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La Bourse de New York a ouvert orientée à la baisse vendredi, ne parvenant pas à continuer de profiter du soulagement lié à l'annonce d'un accord sur le Groenland, et souffrant aussi des résultats décevants du spécialiste des puces Intel.
Dans les premiers échanges, le Dow Jones reculait de 0,31 %, l'indice Nasdaq grappillait 0,02 % et l'indice élargi S & P 500 cédait 0,04 %.
"L'appétit pour le risque peine à revenir" au lendemain d'une hausse des Bourses mondiales en raison de perspectives d'accord sur le Groenland, constate Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote. "De nouveaux droits de douane peuvent être annoncés à tout moment", met-elle en garde.
Rudoyés par le président américain depuis son retour au pouvoir il y a un an, les pays européens ont entamé 2026 dans un état de sidération, confrontés à l'hypothèse que leur allié historique puisse recourir à la force pour s'emparer du Groenland, territoire autonome danois.
Un répit géopolitique, mais des investisseurs toujours sur leurs gardesSi Donald Trump a, pour l'heure, écarté ce scénario et renoncé à imposer de nouveaux droits de douane contre plusieurs pays européens, après un "cadre" d'accord conclu mercredi à Davos, les dirigeants de l'UE appellent tous à la prudence. Il y a "encore beaucoup de travail à faire" pour parvenir à un arrangement sur ce territoire autonome danois, a cependant confié à l'AFP M. Rutte.
Une source au fait des discussions a assuré à l'AFP que les États-Unis et le Danemark allaient notamment renégocier leur accord de défense sur le Groenland datant de 1951. "Il devient de plus en plus clair – même pour ceux qui avaient encore des doutes – que les accords et compromis américains offrent peu de garanties de stabilité", souligne Mme Ozkardeskaya.
Lourde chute d'Intel
Le géant des puces Intel, dont la valorisation s'était envolée depuis septembre grâce au soutien de son rival Nvidia, voyait son titre décrocher jeudi après la publication de résultats annuels accompagnés de prévisions décevantes. Le titre perdait 14 % à l'ouverture de Wall Street, malgré un chiffre d'affaires au dernier trimestre 2025 moins mauvais que prévu, à 13,7 milliards de dollars (-4 % sur un an) avec une perte de 600 millions de dollars.
Le fabricant de semi-conducteurs et microprocesseurs est pénalisé par les marchés en raison de prévisions négatives pour le premier trimestre 2026, avec un chiffre d'affaires estimé entre 11,7 et 12,7 milliards de dollars, ce qui constituerait, au mieux, une stagnation, au pire une contraction de 8 %.
Cette chute du titre d'Intel interrompt quatre mois d'euphorie qui avaient vu sa valeur multipliée par deux depuis septembre, passant au-dessus des 50 dollars pour la première fois depuis 2022. Ce regain de forme avait suivi l'annonce d'une prise de participation de son rival Nvidia à son capital pour une valeur de 5 milliards de dollars. Nvidia avait alors rejoint le géant japonais SoftBank et le gouvernement américain pour soutenir l'ancien leader des puces, qui a perdu du terrain ces dernières années après avoir manqué des virages technologiques clés.
"C'est le dilemme: si Masayoshi Son n'est pas proche de Trump, il n'est pas utilisable. Mais s'il est trop proche, c'est dangereux"L'administration du président Donald Trump a surpris l'industrie technologique l'an dernier en prenant une participation de 10 % dans le capital d'Intel, reconnaissant l'importance stratégique de l'entreprise qui a propulsé la révolution du PC et d'internet.
Nvidia monte
Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown, évoque des "rumeurs […] selon lesquelles la Chine aurait discrètement autorisé les entreprises à prendre des commandes pour les puces H200 de Nvidia". "Si cette approbation se confirme, elle pourrait débloquer des dizaines de milliards de dollars de revenus additionnels pour Nvidia", poursuit-il.
Mi-janvier, les États-Unis avaient formellement autorisé l'exportation par Nvidia de ses puces électroniques H200 vers la Chine, sous conditions, en application du revirement politique qu'avait annoncé début décembre Donald Trump. Nvidia prenait 1,55 % dans les premiers échanges à Wall Street.
L'or s'approche des 5.000 dollars l'once
"Le dollar a continué de reculer, les investisseurs se tournant vers des actifs non américains dans un contexte d'incertitudes politiques et de tensions géopolitiques", souligne Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
Le prix de l'or s'approche des 5.000 dollars l'onceL'or, valeur refuge face aux incertitudes et négociée en dollars, approchait ainsi d'un nouveau record vendredi, à 4.967,34 dollars l'once (31,1 g). Vers 13H00 GMT, il se stabilisait autour des 4.939,58 dollars. "Rien ne semble pouvoir freiner l'or à l'heure actuelle, alors que le seuil des 5.000 dollars l'once se rapproche", note Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB. "Ce mouvement est un signe clair que l'appétit pour le risque n'est pas pleinement rétabli", abonde Mme Ozkardeskaya.
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