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Convaincre un promoteur privé d'intégrer un quota fixe de logements sociaux et abordables relève du parcours du combattant.
Alors que les travaux de la première phase du Quartier locatif Bernard Bélanger viennent de débuter, Bernard Bélanger raconte que les intéressés étaient nombreux, mais que peu d'entre eux ont accepté sa condition d'inclure 25 % de logements sociaux et abordables.
J’ai eu beaucoup de présentations, mais lorsque j'arrivais et que je disais que les logements sociaux, c'est obligatoire, trouver un promoteur, quelqu'un qui accepte tout ça, je vais vous dire, c'est un défi, témoigne l'homme d’affaires de 92 ans bien connu dans la région, notamment pour avoir positionné Premier Tech comme leader international.

L'homme d'affaires Bernard Bélanger est bien connu dans la région, notamment pour avoir positionné Premier Tech comme leader international.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Ils disaient: "si on investit, on veut garder notre liberté". J’ai dit : "alors, moi, je vais garder la bâtisse". Et pour moi, la bâtisse, c'est tout près de 70 ans de ma vie, raconte-t-il en désignant l’endroit où sa carrière d’entrepreneur a débuté, alors qu’il était dans la vingtaine.

Le point rouge indique le bâtiment cédé par Bernard Bélanger, qui doit être détruit pour construire les trois immeubles à logements. Il s'agit du 1300 avenue Painchaud à La Pocatière. (Photo d'archives)
Photo : Capture d'écran Google Earth
Ayant grandi dans une famille ouvrière, il veut que les gens moins nantis aient la possibilité d'avoir accès à un toit abordable dans la région.
C’est important parce que, dans la région, il y a des gens qui ont de la chance et des possibilités et d'autres qui sont un peu moins chanceux. Il faut aider ces gens-là , souligne-t-il.
Des conditions gagnantes
C'est finalement Marc-Vincent Girard, président de L'Alliance DBG, qui a accepté sa condition de 25 % de logements sociaux et abordables pour construire ce quartier de près de 250 logements.
Le promoteur explique que l'accès à un terrain sous la valeur marchande a permis de concrétiser la vision chère au cœur de M. Bélanger. Il assure que les coûts sont les mêmes pour construire des logements sociaux que des logements plus luxueux.

Le maire de La Pocatière, Vincent Bérubé, à la droite de Bernard Bélanger, et de Marc-Vincent Girard, président de L'Alliance DBG.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
On ne sauve pas dans le bois, on ne sauve pas dans le métal, on ne sauve pas dans le béton. Il faut trouver des sites qui vont se louer plus facilement, parce que le temps c'est de l'argent, et des sites qui vont peut-être être moins chers un peu, explique-t-il.
Il faut essayer de travailler les coûts avec les sous-traitants, les gens du secteur, pour avoir les meilleurs prix, et couper dans les coûts de construction. On n'invente rien ici : ce sont les mêmes défis qu’ailleurs, ajoute-t-il.
Des appartements neufs dans un an
La première phase de ce projet verra ses 86 premiers logements livrés dès juillet 2027.
Franchement, c'est que positif. Ça répond à différentes préoccupations : le logement étudiant, le logement social et un peu plus luxueux aussi, commente le maire de La Pocatière, Vincent Bérubé, affirmant que le logement était déjà une préoccupation généralisée au début de son premier mandat comme maire en 2021.

Le Quartier locatif Bernard Bélanger ressemblera à cette modélisation 3D. (Photo d'archives)
Photo : Alliance DBG
Le promoteur indique que les loyers des appartements, allant du studio au 5 ½, seront offerts à des prix variant entre 600 $ et 2000 $.
En marge de la conférence de presse pour la pelletée de terre inaugurale du chantier lundi midi, M. Bélanger a pressé M. Girard d’amorcer les démarches relatives à un autre terrain qu’il a aussi cédé de l’autre côté de la rue.
Il a rappelé au promoteur que le contrat stipule qu’il a cinq ans pour y construire un projet. Ça, c'est un beau terrain, et il ne me reste pas beaucoup de temps. Dépêchez-vous!, a lancé sur un ton de défi l’homme d'affaires nonagénaire.


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