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Le nombre d’Ontariens de plus de 55 ans souffrant de troubles liés à la consommation d'opioïdes est en croissance, d'après la nouvelle étude d'un groupe de chercheurs qui propose un renforcement des mesures s'attaquant au fléau.
Le document de l'Ontario Drug Policy Research Network (ODPRN) note que le nombre d'adultes de 65 ans et plus ayant reçu un traitement par agonistes opioïdes (TAO) a sextuplé entre 2015 et 2025.
Le nombre d'adultes de plus de 55 ans qui ont eu recours au système de santé en raison d'un trouble lié à la consommation d’opioïdes (TCO) a quant à lui plus que doublé. Cela représente tout cas d'individus dont le TCO a été identifié par un travailleur de la santé lors d'une intervention médicale.

La Dre Tara Gomes est l'une des coauteurs du rapport du Ontario Drug Policy Research Network.
Photo : Radio-Canada
La Dre Tara Gomes, l'une des principales auteures du rapport, explique que la hausse du nombre de problèmes de consommation d'opioïdes est liée, entre autres, à l'isolement des personnes d'un certain âge et aux enjeux de mobilité et de transport auxquels ils font face.
Le type de médecin [qui les traite] ou de soutien qu'ils reçoivent n'est peut-être pas toujours adapté de manière à comprendre les gens qui consomment des drogues ou même en mesure d'identifier, potentiellement, qu'une personne a un TCO.
À cet effet, l'analyse relève qu'environ 78 % des adultes plus âgés qui décèdent des suites d'une intoxication aux opioïdes meurent à leur domicile. Cette donnée ne concerne que les adultes de cet âge qui sont décédés entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2024.
Les termes définis
Trouble lié à la consommation d’opioïdes : un trouble médical associé à un désir de consommer des opioïdes qui peut mener à une consommation chronique de la substance et à des comportements qui peuvent perturber les activités quotidiennes.
Traitement par agonistes opioïdes : un traitement recommandé pour les gens souffrant d'un TCO. Parmi les formes de TAO, on compte la méthadone et la buprénorphine-naloxone.
Des pistes de solutions
Les chercheurs du ODPRN offrent diverses pistes de solution afin de réduire les méfaits des opioïdes chez les personnes plus âgées, comme des soins à domicile plus spécialisés ou des centres de soins de longue durée plus adaptés.
Les chercheurs constatent qu'une personne sur quatre morte d'une intoxication aux opioïdes avait reçu des soins à domicile dans l'année précédant son décès. Il est essentiel d'approfondir les connaissances des travailleurs de ce secteur pour qu'ils soient en mesure de reconnaître les problèmes de consommation de leurs clients, lit-on dans le document.
Si quelqu'un souhaite vieillir à la maison et souffre d’un trouble de consommation d’opioïdes, nous devons nous assurer que le préposé aux bénéficiaires ou tout autre travailleur qui va chez cette personne comprend comment identifier et parler de la consommation de substances.
Si la personne obtient du soutien de sa famille, celle-ci doit, par exemple, comprendre comment administrer de la naloxone et savoir de quelle façon parler de ses préoccupations par rapport à la consommation de substances de ses aînés, poursuit la Dre Tara Gomes.
Des soins de longue durée
L'ODPRN observe aussi que peu de gens vivant avec un trouble lié à la consommation d'opioïdes habitent dans des foyers de soins de longue durée.
Le réseau estime qu'il faut examiner de plus près les critères d’admissibilité, l'état de préparation et la volonté d'appuyer les gens souffrant d'un TCO pour déterminer s'ils représentent des barrières à l'accès aux foyers de soins.
Pour la Dre Tara Gomes, les foyers de soins de longue durée sont aux prises, d'une certaine façon, avec le problème de l'œuf ou de la poule : les ressources y sont parfois insuffisantes, car on ne compte pas assez d'aînés nécessitant ce type de soins.
Étant donné que peu d'aînés souffrant de TCO habitent dans des foyers de soins, ceux-ci ont, par exemple, peu de personnel en mesure de vérifier l’état de santé de ceux à qui on a donné de la méthadone, dit la médecin.
Ces personnes, indique-t-elle, doivent être suivies afin de prévenir une sédation excessive ou encore pour éviter toute surdose accidentelle.


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