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Fidèle aux promesses faites durant sa campagne électorale, le premier ministre désigné de la Colombie-Britannique et chef du Parti conservateur, Lorne Doerkson, envisage une approche différente de celle du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de logement.
Parmi les promesses faites : réduire les taxes et les frais de construction pour les nouveaux logements, simplifier le code du bâtiment et laisser les municipalités décider des zones où implanter la densification.
À cette fin, Lorne Doerkson s’est notamment dit disposé à revoir le projet de loi 44.
Adopté par le gouvernement néo-démocrate en 2023, il impose entre autres aux municipalités de plus de 5000 résidents à changer leurs règlements de zonage pour permettre la construction de logements multiples, comme des duplex, des triplex et des maisons de ville afin d’augmenter l’offre de logements dans la province.

Un complexe d'appartements dans le quartier Kitsilano, à Vancouver. (20 octobre 2026)
Photo : Radio-Canada / Sophie Chevance
En ce qui concerne le projet de loi 44, j’ai dit clairement pendant la campagne que Victoria ne savait pas quelle était la meilleure façon de construire des logements dans des endroits comme Terrace, Williams Lake ou Penticton, ou d’ailleurs, dans de nombreux cas, même à Vancouver, a indiqué Lorne Doerkson dans une entrevue accordée jeudi.
Partout où nous sommes allés pendant la campagne, nous avons entendu des communautés exprimer leur frustration à l’effet qu’il y avait peut-être d’autres options, de meilleures options, qui n’avaient pas été envisagées parce que quelqu’un avait décidé, autour d’une table de conseil, que ce serait la meilleure façon pour cette communauté d’accueillir ces logements, fait part M. Doerkson.
Je suis déterminé à avoir de meilleures discussions avec les municipalités.
Le premier ministre désigné s’engage à construire plus de logements, mais dans un meilleur dialogue avec les villes que le gouvernement précédent, qui a eu, selon lui, une approche autoritaire en la matière.
Le maire du district de North Vancouver, Mike Little, déplore qu’il n’y ait eu aucune consultation faite par le gouvernement précédent sur cette question.
C’est un gros dossier que l’on va suivre, affirme de son côté le nouveau maire élu de West Vancouver, Kirk Lapointe. Personne n’aime être forcé sur cette question. Plusieurs municipalités ont été effectivement frustrées par ces cibles difficiles à atteindre. C’est une bonne chose que de se pencher sur cette réalité.
Pour le maire élu de Saanich, Rishi Sharma, c’est aussi une bonne nouvelle. L'opposition au projet de loi 44 a d’ailleurs été l'un des piliers durant la campagne électorale municipale. Selon lui, ce dernier a permis à des projets immobiliers à forte densité de contourner les audiences du conseil municipal et a réduit au silence les conseillers municipaux.
Ils avaient le sentiment de ne pas pouvoir s'opposer à une proposition particulière, car la législation provinciale impose de force certaines densités.

Maisons flottantes, aux quais de Victoria. (Photo d'archives)
Photo : Marie-Ève Bérubé
Les conservateurs ont promis de redonner davantage de pouvoir de décision aux collectivités locales, notamment une plus grande influence sur le choix des emplacements où augmenter la densité. Ce positionnement repose sur un principe légitime, étant donné que la Colombie-Britannique est une province vaste et diversifiée, reconnaît pour sa part l'Association immobilière de la Colombie-Britannique (BCREA).
Les besoins en matière de logement du centre-ville de Vancouver ne sont pas les mêmes que ceux du district régional de Cariboo. Cela dit, la flexibilité locale ne doit pas devenir un euphémisme pour empêcher la construction de logements.
Loin d’être une panacée, les projets de loi 44 et 47 ont été présentés pour s’attaquer aux obstacles réels du système immobilier en Colombie-Britannique. Le cadre provincial vise à faire évoluer les collectivités, en les éloignant des longs processus de rezonage site par site pour les orienter vers une planification proactive pour la création de logements.
La BCREA admet que le changement de gouvernement en Colombie-Britannique est un événement majeur qui entraînera inévitablement des changements au niveau des priorités et de l'approche.
Dans l’immédiat, les questions qui se posent sont de savoir quelles politiques seront maintenues et dans quelle mesure le nouveau gouvernement parviendra à traduire ses engagements de campagne en une croissance du nombre de logements et une meilleure accessibilité.
En matière de logement, Lorne Doerkson a également évoqué d’éventuelles modifications de la législation sur les locations de courte durée, qui vise à limiter la pénurie de logements et a contraint des milliers de logements Airbnb en Colombie-Britannique à quitter le marché.


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