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Quatre priorités agricoles pour le nouveau gouvernement

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AGRICULTURE. La Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec interpelle le nouveau gouvernement concernant quatre enjeux jugés prioritaires pour les producteurs agricoles de la région.

En marge de son assemblée générale annuelle, la Fédération a tenu un point de presse, jeudi.

L’organisation réclame des actions dites «concrètes» dans les 100 premiers jours du nouveau gouvernement sur les enjeux prioritaires suivant : les budgets alloués à l’agriculture dont la relève agricole, la protection du territoire, la réduction significative de la bureaucratie au sein du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) ainsi que des programmes adaptés pour les fermes de proximité.

«Ces revendications visent à assurer la viabilité des fermes, à pérenniser l’avenir de notre agriculture et mettre de l’avant-plan l’importance des fermes au sein de nos communautés», précise la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, par voie de communiqué de presse.

Participant à l’assemblée générale annuelle, le président général de l’UPA, Martin Caron, a rappelé que la récente campagne électorale a permis d’insister sur les enjeux agricoles et forestiers «les plus pressants», à commencer par un soutien à la hauteur des besoins, une adhésion indéfectible à la protection du territoire et des activités agricoles, ainsi qu’un environnement axé sur la compétitivité.

«Notre message à toutes les formations politiques était sans équivoque : l’agriculture et la foresterie sont des actifs stratégiques qui façonnent le visage de nos régions sur les plans géographique, communautaire et économique, a déclaré M. Caron. Leur pérennité est essentielle à l’autonomie et à la sécurité alimentaire des Québécoises et Québécois.»

«Les décisions du nouveau gouvernement doivent permettre de consolider rapidement cette contribution inestimable tout en ouvrant la voie à l’atteinte de notre plein potentiel agroalimentaire sur tous les marchés», a-t-il ajouté.

Hausse du budget alloué à l’agriculture

La Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec rappelle que les gouvernements à travers le monde consacrent en moyenne 2 % de leurs dépenses à l’agriculture, alors que le soutien gouvernemental québécois n’atteint même pas 1 % des dépenses publiques, soit environ 1,5 G$ sur un budget de 170,8 G$.

La Fédération note que le revenu net agricole est passé de 1,2 G$ en 2021 à seulement 154,9 M$ en 2025, une diminution qui illustre, selon elle, la fragilité grandissante du secteur.

«En parallèle, la dette agricole a atteint un sommet historique de 34,2 G$ en 2025, spécifie la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec. Cette combinaison fragilise la capacité des productrices et producteurs à investir, à maintenir la viabilité de leurs entreprises.»

De plus, alors que près de 40 % des producteurs agricoles québécois sont âgés de plus de 55 ans et que 78 % des entreprises agricoles de la province n’ont pas de plan de relève, la Fédération croit qu’il est vital que le nouveau gouvernement intervienne, et ce, rapidement, afin d’assurer la pérennité des fermes, et ainsi, d’un secteur économique névralgique pour plusieurs régions.

Protection du territoire

Au Québec, seulement 2 % du territoire est composé de sols de bonne qualité pour l’agriculture. Le Québec a perdu plus de 17 200 hectares de terres agricoles ces dix dernières années, selon les données de la Commission de la protection du territoire agricole. C’est l’équivalent de 21 000 terrains de football.

Malgré cette rareté, les terres agricoles continuent de faire face à différentes pressions.

«Chaque année, certaines superficies sont converties au profit de l’étalement urbain, de projets industriels ou de la spéculation, fait savoir la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec. Leur protection doit être une priorité dans l’ensemble des politiques publiques du nouveau gouvernement. C’est seulement de cette façon qu’il pourra assurer la souveraineté alimentaire.»

Plus de flexibilité du ministère de l’Environnement

La lourdeur administrative et réglementaire imposée aux entreprises agricoles par le MELCCFP freine leur développement, fragilise leur capacité à investir et peut compromettre leur avenir, explique la Fédération du l’UPA du Centre-du-Québec.

«Pour plusieurs entreprises agricoles, cela signifie moins de temps dans leurs champs et plus de coûts à absorber, ajoute-t-elle. La demande du milieu agricole est connue. Laissez les producteurs exercer leur profession, ce pour quoi ils sont formés, soit de nourrir la population.»

La Fédération suit de près plusieurs dossiers dans lesquels «l’incohérence du MELCCFP nuit grandement au développement agricole, notamment le cas de la Ferme Valeyre, où le producteur ne peut pas reconstruire après un sinistre parce qu’il est paralysé par un processus administratif».

Des programmes mieux adaptés aux fermes de proximité

Près de 45 % des entreprises agricoles du Centre-du-Québec sont des fermes de proximité. Pour la Fédération, il est essentiel que leur réalité soit mieux comprise et prise en compte dans les décisions gouvernementales.

«C’est pourquoi les nouveaux élus doivent sensibiliser les ministères, les institutions financières et les organismes qui accompagnent les productrices et producteurs à la diversité des modèles agricoles et à l’importance de ces entreprises pour nos communautés, détaille-t-elle. Cette meilleure compréhension doit se traduire par des programmes, des critères et des modalités d’accompagnement adaptés à leur réalité.»

Julie Bissonnette, présidente de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, fait savoir que ce sont quatre enjeux sur lesquels le nouveau gouvernement peut dès maintenant mettre en place des solutions qui auront des «impacts majeurs» pour le milieu agricole.

«Ces demandes sont connues par les décideurs, continue-t-elle. Nous avons eu de bonnes conversations avec les candidats lors de la période électorale à ce propos. Il est maintenant temps de passer à l’action.» (TO)

(Source : Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec)

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