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Les travailleurs de l'Abitibi-Témiscamingue sont divisés quant à l'usage de l’intelligence artificielle (IA) dans un contexte professionnel. Certains veulent apprendre à l'intégrer, alors que d'autres s'y opposent fermement.
C'est du moins ce qu'observent les entrepreneurs réunis au second Rendez-Vous IA, qui se tient aujourd’hui au palais des congrès de Rouyn-Noranda.
On a émis un formulaire il y a quelques mois et on a été très surpris des réponses obtenues de la part de certaines personnes, confie Jessica Petit, gestionnaire mécanique chez Dubé Entreprises. Certains sont très ouverts, alors que d’autres sont beaucoup plus fermés qu’on pensait.

Mathieu Pépin, conseiller pédagogique au Centre de services scolaire de Rouyn-Noranda, considère qu'il faut se mettre à jour pour préparer les élèves.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
C’est une bonne question, analyse pour sa part Mathieu Pépin, conseiller pédagogique au Centre de services scolaire de Rouyn-Noranda. Pour certains, la nouvelle technologie peut faire peur, comme c’est souvent le cas avec toute nouveauté. À l’inverse, d’autres expérimentent et deviennent plus à l’aise. On travaille là-dessus en équipe pour mettre les gens à niveau et trouver une façon de l’intégrer à notre enseignement.
Lynda Robitaille, directrice générale à l'Institut intelligence et données de l'Université Laval, confirme observer des tendances similaires. Elle encourage de son côté les entreprises à utiliser l'intelligence artificielle tout en s’assurant d’établir de nombreux garde-fous humains.
L’IA peut tout faire, mais il faut la contrôler et s’assurer d’avoir les bonnes balises pour ne pas négliger le caractère éthique et tout ce qui relève des données personnelles.

Jessica Petit et Stéphanie Gélinas pensent que certains travailleurs sont ouverts et d'autres moins.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
La collègue de Jessica Petit, Stéphanie Gélinas, confirme à ce sujet que l’intention de Dubé Entreprises n’est pas d’éliminer des postes en utilisant l’intelligence artificielle, mais bien de libérer le personnel des tâches répétitives et cléricales au bénéfice de la créativité.
Le but, c’est d’optimiser les connaissances et les compétences de nos employés avec des tâches qui ont une valeur ajoutée et qui les font avancer, indique la surintendante ressources humaines et santé-sécurité chez Dubé. Ça n'enlèvera pas des emplois, mais peut-être que ça va rendre le travail plus agréable et moins répétitif.
Rester concurrentiel
Marie-Ève Barbes, conseillère stratégique chez ADN Organisation, juge normal les hésitations des travailleurs
Les entreprises qui commencent à aborder l’IA, c’est tout à fait normal qu’il y ait des promoteurs et des détracteurs, mentionne-t-elle. C’est à l’entreprise de bien structurer l’utilisation, l’éthique et les politiques pour rallier le personnel.

Julie Lemire et Marie-Ève Barbes, conseillères stratégiques chez ADN Organisation, croient que l'IA à le potentiel de bouleverser le milieu de l'emploi.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
Le Rendez-Vous IA a été organisé par l'organisme MicroEntreprendre Abitibi-Témiscamingue, en collaboration avec l'Institut intelligence et données de l'Université Laval. Martin Beaulieu, directeur général de MicroEntreprendre, décrit l’IA comme la nouvelle faille de Cadillac, soit un outil à exploiter pour les entreprises avant d’être surclassée. Pour lui, il est indispensable que l’humain demeure au cœur des réflexions et usages avec l’IA.
Une entreprise qui intègre l’IA en co-équipe peut augmenter sa productivité de deux à dix fois par tête, assure-t-il. Une entreprise avec huit ou dix employés peut tenir tête à une autre de 100 ou 110 employés en productivité, en efficacité et en coût d'opération. Les entreprises qui ne font pas le changement à court terme sont vraiment à risque.
Le premier Rendez-Vous IA a eu lieu à l'automne dernier. Cette année, une quarantaine de personnes assistent à l'événement en personne, contre une centaine en ligne, selon les organisateurs.


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