue (SQ-AT).
C’est vraiment pour éviter des bris de services en octobre prochain.
C’est ce que croit aussi Jean-Sébastien Blais, président du Syndicat interprofessionnel en soins de santé de l’Abitibi-Témiscamingue affilié à la FIQ (FIQ-SISSAT). Il représente les infirmières et infirmières auxiliaires du réseau, qui figurent parmi les professions pour lesquelles on fait encore beaucoup appel à de la main-d’œuvre indépendante.
C’est une bonne nouvelle de voir qu’on va pouvoir prolonger l’utilisation parce qu’on s’en allait directement dans le mur. On n’avait pas réussi à recruter suffisamment de nouveau personnel avec les mesures en place. Donc, c’est sûr que notre objectif principal, c’est d’assurer le maintien des services, puis de s’assurer que notre personnel travaille en quantité suffisante, rappelle-t-il.
La CSN, qui représente les préposés aux bénéficiaires au sein du réseau, fait le même constat.

Félix-Antoine Lafleur, président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue – Nord-du-Québec (CCATNQ-CSN). (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR
On accueille ça de façon mitigée. On sentait que ça s’en allait vers là, malheureusement, parce que ce qu’on constate, c’est que les conditions gagnantes n’ont pas réellement été mises en place pour l’attraction, puis l’installation de la main-d’œuvre pour remplacer la main-d’œuvre indépendante. Puis, il est clair que, comme n’importe quelle organisation, n’importe quel citoyen ou citoyenne, on ne voulait pas que la fin du recours à la main-d’œuvre indépendante affecte les services, affirme Félix-Antoine Lafleur, président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec de la CSN.
Il faudra faire plus
Pour M. Lafleur, Québec devra faire beaucoup plus pour que la région réussisse à s’affranchir du personnel des agences privées.
Il y a un constat d’échec du gouvernement qui a essayé de régler une plaie béante avec un petit petit petit pansement.
Il réitère qu’il faudra plus que des primes d’attraction et d’installation. Il continue de militer pour un statut de région éloignée qui permettrait d’offrir d’autres avantages aux travailleurs de la santé, pour que les conditions soient plus compétitives avec celles de l’industrie minière.
C’est ce que croit aussi Jean-Sébastien Blais, de la FIQ-SISSAT.

Jean-Sébastien Blais, président du Syndicat interprofessionnel en soins de santé de l'Abitibi-Témiscamingue. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
On espère qu’on ne va pas tout simplement repousser d’un an sans avoir de plan concret comme la dernière fois, prévient-il. On doit mettre des mesures à la hauteur des dépenses qu’on fait en main-d’œuvre indépendante si on veut arriver dans un an avec d’autres solutions que de prolonger.
Vers les équipes volantes
Santé Québec Abitibi-Témiscamingue assure qu'elle profitera de ce sursis pour tenter de convertir les derniers postes de main-d’œuvre indépendante en travailleurs du réseau.
C'est plus de 150 mains-d'œuvre indépendantes qu'on a embauchées dans les dernières années. En parallèle, on a la chance de bénéficier de nos ententes avec nos partenaires syndicaux pour les forfaits d’installation. Donc, on continue, on est en campagne continue à l’extérieur de la région pour embaucher des ressources pour qu’elles viennent s’installer en région, précise Mathieu Fortier.
Conscient qu’il est de plus en plus difficile d’attirer et installer des gens de l’extérieur, et que le personnel des agences privées va en diminuant avec les mesures de Santé Québec visant à s’en affranchir complètement, il entend aussi miser sur l’équipe volante publique qui n’a toujours pas rempli ses promesses.
On le voit comme un filet de sécurité. On a pris l'orientation d'augmenter l'embauche de nos équipes volantes publiques pour favoriser la transition. On a lancé quand même une campagne importante auprès de nos ressources de main-d'œuvre indépendante pour qu'elles puissent basculer comme équipe volante publique, précise M. Fortier, qui entend travailler en collaboration avec les établissements du réseau qui embauchent les membres de l’équipe volante.


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