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Gourous et ashrams, la ruée vers l'Ouest
L’épisode 3 sera disponible prochainement.
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Enquête« Gourous et ashrams, la ruée vers l’Ouest » (2/6). Exportée aux Etats-Unis à partir de la fin du XIXᵉ siècle, la philosophie hindoue exalte des générations beatniks. Certains maîtres, tel Maharishi Mahesh Yogi, acquièrent une influence internationale et comptent de célèbres adeptes, tels les « Fab Four ».
Un convoi très spécial se dirige vers Rishikesh, dans l’Etat indien de l’Uttarakhand, en ce mois de février 1968. Deux convois même, puisque les Beatles débarqueront en ordre dispersé dans cette petite ville située au pied de l’Himalaya, d’où les eaux sacrées du Gange coulent, encore pures et bleutées, avant de s’assombrir au cours de leur lente descente jusqu’au golfe du Bengale. Avec leurs compagnes, les quatre garçons de Liverpool ont décidé d’y retrouver un gourou particulièrement en vogue : Maharishi Mahesh Yogi.
Le « grand voyant » – c’est la signification de maharishi – est si populaire que le magazine Life, dans son édition du 9 février 1968, lui consacre un article intitulé « Year of the Guru » (« L’année du gourou »), au milieu d’articles relatant les horreurs de la guerre du Vietnam dans laquelle les Etats-Unis s’enlisent. De fait, les astres semblent s’être alignés pour ce petit homme d’origine modeste, né dans le centre de l’Inde en 1917 ou 1918. Ancien disciple du très respecté Brahmananda Saraswati, il ne peut malheureusement pas lui succéder à la tête d’une des écoles religieuses les plus respectées du pays, n’étant pas issu de la haute caste des brahmanes (les prêtres), les seuls à pouvoir y prétendre.
Alors, en 1957, il fonde à Madras, dans le sud de la péninsule, le Mouvement de régénération spirituelle, avant d’entamer, en 1959, une grande tournée internationale qui le conduira de l’Asie du Sud-Est à la Californie. Le Maharishi sait les beatniks, cette « génération cassée » des années 1950 en rupture avec le conformisme et la société de consommation, sensibles aux charmes des religions orientales. Pendant l’été 1967, les poètes Gary Snyder et Allen Ginsberg, figures de proue du mouvement, ont ouvert le Summer of Love, à San Francisco, en chantant le mantra « Om » – comme un passage de relais à la contre-culture hippie.
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