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Les volcans et les méga-incendies peuvent-ils expliquer le réchauffement actuel ? Cette étude du MIT change la donne

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C'est une question souvent posée par les climatosceptiques afin de disculper l'Humanité : comment peut-on affirmer avec certitude que le réchauffement climatique global actuel est lié aux activités humaines et pas aux volcans ou autres phénomènes naturels émettant du CO2 ? L'objectif de cette question est bien sûr d'associer le réchauffement climatique à une origine naturelle, ne nécessitant donc pas de mettre en œuvre des mesures de réduction des émissions.

Mesurer l’impact climatique des volcans et feux de forêt pour comprendre l’impact humain

Face à cette posture, il faut bien rappeler que si le CO₂ d'origine humaine ne se distingue pas visuellement du CO₂ naturel, ses signatures isotopiques et son évolution dans l'atmosphère permettent d'identifier clairement son origine majoritairement anthropique.

Toutefois, il est vrai que les volcans, tout comme les feux de forêt, peuvent injecter des millions de tonnes de gaz à effet de serre et d'aérosols dans l'atmosphère, capables d'affecter le climat à l'échelle globale. Les exemples de telles perturbations climatiques sont nombreux dans l'histoire terrestre, y compris dans l'histoire moderne.

Phénomènes météo extrêmes, disparition de la biodiversité et raréfaction de l'eau douce © image générée par l'IA chatGPT
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Alors pourquoi attribuer principalement le réchauffement actuel aux activités humaines ? Tout simplement parce que les niveaux d'émissions anthropiques sont encore bien plus élevés que ceux des volcans ou des feux de forêt. Il s'agit d'un fait mesuré et prouvé par de nombreuses études.

Toutefois, l'impact spécifique des émissions de gaz et de particules par le volcanisme ou les incendies reste difficile à déterminer. Il s'agit pourtant de paramètres importants pour comprendre exactement « notre » impact.

Les méga-incendies peuvent avoir un impact sur le climat. © toa555, Adobe Stock

Trois événements naturels et majeurs aux conséquences climatiques mesurables

Une équipe de chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) vient cependant de développer une nouvelle approche permettant d'identifier le signal spécifique de ces deux phénomènes naturels. En se basant sur des observations satellitaires et des modèles climatiques, les chercheurs ont analysé des séries de températures atmosphériques sur plusieurs décennies pour voir si les perturbations causées par des événements extrêmes ressortent clairement du « bruit » naturel du climat.

Les scientifiques ont ainsi analysé l'impact des trois événements naturels récents les plus importants :

  • l'éruption du Mont Pinatubo en 1991 : 20 millions de tonnes d'aérosols injectés dans l'atmosphère ;
  • les feux de forêt qui ont affecté l’Australie en 2019 et 2020 : 1 million de tonnes de particules émises ;
  • l'éruption du volcan sous-marin Hunga Tonga en 2022 : 150 millions de tonnes de vapeur d'eau produites !

Éruption du Pinatubo aux Philippines, en 1991. © AFP, Arlan Naeg

Il apparaît que ces trois événements majeurs ont bel et bien eu un impact significatif sur la température de l'atmosphère.

Après 700 000 ans de sommeil, le volcan Taftan, en Iran, se met à gonfler sous la pression du magma. © Amirhossein Nikroo, Wikipedia
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L'éruption du Pinatubo a entraîné un réchauffement de la stratosphère couplé à un refroidissement de la troposphère d'environ 0,7 °C, tandis que les incendies australiens ont causé un réchauffement de la stratosphère d'environ 0,77 °C, et que l’éruption du Hunga Tonga a causé un refroidissement d'environ 0,5 °C de cette couche intermédiaire de l'atmosphère. Toutefois, ces deux derniers événements n'ont pas affecté la troposphère, qui est la couche la plus basse et celle qui subit actuellement le réchauffement le plus rapide.

L'éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai le 15 janvier 2022 vue de l'espace. © Jamie Perera, Midjourney

Le rôle de l’Humanité renforcé

Il faut également préciser que pour les trois événements, l'impact climatique n'a été que transitoire et a totalement disparu en quelques années.

« Les incendies australiens et l'éruption du Hunga Tonga ont vraiment frappé très fort aux altitudes stratosphériques, et cette étude montre pour la première fois comment quantifier l'intensité de cet impact, explique Susan Solomon, co-auteur de l'étude publiée dans PnasJe trouve leur effet en haute altitude tout à fait remarquable, mais la question persistante est de savoir pourquoi les dernières années ont été si chaudes plus bas, dans la troposphère - le fait de pouvoir écarter ces événements naturels renforce encore davantage le rôle des influences humaines ».

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