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Alors que le gouvernement qualifie ce geste de «populiste», la patronne des députés RN le défend, y voyant au contraire un «respect de la volonté exprimée par les Français» lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne.
Passer la publicité Passer la publicitéPas de sujet pour Marine Le Pen. Fustigé par le gouvernement et le bloc central, le retrait du drapeau européen par plusieurs nouveaux maires du Rassemblement national (RN), élus lors des dernières municipales, est à l’inverse défendu par la chef de file des députés nationalistes. Dans une interview accordée mardi au Parisien, elle dit laisser les élus concernés décider, estimant que cela relève de leur «liberté de choix». Une position qu’elle justifie par le rejet par référendum de la Constitution européenne en mai 2005. «Depuis cette date, aucun texte n’oblige à poser le drapeau européen sur le fronton de la mairie», argumente-t-elle. Et d’en tirer une conclusion : «Un certain nombre de maires considèrent que le respect du vote et de la volonté exprimée démocratiquement par les Français nécessite de pavoiser les municipalités exclusivement avec le drapeau national», assure-t-elle.
Quitte à assumer son désaccord avec sa nièce, Marion Maréchal. Là où l’eurodéputée voit dans ce choix un «signe d’une protestation symbolique (et légitime) contre l’étouffement bureaucratique, progressiste et, bien souvent, anti-national de Bruxelles», mais défend «l’une des rares références à notre civilisation au sein de l’institution européenne», la triple candidate à la présidentielle se démarque sur ce point. «Libre à elle de le revendiquer, si elle le souhaite. Moi, je ne me reconnais pas dans ce drapeau qui, même si à l’origine il était sans doute drapé de bonnes intentions, est devenu aujourd’hui le symbole d’une forme d’oppression sur notre démocratie que je conteste», grince-t-elle.
La députée du Pas-de-Calais monte ainsi en première ligne, après que le maire de Carcassonne (Aude), Christophe Barthès, celui de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), Bryan Masson, ou encore celui de Harnes (Pas-de-Calais), Anthony Garénaux-Glinkowski, ont essuyé les critiques du camp présidentiel pour avoir décroché le drapeau bleu aux douze étoiles jaunes. «Vont-ils aussi refuser les fonds européens que touchent nos agriculteurs, nos entreprises pour la réindustrialisation, nos territoires ? Vont-ils rendre leurs indemnités du Parlement européen ?», s’est interrogé auprès de l’AFP le ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad. La preuve, à ses yeux, que le «populisme» est toujours de mise dans les rangs du RN.
Reste qu’aucun texte de loi n’impose la présence du drapeau européen sur les façades des mairies, à l’exception du 9 mai, journée de l’Europe. Et pour cause : la Constitution ne reconnaît que le drapeau tricolore. Signe que le sujet dépasse le simple symbole, une proposition de loi visant à rendre obligatoire le pavoisement des drapeaux français et européen au fronton des mairies de plus de 1500 habitants avait été adoptée par l’Assemblée nationale en 2023. Transmise au Sénat, elle n’a toujours pas été examinée, trois ans plus tard, par la Chambre haute.


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