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La France a condamné, lundi, ces « incidents gravissimes » et demandé la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. La veille, un casque bleu indonésien avait été tué par l’explosion d’un projectile d’origine inconnue dans la zone frontalière avec Israël.

La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a annoncé la mort, lundi 30 mars, de deux casques bleus supplémentaires dans « une explosion » dans le sud du Liban, au lendemain d’un autre événement fatal à la frontière.

L’armée libanaise, qui tente de rester à l’écart de la guerre entre le Hezbollah et Israël, a subi une « agression israélienne directe sur un barrage » sur la route côtière au sud de Tyr, tuant un soldat et en blessant cinq autres, a-t-elle annoncé dans un communiqué. Il s’agit de la première attaque contre un barrage militaire depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, sachant que huit soldats libanais ont été tués dans des bombardements israéliens alors qu’ils n’étaient pas en service.

Un véhicule de la Finul passe devant un soldat libanais, à Qlayaa, dans le sud du Liban, le 27 mars 2026. Un véhicule de la Finul passe devant un soldat libanais, à Qlayaa, dans le sud du Liban, le 27 mars 2026.

En outre, « deux soldats de la Finul ont été tragiquement tués dans le sud du Liban (…) par une explosion d’origine inconnue ayant détruit leur véhicule près de Bani Hayyan », à la frontière, et deux autres ont été blessés, a annoncé la Finul dans un communiqué. Elle a dit mener une enquête sur l’événement, alors que la veille un casque bleu indonésien a été tué par l’explosion d’un projectile d’origine inconnue dans la zone frontalière.

Israël dit procéder à un « examen approfondi » des incidents

La France a demandé la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies en raison des « incidents gravissimes subis par les casques bleus de la Finul », a annoncé le ministre des affaires étrangères français dans un message sur la plateforme X, lundi.

« Ces incidents font l’objet d’un examen approfondi afin d’en clarifier les circonstances et de déterminer s’ils résultent d’une activité du Hezbollah ou de l’armée israélienne », a déclaré, mardi matin, l’armée de l’Etat hébreu sur Telegram. « Il faut noter que ces incidents se sont produits dans une zone de combats actifs », a-t-elle ajouté, appelant à « ne pas présumer » qu’elle était responsable.

Le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a condamné, lors d’un point-presse à New York, ces « événements inacceptables » et déclaré que « tous les actes qui mettent en danger les forces de maintien de la paix doivent cesser ».

Profonde incursion terrestre dans le Sud

Les frappes israéliennes ont tué plus de 1 200 personnes, et en ont blessé plus de 3 600, selon le dernier bilan du ministère de la santé. A Beyrouth, des bombardements ont visé dans la matinée la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah, à la suite d’un avertissement israélien, selon des images de l’Agence France-Presse (AFP). Dans le même temps, une frappe a visé un immeuble résidentiel situé en bordure de cette banlieue, tuant trois membres du Hezbollah et en blessant trois autres, d’après une source sécuritaire.

L’armée israélienne a annoncé dans un communiqué avoir « mené une frappe sur Beyrouth et éliminé (…) un commandant adjoint de l’unité 1800 » qui sert de liaison entre le Hezbollah et « des formations palestiniennes actives au Liban, à Gaza, en Syrie » et en Cisjordanie. Cette frappe a également tué « un officier chargé des opérations » et un agent au sein de cette unité, a ajouté l’armée israélienne.

L’armée israélienne a annoncé en outre mener des frappes à Beyrouth contre des infrastructures du Hezbollah. Elle a adressé en début de soirée un avis d’évacuation aux habitants de plusieurs localités du sud et de l’est du Liban, y compris la Bekaa occidentale, district généralement épargné par les avis d’évacuation.

Le président libanais, Joseph Aoun, a condamné toute « atteinte » à la Finul, dont il a contacté le commandant, le général italien Diodato Abagnara. Le dirigeant libanais poursuit ses « contacts internationaux (…) pour faire avancer le processus menant à des négociations avec Israël », selon un communiqué de la présidence.

Mais Israël ne donne pas suite à ses appels, et son premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a ordonné dimanche à l’armée israélienne « d’étendre la zone de sécurité » dans le sud du Liban, où son armée mène une profonde incursion terrestre.

Le Hezbollah a revendiqué, dans des communiqués, des attaques contre des troupes et des positions israéliennes dans la zone frontalière du sud du Liban. Il a dit s’engager dans des « affrontements violents » avec une force israélienne dans la localité frontalière d’Aïnata. Le mouvement pro-iranien a également affirmé avoir lancé des missiles contre une base des services de renseignement dans la banlieue de Tel-Aviv.

L’armée israélienne a annoncé lundi qu’un soldat avait été tué et un autre grièvement blessé dans les combats au sud du Liban, portant à six le nombre de ses soldats tués depuis le 2 mars.

Le Monde avec AFP

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