NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Au début de mars, Karen Oxley, l’urbaniste principale de Morinville, une municipalité en forte croissance située à 40 minutes au nord d’Edmonton, en Alberta, a demandé l’aide du conseil municipal pour faire accepter un projet de densification douce dans cette ville de 10 000 habitants. Son équipe travaillait à un nouveau règlement destiné à mettre en œuvre le plan de croissance de la municipalité, qui vise à construire davantage de logements et d’espaces commerciaux, tout en permettant plus facilement aux résidants de se rendre à pied aux commerces, aux parcs et aux installations récréatives.
« La croissance suppose des changements et, pour beaucoup de gens, le changement est déplaisant. Ce projet offrira des occasions de diversion et d’opposition », a expliqué Mme Oxley. « Vous vous souviendrez peut-être que, ces dernières années, les villes du quart d’heure, le contrôle gouvernemental et les excès de pouvoir ont soulevé la controverse. Ce discours est né de ce type de projets de planification et d’aménagement. »
L’équipe d’urbanisme a besoin que les conseillers municipaux « défendent le projet, ce qui sera essentiel pour dissiper les mythes et contrer tout récit communautaire ou politique qui pourrait s’enraciner » dans la collectivité, a-t-elle ajouté.
Ses inquiétudes remontent à la fin de 2022, lorsqu’une théorie conspirationniste au sujet des villes du quart d’heure a commencé à circuler sur les réseaux sociaux de droite. Si l’expression « ville du quart d’heure » désigne bel et bien un concept en urbanisme — celui de quartiers suffisamment propices à la marche ou au vélo pour permettre à chacun de répondre à ses besoins en 15 minutes de déplacement —, la théorie du complot en a fait une sombre dystopie.
Quelques semaines après son apparition en ligne, la théorie conspirationniste avait débordé dans le monde réel, alimentant une puissante réaction hostile à des initiatives locales d’urbanisme et d’environnement qui, auparavant, auraient laissé la plupart des citoyens indifférents.
Les efforts déployés par les collectivités locales pour créer des quartiers où l’on peut se déplacer à pied ont été présentés comme une forme d’autoritarisme déguisé. D’Oxford, au Royaume-Uni, où la théorie a d’abord pris forme, jusqu’à Edmonton, Vancouver et des municipalités rurales des monts Kootenay, en Colombie-Britannique, des urbanistes et des élus qui tentaient de mettre en œuvre des mesures de durabilité se sont heurtés à des manifestants convaincus que ces mesures cachaient un complot néfaste.
« On peut facilement balayer du revers de la main ces théories du complot et, bien sûr, certaines sont vraiment extravagantes », a soutenu Simon Joss, professeur d’urbanisme durable à l’Université de Glasgow, qui a étudié la théorie conspirationniste entourant les villes du quart d’heure. « Mais, en même temps, il faut aussi essayer de comprendre comment ces théories sont nées » afin de savoir comment en atténuer les effets.
Les séquelles du confinement
Selon lui, la théorie conspirationniste de la ville du quart d’heure est un produit de la réponse draconienne du Royaume-Uni à la pandémie de COVID-19. Le pays a connu, entre 2020 et 2022, plusieurs confinements stricts qui ont considérablement limité la liberté de circulation de la population et entraîné la fermeture temporaire d’espaces démocratiques essentiels, comme les consultations publiques.
Pendant cette période, les administrations municipales qui gouvernent la ville et la région d’Oxford, au Royaume-Uni, ont simultanément entrepris de créer des quartiers à faible circulation automobile. Mais les deux administrations ont présenté des plans légèrement différents, sans expliquer adéquatement leurs divergences ni préciser qui était responsable du projet. Le conseil municipal a aussi employé l’expression « ville du quart d’heure » et fait référence aux Nations unies dans sa description du plan, contrairement à l’administration métropolitaine, ce qui a créé « une grande confusion » et alimenté la controverse, a expliqué M. Joss.
Les confinements — et les révélations selon lesquelles le premier ministre britannique de l’époque, Boris Johnson, contrevenait lui-même aux règles strictes — ont accentué l’inquiétude des résidants, qui craignaient que le plan soit imposé sans leur participation ni leur consentement. Les bénéfices environnementaux mis en avant par les partisans des villes du quart d’heure, combinés à la volonté du gouvernement britannique de lutter contre les changements climatiques, ont fourni aux conspirationnistes de quoi présenter la ville du quart d’heure comme un « confinement climatique ».
La théorie conspirationniste des villes du quart d’heure s’inscrit dans le récit voulant que « les élites libérales de gauche disposent de ces pouvoirs pour restreindre notre liberté personnelle », a dit Katie Mulkowsky, une urbaniste qui a étudié les conséquences des théories du complot sur la planification de la durabilité.
Des réseaux sociaux antivaccins et de droite ont propagé cette théorie au Canada, y compris dans la région des Kootenay, en Colombie-Britannique. En 2023, les urbanistes du district régional de Central Kootenay ont été forcés de suspendre des consultations publiques sur le plan d’action climatique du district en raison de manifestations et de menaces inspirées par cette théorie.
« Il y avait une désinformation assez forte sur la nature du plan d’action climatique », a indiqué Aimee Watson, qui présidait alors le conseil du district.
« [La désinformation] concernait le contrôle des terres et des choses, comme [l’idée] que nous allions interdire les poêles à bois, que nous allions interdire le nombre d’animaux qu’on pouvait avoir sur une ferme », a-t-elle raconté dans une entrevue récente.
Même si, selon Mme Watson, les manifestations dans les Kootenay ont cessé dès que le district régional a adopté son plan d’action climatique, après quelques mois de consultations houleuses, la théorie conspirationniste persiste, prête à alimenter l’opposition aux mesures d’aménagement dans des collectivités partout au pays.
Au cours des derniers mois, l’idée a été évoquée des dizaines de fois dans des séances de conseils municipaux au Canada. En mars, par exemple, le résident de Calgary Chris Marchuk a invoqué cette théorie pour appuyer une motion visant à annuler le plan de densification adopté par la ville deux ans plus tôt. La motion a été adoptée.
À Clarington, en Ontario, la citoyenne Terry Rekar s’est servie des villes du quart d’heure pour attaquer l’immigration lors de l’audience budgétaire régionale de décembre.
Elle a affirmé qu’un « foyer d’aide sociale musulman » situé près de sa propriété était une « horreur » qui faisait baisser la valeur des maisons unifamiliales voisines. Elle a soutenu que le gouvernement régional utilisait l’Accord de Paris pour créer « les villes du quart d’heure dans lesquelles vous voulez tous nous jeter, avec tous ces immeubles à forte densité qui poussent partout », et elle a réclamé « un moratoire sur l’immigration ».
Lorsque le greffier l’a avertie que ses propos la plaçaient à la limite du « décorum nécessaire dans cette enceinte », elle l’a accusé de la traiter de « raciste ».
Et en septembre 2025, une résidente de Victoria, en Colombie-Britannique, Kathy Bligh, a affirmé que le conseil municipal était en train de « vendre les citoyens de cette ville » avec son plan de densification, dont elle a faussement soutenu qu’il s’agissait d’une manœuvre « pour retirer les gens de leurs terres et les envoyer dans des zones d’établissement humain denses et des villes du quart d’heure ».
Ces références à la théorie conspirationniste des villes du quart d’heure mettent en lumière une leçon que, selon MM. Joss et Mulkowsky, les urbanistes et les gouvernements devraient tirer de son essor rapide en 2023 : prendre le temps de communiquer clairement les plans municipaux et éviter de faire adopter des politiques sans répondre aux préoccupations des résidents.
« Il y a une part de vérité dans ce sentiment [qu’ont les gens] d’être laissés pour compte et de perdre confiance dans les institutions publiques », a dit Mme Mulkowsky. Les responsables publics et les urbanistes devraient éviter de balayer les préoccupations de ces personnes du revers de la main et plutôt chercher à communiquer avec elles dans une langue accessible, afin de rebâtir la confiance.
Mme Watson, l’élue des Kootenay, dit avoir retenu cette leçon, en particulier au moment où le district régional se prépare à des débats sur le rezonage au cours des prochains mois. Elle médite presque tous les matins avant de commencer sa journée de travail, une pratique qui, dit-elle, « lui donne de la patience avec les citoyens et la capacité d’écouter sans prendre leurs attaques personnellement ».
Ce n’est pas facile : « Pas plus tard qu’hier, on m’a traitée de “personne communiste et démoniaque” parce que j’ai une affiliation gouvernementale », a-t-elle dit.
Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle après avoir d’abord été publié en anglais dans le Canada’s National Observer.


17 hour_ago
15


























.jpg)






French (CA)