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Life 30/12/2025 19:00 Actualisé le 30/12/2025 19:45
Comment réagir quand, en couple, l’un des deux incite l’autre à aller faire du sport avec un peu trop d’insistance ? Réponse de Céline Vendé, sexologue et thérapeute de couple.
![« Je bosse 39 heures par semaine [...]. Très honnêtement, je n’ai pas envie d’aller à la salle cinq fois par semaine », raconte Hugo.](https://focus.huffingtonpost.fr/2025/12/30/0/0/2121/1414/728/485/75/0/48eccf2_upload-1-hh1vopkxd1na-gettyimages-154891514.jpg)
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« Je bosse 39 heures par semaine [...]. Très honnêtement, je n’ai pas envie d’aller à la salle cinq fois par semaine », raconte Hugo.
« Tout va bien dans mon couple… sauf que ma copine veut m’inscrire de force à la salle de gym. » C’est le problème qu’Hugo* a soumis à un forum de discussion sur Reddit. En couple depuis trois ans avec sa partenaire, l’internaute contacté par Le HuffPost décrit sa relation comme saine, basée sur l’amour et le respect. Mais voilà, depuis quelques mois, la question du sport revient sur la table un peu trop régulièrement à son goût.
« Ma copine parle presque tous les jours du sport et de la salle et met beaucoup en avant les bénéfices que cela lui apporte. En même temps, elle essaie souvent de me convaincre de venir avec elle, soit après le travail, soit le week-end », raconte-t-il. Un programme qui ne l’enchante pas vraiment.
« Je ne suis pas un athlète, c’est vrai, mais je ne suis pas non plus en surpoids, se décrit l’internaute. Disons que j’ai un léger ventre à bière – même si non, je ne bois pas tant que ça. Oui, j’aime le fast-food, mais on parle de 3-4 fois par mois, pas d’un régime full junk food. » Le jeune homme explique qu’il interprète les remarques de sa petite amie comme des messages indirects. « J’ai l’impression qu’elle aimerait que je sois “en meilleure forme” physiquement. Il lui arrive aussi de me faire me sentir un peu coupable quand je mange quelque chose qu’elle n’approuve pas », détaille-t-il.
De son côté, Hugo n’a aucune intention de se transformer en « go muscu » (surnom donné par Internet aux fans de musculation). « Je bosse 39 heures par semaine, un job de bureau, certes, mais mentalement bien fatiguant. Très honnêtement, je n’ai pas envie d’aller à la salle cinq fois par semaine. » Le sujet mérite donc une conversation au sein du couple. « Comment gérer ça sans créer de tensions ? », s’interroge Hugo. Nous avons directement posé la question à Céline Vendé, sexologue et thérapeute de couple.
« Comment gérer ça sans créer de tension ? »
Pour la spécialiste, la situation d’Hugo pose deux sujets. « Premièrement, comment on communique dans le couple. Là, il y a un besoin [de la compagne] qui est mal formulé. Deuxièmement, il y a un sujet autour de l’image du corps, de l’injonction, et peut-être, par extension, du désir. » Des sujets dont Céline Vendé entend très souvent parler en consultation. « Le sport, l’alimentation, l’aspect physique… ça touche tout le monde, homme ou femme, quelle que soit l’orientation sexuelle, quel que soit l’âge. »
D’après elle, le point central dans le problème d’Hugo est de traduire ce que chacun entend et comprend. « Est-ce que sa compagne parle de motivation, de santé ou d’apparence ? Est-ce qu’il entend une critique, voire un rejet ? » Derrière ces conversations, une multitude de besoins peuvent en réalité se cacher. « Elle veut peut-être se sentir soutenue dans sa pratique du sport, ou bien essayer de créer une routine à deux. Si elle tient tant à aller à la salle, ce n’est peut-être pas qu’une question de physique, c’est peut-être une manière de gérer son anxiété, ou bien une recherche de complicité par cette activité », décrypte-t-elle.
« Mon corps, mon choix » s’applique à tout le monde
Quant à Hugo, « il le vit comme un message sur son corps, donc son besoin va être que les choses soient abordées différemment. Quand sa compagne lui parle de sport, est-ce que c’est un prétexte pour autre chose, par exemple, un besoin qu’il prenne soin de lui ? Est-ce qu’elle parle de santé ou de silhouette ? Est-ce qu’elle projette ses propres peurs sur lui ? », interroge Céline Vendé, avant de rappeler que quand on aborde ces sujets en couple, il faut être attentif à un certain nombre de signaux d’alertes. « Est-ce qu’il y a un passif de contrôle du corps de l’un ou de l’autre ? Des moqueries, du chantage ou des comparaisons ? De la surveillance alimentaire ? Dans ces cas-là, ce ne sont plus des conseils mais des atteintes à l’estime de soi de l’autre. »
Car, elle le souligne, le corps, ce n’est pas un projet de couple. « On peut parler de son attirance pour l’autre, mais en le faisant avec délicatesse, et en étant responsable de ses mots, en se demandant comment on le verbalise, et comment on le travaille ensemble », alerte la thérapeute et sexologue. « Mon corps, mon choix, ça s’applique à tout le monde. »
Comment Hugo pourrait-il aborder cette conversation avec sa partenaire ? Pour Céline Vendé, il peut recentrer la conversation avec les termes suivants : « Je comprends que la salle, c’est important pour toi et je comprends que tu aimerais partager ça. Est-ce qu’on pourrait envisager de partager une autre activité en commun ? Vu que tu me le répètes souvent, je le vis comme un message détourné sur mon corps, et j’aimerais qu’on en parle autrement, sans injonctions. » Le tout en s’assurant que chacun exprime ses besoins sans être vindicatif ou accusateur. « L’important, c’est de co-créer une activité ensemble », conclut-elle.
* Le prénom a été modifié.


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