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Du lichen microscopique aux vagues qui sculptent le littoral, le Musée de la Côte-Nord accueille deux expositions aussi vivantes que la nature qu’elles évoquent. Les artistes nord-côtières Chantal Harvey et Catherine Arsenault transportent le public dans leur vision bien à elles de cette nature qui nous entoure.
Entre les nombreux convives qui sirotent leur vin, l'œil des visiteurs est rapidement attiré par la pièce de résistance colorée de Suite Lichen. Une large fresque représentant des lichens superposés couvre presque entièrement le mur de la salle d’exposition.

La fresque colorée qui tapisse le mur est "vivante" comme le lichen, jure Chantal Harvey.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Ce n’est pas la première fois que le lichen de Chantal Harvey s’installe au Musée de la Côte-Nord. Toutefois, à l’image de cet organisme mi-algue, mi-champignon, l'œuvre évolue, s'étoffe et se métamorphose à chaque nouvelle itération.
Dans le fond, c’est une œuvre vivante qui toujours se transforme, un peu comme la nature elle-même, résume l’artiste-graveuse de Baie-Johan-Beetz. Les lichens se superposent et se complètent. C’est la même chose pour l'œuvre que vous voyez ici.
Regarder où l'on marche
C’est au microscope que Chantal Harvey découvre l'univers multicolore que recèle le lichen, un monde de détails normalement invisibles à l'œil nu. C’est en quelque sorte pour attirer l’attention sur cette nature méconnue qu’elle a souhaité la représenter ainsi.

Chantal Harvey a bénéficié de l'aide de lichenologues pour fidèlement rendre vie à ses œuvres.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Quand on les voit gros comme ça, on ne peut pas faire autrement que réfléchir à l'endroit où on met les pieds, explique Chantal Harvey. Si on marche dessus, on les écrase. On ne le sait pas, ça peut peut-être prendre 30 ou 50 ans avant qu’ils ne repoussent.

« Quand on les voit gros comme ça, on ne peut pas faire autrement que réfléchir à où on met les pieds », explique l'artiste Chantal Harvey.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Tout mon travail est inspiré par la nature, depuis toujours.
Contempler où l'on demeure
Quelques mètres plus loin, le son des vagues guide le public vers un autre univers. C’est dans un espace monochrome à l’image de la flore laurentienne et du mouvement des eaux que l’artiste visuelle baie-comoise Catherine Arsenault présente Je te dessinerai cette ligne fine où je demeure.

Catherine Arsenault présente "Je te dessinerai cette fine ligne où je demeure" au Musée de la Côte-Nord.
Photo : Gracieuseté / Catherine Arsenault
Fruit de cinq années de recherche à sillonner le territoire, l'exposition regroupe dessins, sculptures, impressions et projections vidéo en rotoscopie. Pour l'artiste, ce sujet s'imposait comme une évidence. Ce sont des espaces qui nous rentrent dedans puis qui nous marquent profondément.
Parmi les œuvres présentées, ses sculptures intègrent des formes qui rappellent à la fois des racines et des bras humains. Une façon pour l'artiste d'honorer la lignée de femmes de sa famille qui ont habité ce territoire et de s'insérer elle-même dans cet environnement.

Entre racines et bras humains, les sculptures de Catherine Arsenault honorent sa lignée ancestrale.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Je m'excluais toujours du paysage comme si je ne faisais pas partie de cette nature, alors qu'on y est.
En exposant ces petits phénomènes de la nature au grand jour, elle souhaite, comme Chantal Harvey, inviter le public à s'émerveiller de ce qui nous entoure.

Catherine Arsenault a terminé cette sculpture directement dans le musée, avant le vernissage.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Bercée par les captations sonores de la rivière Moisie, la salle a été pensée comme un refuge méditatif pour les visiteurs, à qui elle espère offrir un moment d’apaisement dans tout ce qui va mal sur la planète.


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