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Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) confirme que la hausse marquée de l’itinérance dévoilée jeudi correspond à ce qui est observé sur le terrain avec ses partenaires. Il assure que tout est en place pour répondre aux besoins des personnes en situation d’itinérance visible.
Le CISSS-AT a convoqué les médias à un breffage technique, vendredi après-midi, afin de faire le point sur les résultats du dernier dénombrement des personnes en situation d’itinérance dévoilés la veille par le ministère de la Santé et des Services sociaux.
À l’automne 2026, nous aurons l’information beaucoup plus précise par MRC, par données démographiques, par provenance de cette clientèle-là, mais elle n’est pas encore disponible pour le moment, précise Krystina Sawyer, directrice des programmes santé mentale et dépendance, itinérance et services sociaux généraux au CISSS-AT.

308 personnes en situation d’itinérance visible ont été comptées dans la région. (Photo d'archives)
Photo : iStock
Les données sommaires indiquent néanmoins que l’itinérance a bondi de près de 120 % entre le dénombrement d’octobre 2022 et celui de la nuit du 15 avril 2025. C’est la plus forte progression au Québec.
En tout, 308 personnes en situation d’itinérance visible ont été comptées dans la région, dont 92 % ont passé la nuit dans un centre d’hébergement d’urgence, en milieu hospitalier ou en détention. Ce sont les 26 autres personnes qui ont passé la nuit à l’extérieur que le CISSS-AT et ses partenaires veulent rejoindre.
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'on a la capacité d'accueillir ces personnes-là dans l'hébergement d'urgence, mais pour plusieurs raisons, il y a des personnes qui vont choisir, par exemple, de dormir dans un campement ou dans d'autres moyens.
Et nous, notre travail à ce moment-là, c'est de bien sûr connaître ces gens-là, savoir où ils sont, leur offrir les services et qu'ils sachent où venir s'ils ont besoin d'aide pour qu'on soit en mesure de répondre à leurs besoins, explique Mme Sawyer.

Krystina Sawyer, directrice des programmes santé mentale et dépendance, itinérance et services sociaux généraux. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
Les données plus complètes à l'automne vont nous permettre de mieux préciser le profil de ces gens-là, puis ça va permettre à ce moment-là d'avoir des actions encore plus ciblées là où il faut agir, ajoute Caroline Roy, présidente-directrice générale du CISSS-AT.
L’an dernier, on rapportait une hausse de 15 % entre octobre 2023 et avril 2024 dans la région.
Des moyens déployés
L’itinérance est officiellement reconnue depuis 2012 en Abitibi-Témiscamingue, d’abord à Val-d’Or, et elle s’étend aujourd’hui aux cinq MRC de la région. Chaque territoire est doté ou est en voie de se doter d’un comité stratégique. Ils ont tous un comité clinique en itinérance ainsi que des ressources d’hébergement d’urgence.
Plusieurs moyens ont été déployés sur le territoire pour répondre à cette nouvelle réalité, allant des plateaux de travail alternatif payé à la journée aux centres de jour en passant par les cliniques communautaires médicales de rue et autres programmes.

Le Château de Marie-Ève offre un toit à 41 personnes à risque de se retrouver en situation d’itinérance. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard
Des projets comme le Château de Marie-Ève à Val-d’Or, avec ses 41 logements, et le programme de supplément au loyer pour la clientèle en situation d’itinérance font partie des outils existants pour aider les gens à sortir de la rue.
On va avoir également des programmes de financement avec le fédéral qu'on appelle Vers un chez-soi. On a vu arriver plusieurs appartements de transition avec ces financements-là, qui sont souvent portés par le milieu communautaire, par les ressources d'hébergement d'urgence. Ils permettent d'aider une personne à se reprendre en main avec un intervenant et les différents leviers et moyens pour éventuellement intégrer un appartement régulier ou un programme de supplément au loyer, fait valoir Krystina Sawyer.
Navettage et zone tampon
Si le CISSS-AT ne détient pas de données précises sur les impacts du navettage sur l’itinérance, il reconnaît que le phénomène accentue la pression sur le parc locatif et le coût des loyers.
Je pense que la notion de fly-in fly-out, ou navettage comme on l'appelle, crée effectivement une pression sur l'accès au logement dans notre région comme dans d'autres régions. L'important, c'est d'agir pour être capable de faciliter l'accès au logement par différents programmes et donc, c'est ce qui est fait dans la région, quelle que soit la pression mise au niveau du navettage, souligne Caroline Roy.
Le CISSS-AT n’a pas noté non plus encore d’impact de la création de la zone tampon à Rouyn-Noranda, à proximité de la Fonderie Horne.
On n’a pas vu d’augmentation concrète au niveau de la clientèle en situation d’itinérance dans le territoire qui pouvait être directement affectée avec ce dossier. Le nombre de personnes en situation d’itinérance est assez stable à Rouyn-Noranda dans la dernière année, estime Mme Sawyer.


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