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Londres: cet avocat risque des poursuites judiciaires pour avoir nettoyé une rivière polluée

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À l'est de Londres, l'Alders Brook, un affluent pollué de la rivière Roding, est devenu le théâtre d'une bataille environnementale aux allures de paradoxe. En cause: une vaste opération de nettoyage des eaux menée sur dix jours en mars, par l'avocat et militant écologiste Paul Powlesland et une quarantaine de bénévoles. Ces derniers ont retiré plus de 200 sacs de déchets, de mauvaises herbes, de branches et de limon.

Cette expédition de grande ampleur a toutefois fait bondir l'Agence britannique pour l'environnement. Dans un message publié le 25 juin sur le site du gouvernement, celle-ci indique avoir adressé une lettre d'avertissement à l'association fondée par Paul Powlesland, baptisée River Roding Trust et ayant piloté l'assainissement des eaux.

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«L'enquête a révélé que les travaux menés à Alders Brook en mars dernier avaient endommagé des habitats naturels et entraîné la propagation d'une espèce envahissante, la renouée du Japon, en raison du non-respect des protocoles de biosécurité», peut-on lire dans le communiqué. L'agence précise également que la mission de nettoyage n'avait pas été autorisée par le gouvernement.

Pour les partisans de l'initiative, le bilan est pourtant sans appel. L'opération a permis de retirer les débris polluants sur un tronçon d'environ 250 mètres et de redonner un écoulement naturel là où les boues et les matériaux déversés faisaient barrage. Selon les données obtenues par l'association de protection de la rivière Friends of the Roding, le Cran Brook déverse plus de 750.000 litres d'eaux usées brutes par an dans la Roding. Des travaux d'ampleur devraient ainsi être entrepris pour assainir la rivière, relève un article d'Econews.

Cette affaire a rapidement attiré l'attention de la presse britannique et, par ricochet, celle du grand public. Dans un premier temps, l'avocat risquait des poursuites judiciaires pour ces travaux non autorisés. L'Agence de l'environnement a finalement fait marche arrière, estimant que des lettres d'avertissement suffisaient. Selon elle, l'engagement de l'association en faveur de l'environnement est de bonne foi et les bénévoles n'avaient aucune intention d'endommager des habitats naturels, bien au contraire.

Les autorités se trompent de coupable

Ces dernières années, Paul Powlesland avait pourtant sollicité à plusieurs reprises l'agence environnementale afin qu'elle intervienne sur ce cours d'eau, sans succès. Il reste indigné par la réaction de l'institution qui n'agit pas, selon lui, «contre Thames Water [l'entreprise chargée de la gestion de l'eau dans l'agglomération de Londres, ndlr] pour avoir déversé des milliards de litres d'eaux usées dans la Roding, ni contre les criminels qui ont déversé des milliers de tonnes d'ordures sur ses rives, mais agit contre le River Roding Trust pour… avoir restauré une rivière sans permis.»

Pour le militant, qui se dit «soulagé» d'avoir évité des poursuites, l'affaire est loin d'être terminée. La Roding et ses affluents doivent être restaurés bien au-delà de cette opération ponctuelle. Avec son association, il plaide pour des mesures drastiques contre la pollution.

L'Agence pour l'environnement, de son côté, affirme soutenir les associations locales œuvrant pour les rivières et partager l'objectif de protection des écosystèmes fluviaux cher au River Roding Trust. Elle a invité l'association à discuter des prochaines étapes et souhaite l'aider à obtenir les autorisations nécessaires. Au Royaume-Uni, un permis garantissant que les travaux n'endommagent pas le lit de la rivière, est obligatoire avant toute opération. En mars, l'association n'en disposait pas.

Paul Powlesland ne croit toutefois pas à un apaisement des tensions. «Je l'ai déjà dit à l'Agence pour l'environnement, et je le répète: même si elle parvenait d'une manière ou d'une autre à passer outre l'opinion publique, à porter l'affaire devant les tribunaux et à me faire emprisonner pour avoir restauré une rivière sans autorisation, je purgerais chaque jour de ma peine avec une joie immense dans le cœur. À ma sortie de prison, je referais exactement la même chose. Et elle ne peut absolument rien faire pour m'en empêcher», a-t-il affirmé début juillet dans les colonnes du Telegraph. Une déclaration qui laisse peu de place au compromis. Les prochains mois diront si River Roding Trust poursuivra ses opérations, avec ou sans autorisation.

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