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HUMOUR. Liliane Blanco-Binette sera de passage à la Maison des arts Desjardins Drummondville le 30 octobre avec son spectacle Toréador, qui lui a permis de vendre 25 000 billets au Québec, en France, en Suisse et en Belgique en l’espace de quelques mois
Elle est une vedette des réseaux sociaux, cumulant des millions de vues. On l’a aussi vue dans Big Brother Célébrités en 2023 et en 2025, lors de l’édition All Stars. En mars 2026, elle est sacrée découverte de l’année aux Olivier.
«C’est vraiment un rêve», s’émerveille l’humoriste dans un entretien téléphonique avec L’Express. Lorsqu’elle ne foule pas une scène québécoise, c’est parce qu’elle se présente en Europe francophone, où elle est reçue «en Québécoise».
La Gatinoise adapte en effet très peu son spectacle, sinon pour changer le mot «chandail» par celui de «pull», par exemple. «Les Français, les Suisses, les Belges qui me suivent le font parce qu’ils m’ont connue sur les réseaux sociaux. Donc, de me dénaturer, juste pour être comprise encore plus, disons que ce n’est pas quelque chose que je suis prête à faire. La phonétique des Québécois, pour eux, est tellement drôle, que même s’ils ne comprennent pas une blague, ils rient pareil!» explique-t-elle.
Liliane Blanco-Binette a près de 273 000 abonnés sur TikTok et 369 000 sur Instagram. Est-ce que ce sont les réseaux sociaux qui ont lancé sa carrière?
«C’est une bonne question. Il y a deux ou trois ans, je t’aurais répondu que oui. On dirait que maintenant, en vivant et en savourant ce que je traverse avec ma tournée, j’ai un petit peu plus de recul sur comment ça s’est passé».
La jeune femme a obtenu son diplôme de l’École nationale de l’humour en 2021. À cette époque, elle ne faisait pas encore de vidéos pour les réseaux sociaux. «Tu sais, je fais du stand-up depuis que j’ai 15 ans. Je suis vraiment allée faire mon millage, tu comprends. J’ai l’impression que, quand j’étais prête, quand j’ai trouvé un peu qui j’étais, puis comment je voulais véhiculer tout ce que j’avais à dire, les réseaux sociaux sont arrivés au parfait moment».
Bien que ce soit ce médium qui l’ait fait connaître, elle insiste sur l’expérience acquise en faisant de la scène. «Des shows qui ne marchent pas, des shows qui marchent… Je suis vraiment allée acquérir cette expérience-là parce que je n’aurais pas été prête, sans ça, à survivre au succès que j’ai connu grâce aux réseaux sociaux. Ça aurait été… un pet mouillé. Ça n’aurait rien fait, il fallait vraiment que j’aie de l’expérience», lance-t-elle de façon imagée.
Tout cela lui a donné de la solidité. Elle a aussi connu le côté business de l’humour. Par exemple, elle a d’abord été représentée par une autre agence que celle avec qui elle fait affaire aujourd’hui. «Le fait de rentrer dans une agence et de réaliser que c’est un bon fit pour d’autre monde, mais pas pour moi… » Elle s’est réorientée vers une agence qui va mieux assurer ses besoins, selon elle.
Tous ces détails cumulés l’ont préparée à gérer «l’adversité des réseaux sociaux, parce que c’est vraiment une jungle. C’est très dur de prévoir ce qui peut se passer sur les réseaux sociaux, mais ce qui est le plus facile à prévoir, c’est comment tu vas gérer grâce à ton expérience».
Émotion, symbolisme et sens
Liliane Blanco-Binette a toujours voulu faire de l’humour. «Moi, j’ai grandi avec Le cœur a ses raisons. Voir que du monde, c’est leur job! Ça a tellement, tellement arrangé mon ADN comique. Aujourd’hui, je me comprends encore mieux : je suis vraiment une fille de bloopers. Le décrochage contrôlé, comme rire de mes jokes, me trouver drôle, c’est très présent dans mes vidéos et sur scène. Je ne suis pas une fille qui se prend au sérieux. Je décroche tout le temps de mon personnage sur scène. Pour moi, ça s’apparente aux bloopers. C’est comme quand tu as trop de fun. Et c’est ça, ma job : c’est d’avoir trop de fun».
L’humoriste, dont la mère est Espagnole, souligne être quelqu’un pour qui le symbolisme a beaucoup d’importance. «Des fois, je suis un peu [une] clown triste. Je suis une fille d’émotions, de symbolisme et de sens. Toréador, pour moi, il y a quelque chose de beau et de triste entre les deux images d’un humoriste au beau milieu de sa scène, et d’un toréador, au beau milieu de son arène. Puis il y a quelque chose de tragique là-dedans. En Espagne, c’est culturel, puis c’est hyper acclamé comme spectacle. Mais t’as quand même juste un humain au beau milieu d’une arène qu’il ne peut pas quitter. Pour le spectacle, il faut qu’il se mette en danger».
Pour elle, c’est exactement ce qu’elle fait en stand-up, en parlant de mêmes sujets chaque soir. «Chaque soir, c’est comme si je grattais une cicatrice. Je prends la décision que cette cicatrice va devenir de plus en plus visible sur moi, considérant que je la gratte, et que je la gratte. Je pense que les gens n’ont pas toujours conscience du danger dans lequel les humoristes peuvent se mettre sur scène aux dépens du spectacle. Pour moi, le parallèle entre les deux, il était vraiment là».
Est-ce que le taureau est le sujet abordé ou l’artiste elle-même? «Dois-je tuer la bête? Faire la paix avec? Il y avait tout ça dans le symbolisme».
Rêves d’avenir
Liliane Blanco-Binette avoue qu’elle aimerait beaucoup jouer dans des œuvres de fiction. Elle souhaite aussi continuer la radio, elle qui a été en ondes à Rouge FM cet été avec Bryan Audet et Félix-Antoine Tremblay. Elle aimerait aussi avoir une deuxième saison au balado qu’elle a fait avec Coco Belliveau, intitulé Fausse bonne idée.
Ouverte à tout, elle souhaite continuer d’être heureuse et de donner aux gens qui la suivent. Olé!


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